50 ans du laser... et après ?

Les manifestations anniversaires de la création du premier laser par l’américain Theodore Maiman en mai 1960 ont été lancées par le Comité d’organisation présidé par Costel Subran.

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50 ans du laser... et après ?
Perçage laser de panneaux photovoltaïques à l’Institut Fraunhofer.

Le laser a 50 ans. Pour commémorer cette anniversaire, une partie du petit monde du laser français, -recherche fondamentale,entreprises industrielles et pôles de compétence-, s’est rassemblée au Palais de la Découverte le 7 janvier. Prélude au lancement des diverses manifestations commémoratives prévues cette année. Mais la réunion était loin d’avoir le faste de celles organisées outre-Rhin en pareille occasion. Un petit exemple : pour la conférence laser AKL d’Aix la Chapelle, toute la communauté mondiale du laser est présente et l’Institut Fraunhofer du laser présente une soixantaine de ses recherches appliquées. De vraies applications, avec de vraies machines-outils et où l’on a pu découvrir par exemple, en 2008 la premier centre d’usinage de polissage laser qui sera commercialisé en 2010 ! En France, aucun grand utilisateur du laser ne s’est pas donné la peine de venir au Palais de la Découverte, aucun fond d’investissement n’est venu donner sa vision économique de ce domaine omniprésent dans l’industrie et dans la vie courante.

Encore des occasions ratées ?

Le laser français ne doit pas manquer le tournant de la faible puissance comme ça a été le cas dans les années 1980 avec les lasers de forte puissance (voir mon article dans Industries et Techniques, 1986, « le laser français s’enfonce dans l’ornière »). Directeur général d’Eolite Systems, François Salin résume les raisons de ce gâchis. « Manque d’intérêt des Pouvoirs publics, affaiblissement extrême de l’industrie de la machine-outil française… », précise l’expert. Résultat : l’Allemagne s’est imposé comme le pays du laser avec des entreprises de renom mondial comme Trumpf ou Rofin. Le premier surtout, a utilisé son savoir-faire et son poids (il est le premier fabricant mondial de machines-outils tout type confondus) dans la fabrication des machines pour le travail de la tôle pour promouvoir ses sources. Un exemple de sa vision : la présentation de sa source laser diodes TruDiode au salon Laser 2009 de Münich qui risque de concurrencer fortement les autres types de laser pour l’usinage (voir artcile : Le laser gagne en productivité, Usine Nouvelle no 3160).


Car selon Laser Focus World, le marché le plus important pour les lasers reste toujours celui de la fabrication (usinage sous toutes ses formes) : 29% du marché mondial qui a pesé 7,2 milliards de dollars en 2008 (estimé à 6,32 milliards de dollars en 2009). A titre de comparaison : la recherche fondamentale a représenté 181 millions de dollars, l’instrumentation 94 millions de dollars, la communication 3,7 milliards de dollars (3,1 milliards de dollars en 2009), le médical 530 millions de dollars en 2008 (477 millions de dollars en 2009).


Alors les entreprises françaises se battent pour exister sur ces marchés. « Une cinquantaine d’entreprises spécialisées dans les applications laser (de l’agriculture au médical en passant par les télécommunications) ont vu le jour en France après 2002 », explique Costel Subran, Pdg d’Opton Laser International et vice-président de la SFO (Société française d’optique). Le crash d’Internet a obligé de nombreux spécialistes à créer leur propre entreprise qui ont fleuri dans les différentes régions françaises. Certaines ont profité d’un centre technologique et d’un pôle de compétitivité puissants comme c’est le cas en région bordelaise avec l’Alphanov et la Route des lasers avec des applications dans le domaine médical et dans la fabrication. D’autres ont pris naissance en Bretagne autour de l’Enssat de Lannion ou en région Rhône-Alpes...Et une dizaine d'autres encore à Orsay.

Et Quantel est toujours vivante. La société qui fête cette année ses quarante ans d’existence, continue d’innover très fortement dans ses domaines de prédilection comme l’ophtalmologie et la dermatologie, entre autres.

Félicitons nous donc de cette émulation mais prions que ces jeunes et moins jeunes pousses trouvent les moyens nécessaires pour s’imposer sur un marché de plus en plus concurrentiel et global. « Il faut absolument que les grands donneurs d’ordres et les laboratoires de recherches qui sont subventionnées par nos impôts, privilégient les solutions développées par ces entreprises françaises plutôt qu’acheter à l’étranger », soupire un vieux routier du laser français, responsable d’une de ces entreprises. « Même si elles coûtent un peu plus cher ou sont un peu moins efficaces. Sinon, un jour l’industrie laser françaises sera morte. » A nouveau...

Le calendrier des manifestation sur le site 50ansdulaser.fr



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