Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Campus

4 bonnes raisons de choisir le doctorat après son diplôme d'ingénieur

, , ,

Publié le

Le nombre de bourses Cifre atteint un record et le doctorat est apprécié à l’international. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

4 bonnes raisons de choisir le doctorat après son diplôme d'ingénieur © Pascal Guittet

Moins d’un ingénieur sur sept poursuit ses études en thèse. En 2014, sur 37 000 élèves qui avaient décroché leur diplôme, 14 500 préparaient leur doctorat, selon une récente étude d’Ingénieurs et scientifiques de France. Selon les spécialités, cette proportion varie beaucoup : 25 % des ingénieurs de spécialité physique, matériaux et énergétique ; 22 % des chimistes ; 13 % des spécialistes de l’aéronautique ; et en queue de peloton, 2 % des diplômés en génie civil, BTP, mines et géologie sont doctorants. Parmi les aspirants docteurs, certains suivent ce cursus pour s’orienter vers la recherche publique, d’autres pensent à une carrière en entreprise, notamment via le dispositif des conventions industrielles de formation par la recherche (Cifre). Une thèse, dans tous les cas, expliquent ceux qui ont fait ce parcours, c’est un travail scientifique approfondi, mais c’est aussi un projet de longue haleine à mener jusqu’à son terme et en autonomie, à partir d’une page blanche. Quelles sont les raisons de compléter son cursus par une thèse ?

1. Poursuivre sa carrière à l’étranger

« Le PhD est un diplôme reconnu et apprécié à l’étranger, beaucoup plus qu’en France », confirme Romain Doutre, senior manager de la division ingénieurs chez Robert Walters. Ce n’est pas le cas d’une école d’ingénieurs, aussi prestigieuse soit-elle, y compris dans les pays les plus proches de la France. Une carrière internationale au sein d’un groupe français est possible avec le seul diplôme d’ingénieur, mais dès lors que l’on envisage de faire carrière dans des groupes étrangers, le doctorat est un réel atout. Les chimistes doivent se poser la question : les groupes français recrutent peu, alors que l’industrie suisse est toujours demandeuse. « À l’étranger, le doctorat est vraiment valorisé. Même au quotidien, lors de l’ouverture d’un compte en banque, par exemple, le regard de son interlocuteur change lorsque l’on dit qu’on est docteur », explique Jean-Luc Renaud, professeur de chimie à l’Ensi Caen.

2. Trouver un emploi plus intéressant

Tout dépend du poste recherché. Le doctorat permet ou facilite l’embauche tant que l’on est dans son domaine d’expertise. « Il faut trouver un sujet de thèse qui plaise, mais ne soit pas trop pointu », insiste Julien Weyrich, le directeur chargé des ingénieurs et techniciens chez Page Personnel. Travailler sur sa thèse dans le cadre d’un financement Cifre est souvent une opportunité d’embauche. PME innovantes, ETI ou grands groupes industriels, tout type d’entreprise recourt à ce dispositif. En France, Renault met en place une trentaine de contrats Cifre chaque année, principalement pour les métiers de la recherche et les fonctions technologiques. Selon Jean-Luc Renaud, « les ingénieurs doctorants sont amenés à prendre des responsabilités plus rapidement ». Avant de s’engager dans un cursus long comme le doctorat, il faut penser que l’on continuera probablement à travailler dans le même domaine une fois dans l’entreprise, au moins les premières années. « Une thèse est un cursus long et éprouvant, mais n’est pas forcément le graal pour obtenir un super-job. Si l’on fait un doctorat, c’est bien afin de poursuivre son parcours dans la recherche », prévient Romain Doutre.

3. Faire de la recherche en entreprise

Des nombreux ingénieurs entament une thèse pour pouvoir mener leurs travaux de recherche pendant trois ans sans être obligés de choisir entre recherche académique et recherche plus ­appliquée. « Ces dix dernières années, les entreprises françaises ont compris que c’est par l’innovation qu’elles feraient la différence. En parallèle, de moins en moins d’écoles forment des ingénieurs experts. Faire un PhD a donc tout son sens », souligne Romain Doutre. Chez ­Saint-Gobain Recherche, le centre de recherche et développement industriel du groupe, 83 % des ingénieurs ont obtenu une thèse. Les doctorants Cifre représentent un peu moins de 10 % des effectifs totaux. Faire de la recherche, c’est aussi se donner les moyens de travailler en France dans sa spécialité, car les centres de recherche des entreprises sont beaucoup moins volontiers délocalisés que les usines de production.

4. Etre mieux rémunéré

Ce n’est pas forcément le cas, au moins en France, où les carrières d’experts scientifiques ne sont pas très valorisées. À l’embauche, le différentiel de salaire entre un diplômé d’une école bien classée et un doctorant issu de la même école est presque marginal. « Une thèse Cifre peut se valoriser comme trois ans d’expérience professionnelle. C’est moins le cas pour une thèse réalisée en laboratoire, loin de toute considération industrielle », nuance Julien Weyrich. Et si la recherche paie assez mal en France, c’est cependant dans ce domaine que se trouvent les ingénieurs les plus satisfaits.

Le témloignage de Guillaume Dupeux, ingénieur R & D chez Saint-Gobain Recherche

"Élève à Polytechnique, j’hésitais entre une carrière dans la recherche ou en entreprise. Certaines matières me passionnaient et j’ai eu envie de poursuivre. Trois ans de doctorat me permettaient également de mûrir mon choix. C’est dans un but personnel, pour ma culture et par curiosité scientifique, que je me suis engagé dans ce projet. Après une thèse académique financée par Polytechnique et réalisée dans un laboratoire public, sans lien avec l’industrie, j’ai opté pour la recherche en entreprise. J’ai rejoint le centre de R & D industriel de Saint-Gobain Recherche, où les doctorants sont majoritaires. Je travaille sur la fusion du verre, un sujet qui n’a rien à voir avec celui de ma thèse. Pour le moment, je souhaite continuer à travailler dans la R & D. Je ne regrette rien dans mon parcours. Certes, le prestige de Polytechnique m’aurait peut-être permis d’être recruté sans doctorat, mais travailler sur une thèse m’a apporté un réel enrichissement scientifique et personnel. "

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les thèmes de L'Usine Campus


Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle