L'Usine Aéro

5,5 milliards d'euros de commandes d'équipements reportés

Hassan Meddah , ,

Publié le

Les reports de commandes ont été savamment distillés dans l'ensemble des programmes afin de n'entrainer aucune rupture de charge irréversible chez les industriels.

5,5 milliards d'euros de commandes d'équipements reportés © D.R. - MBDA/Dassault Aviation

Les industriels de la défense sont rattrapés par l'impératif de redressement des comptes publics. A travers son budget 2013, leur ministre de tutelle a confirmé que 5,5 milliards d'euros de commandes prévues en 2012 et 2013 seront décalés dans le temps. "Il ne s'agit pas d'annulations mais de reports de plusieurs de mois de certaines commandes sans remettre en cause les contrats en cours. Il n'y a pas de coupes spectaculaires dans tel ou tel programme mais l'effort est largement réparti", explique-t-on à l'Hôtel de Brienne.

Un véritable saupoudrage en fait puisque ces 5,5 milliards d'économies sont réalisées à travers une centaines de mesures différentes. Parmi les plus importantes: la commande d'un sous-marin nucléaire d'attaque Barracuda décalée de 2013 à 2014, le nouveau report du programme de modernisation de l'armée de terre Scorpion qui ne sera pas lancé l'an prochain ou encore la livraison de 4 hélicoptères Tigre en 2013 au lieu des 6 précédemment prévus...

Toutefois, les dépenses d'équipements (études et développements compris) sont stabilisées à 16 milliards d'euros. "La défense contribue ni plus ni moins que les autres missions de l'Etat à la réduction des déficits publics. Certes ce n'est pas un ministère favorisé mais pas sacrifié non plus" soutient-on donc à l'Hôtel de Brienne. De quoi encore équiper encore nos armées en avions de combat Rafale, frégates multimissions (FREMM), hélicoptères militaires (Tigre et NH90) et autres véhicules blindés de l'armée de terre...

Onze Rafale à livrer

Le ministère a respecté trois grands principes dans ces choix d'économies. Primo, respecter l'engagement du candidat à l'élection présidentielle François Hollande de ne pas toucher aux crédits de la dissuasion nucléaire, "l'assurance-vie du pays", qui bénéficiera encore d'un investissement de 3,4 milliards d'euros. Secundo, ne pas affecter la capacité opérationnelle des armées.

Ainsi 220 armements de missiles air-sol (AASM) seront livrés et autant commandés en 2013 pour ne pas pénaliser les forces au combat. Tertio: ne pas occasionner de dommages irréversibles chez les industriels en évitant les suppressions d'emplois et les niveaux trop bas de charge industrielle.

Ainsi, 11 Rafale continueront d'être livrés en 2013. "On peut difficilement faire moins. En dessous de ce seuil, on mettrait en péril une partie de la supply chain", explique-t-on au ministère. Si le contrat indien était signé, l'effet ne pourrait se faire sentir qu'en 2016 voire 2017 précise-t-on également, puisqu'il faut 39 mois pour fabriquer un Rafale.

De même, l'usine de Nexter à Roanne (Loire), candidate à la fabrication des futurs véhicules blindés VBMR ne serait pas affecté par le report du programme Scorpion si elle venait à emporter le contrat correspondant, car sa charge actuelle lui permet de tenir jusqu'en 2014.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Nous suivre

 
 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte