Quotidien des Usines

45 postes supprimés chez Rossignol, en Isère

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Social


70 salariés du site voironnais de Rossignol (Isère) ont fait grève vendredi. Ils protestent contre la suppression de 45 emplois, pour « cause boursière ». Mais Voiron, qui compte plus de 300 salariés chez Rossignol, n'est pas seul concerné : les quatre sites de l'Isère, soit au total 763 emplois, sont sur la sellette. D'après le PDG de Rossignol, Jean-Jacques Bompard, il ne s'agirait que de 21 ou 22 personnes concernées par le PSE (plan de sauvegarde de l'emploi), grâce à des départs volontaires ou en retraite. Il affirme que des solutions sont possibles, en citant l'exemple de la fermeture d'une usine de snow-board dans le Jura qui concernait 53 salariés et dont le taux de réussite des reclassements aurait été de 90 %.
A l'origine, seraient en cause la concurrence internationale des productions à coût de main d'œuvre peu élevé ainsi que l'impact de la baisse du dollar (le taux de couverture dans la zone dollar n'est plus que partiel en 2004, d'où des résultats défavorables). Rossignol fait face à des difficultés pour la branche snow-board, en particulier, ou le chiffre d'affaires a dernièrement chuté. La société se serait fixé comme objectif de faire des économies de charges de structure, tout en maintenant la qualité, afin d'équilibrer les comptes. Car, à cause de frais fixes trop élevés, il serait difficile de faire progresser la rentabilité, ce qui oblige le fabricant de skis à se limiter au haut de gamme. Charles Combalot, délégué CGT craint pour sa part comme conséquence, la baisse des investissement dans les secteurs en amont de la production (recherche-développement, marketing...), ce qui serait néfaste pour le développement à long terme. M. Bompard rétorque que ces secteurs ne dépendent pas que de Voiron et qu'il s'agit surtout d'une réorganisation pour baisser les prix, et ce, y compris dans ces secteurs.
En interne, cela s'appelle la procédure budget-base-zéro. Avec un chiffre d'affaires de 478 millions d'euros, le groupe peut espérer une économie de 3 à 3,5 millions d'euros, selon le PDG, par la réduction des coûts structurels et du nombre de salariés.
Selon la CGT, il s'agirait de satisfaire les actionnaires en augmentant leurs dividendes de 13,3 %. La société, ayant enregistré 5 % de bénéfices en 2003, souhaiterait s'aligner sur la concurrence, en réalisant 12 % de bénéfices après la délocalisation de la production. Pour la CFDT, cela va plus loin : le président du conseil de surveillance, Laurent Boix-Vive, voudrait optimiser l'entreprise afin qu'elle puisse être plus facilement reprise.
Léa Deffontaines

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