3800 kilomètres avec un litre d’essence

Rendre la mobilité efficace énergétiquement est une clé de la transition écologique. Des étudiants de plus d’une vingtaine de pays innovent chaque année en ce sens à l’occasion du Shell eco-marathon.

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3800 kilomètres avec un litre d’essence

Ce mardi 18 mars, Shell présentait à Paris la tenue de son 30e eco-marathon qui se déroulera du 15 au 18 mai à Rotterdam. L’épreuve, lancée en 1985 en France, s’adresse à des étudiants entre 16 et 25 ans. Il s’agit de faire rouler un véhicule dont la consommation de carburant est réduite au minimum. Le record est entre les mains de l’équipe française Microjoule (alliance des écoles Polytechnique et Centrale Nantes) qui a parcouru 3771 kilomètres avec un litre d’essence.

Cette année, 200 participants testeront leur véhicules en milieu urbain (jusqu’en 2012, l’épreuve se déroulait sur piste). Chaque équipe doit faire 10 tours d’un parcours défini pour une distance totale de 16,1 kilomètres, à effectuer en moins de 39 minutes. Les véhicules sont répartis en deux grandes catégories : les proto hyper profilés et les urbains contraints dans leurs dimensions maximales et minimales. En moyenne les premiers sont trois fois plus performants que les seconds.

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Pour ce qui est de la propulsion, quasiment tout est permis : essence, diesel, hydrogène, hybride, électrique. "La catégorie tout électrique a été ouverte depuis 2011 et elle attire énormément de concurrents", explique Gilles Vanier, directeur technique du Shell Eco-Marathon. Les étudiants doivent fabriquer leur véhicules selon un cahier des charges d’une cinquantaine de pages qui régit la sécurité, les freins, le pilotage électronique des composants, l’utilisation de panneaux solaires…

Les trois secrets de la haute performance

Microjoule, la voiture nantaise, est invaincue sous ses multiples formes depuis 1992. Elle remet son titre en jeu avec un véhicule urbain à propulsion hydrogène. L’objectif est de parcourir 1 600 kilomètres avec l’équivalent d’un litre d’essence. Philippe Maindru, responsable du projet, livre les trois secrets du véhicule à très basse consommation. En premier lieu : l’aérodynamisme. La Microjoule adopte la forme d’une goutte d’eau inversée avec un coefficient de pénétration dans l’air de 0,1, contre 0,3 pour une voiture de tourisme classique. Deuxième point clé : la perte pneumatique. Pour la limiter, il faut un véhicules ultra léger (ici 80 kg) porté par des pneumatiques ultra-performants, fournis ici par Michelin, partenaire de la course. Illustration des performances aérodynamique et pneumatique : la Microjoule lancée à 20 kilomètres par heure peut parcourir 1 kilomètre en roues libres sur du plat. Le troisième facteur de performance est l’efficacité énergétique de la propulsion. Le pilotage électronique de la pile à combustible permet d’atteindre 50 % de rendement.

Pour parvenir à un tel niveau de performance, Microjoule bénéficie d’un budget de 40 000 euros, hors construction du véhicules. Mais toutes les voitures ne sont pas issues de "grosses écuries". A l’occasion de la journée de présentation, l’Aforp, école de Drancy spécialisé dans les formations techniques et industrielles, a aussi fait rouler un véhicule en vue de leur cinquième participation à l’épreuve. La vingtaine d’élèves du projet, du CAP à la licence professionnelle, étudient l’électrotechnique, l’électricité, la mécanique, la chaudronnerie… Avec un budget de 4 000 euros, ils ont bâti le véhicule sur une base de karting avec des roues de scooter et un moteur de motoculteur. Et le résultat est bon : 70 kilomètres avec un litre d’essence.

Vers le véhicule 2 litres aux 100

Mais la performance n’est pas ici l’essentiel. Inscrite dans un vaste projet pédagogique, la voiture a été décorée par les enfants de l’école maternelle voisine pour les sensibiliser au développement durable. Les tenues de l’équipe sont confiées à des élèves CAP couture qui doivent en gérer le design le budget et la création. "Pour nos élèves, participer à un tel projet rapproche du monde de l’entreprise et leur permet de côtoyer des étudiants de grandes écoles. C’est une chance unique", se réjouit Jean-Christophe Bertin, professeur de français à l’Aforp.

En voyant ces véhicules extraordinaires parcourir la piste de démonstration, beaucoup évoquent la volonté du Premier ministre de voir se développer une voiture à 2 litres au 100 kilomètres. "Nous avons tous les moyens aujourd’hui de développer des voitures à deux litres pour 100 kilomètres. Ce n’est pas un problème technique. C’est une question de volonté politique et d’incitation du consommateur. Pour cela, il faut accepter des voitures simples, petites et légères. C’est simple, il faut faire tout l’inverse d’un 4x4 pour être performant", s’amuse Philippe Maindru.

Ludovic Dupin

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