36 commandes et des livraisons en baisse pour ATR en 2016

PARIS (Reuters) - L'avionneur ATR a annoncé lundi une baisse de 9% de ses livraisons et seulement 36 commandes en 2016. ATR est au plus bas depuis 2009, les cours du pétrole étant encore trop faibles pour convaincre les acheteurs de turbopropulseurs, dont le principal argument de vente est leur faible consommation en carburant.

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36 commandes et des livraisons en baisse pour ATR en 2016
ATR a annoncé lundi une baisse de 9% de ses livraisons et seulement 36 commandes en 2016, au plus bas depuis 2009.

ATR a annoncé lundi une baisse de 9% de ses livraisons et seulement 36 commandes en 2016. Les cours du pétrole sont trop faibles pour convaincre les acheteurs de turbopropulseurs, dont le principal argument de vente est leur faible consommation en carburant. La coentreprise à parité entre Airbus et l'italien Leonardo Finmeccanica a également pâti du report de livraisons de certains clients en raison des incertitudes économiques, faisant écho au constat des constructeurs de plus gros avions.

"La demande s'est considérablement ralentie dans l'aviation en général, mais le segment des plus petits avions a tendance à réagir plus violemment aux fluctuations de marché", a déclaré à des journalistes son nouveau président exécutif Christian Scherer, en poste depuis novembre.

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ATR fait état dans un communiqué de 80 livraisons l'an passé (en deçà de son objectif de 88 unités), après 76 en 2015 et un record de 160 en 2014. "Nous stabilisons notre production à environ 80 avions, une altitude de croisière très correcte pour notre société dans le marché actuel des turbopropulseurs", a dit Christian Scherer.

Son carnet de commandes a chuté de 18% à 212 avions l'année dernière, soit un peu moins de trois ans de production.

ATR, qui revendique plus d'un tiers du marché des avions de 50 à 90 places, avait annoncé il y a un an qu'il espérait revenir à un rythme annuel de 100 livraisons dans les prochaines années.

Son chiffre d'affaires a reculé de 10% à 1,8 milliard de dollars (1,7 milliard d'euros) en 2016, atteignant néanmoins le deuxième niveau le plus élevé de ses 35 ans d'existence.

Avec un retour des cours du pétrole à plus de 50 dollars le baril, ATR espère une reprise de la demande, en particulier grâce à la croissance économique de certains pays encore sous-équipés en avions régionaux.

Christian Scherer a également dit percevoir des perspectives de demande de turbopropulseurs aux Etats-Unis, où ATR discute avec une compagnie aérienne, et en Chine, dont la croissance économique s'étend aux villes de seconde importance.

Financements canadiens à Bombardier

Mais Christian Scherer s'est dit vigilant face aux conditions de la concurrence, accusant le canadien Bombardier de bénéficier du soutien de la province du Québec, qui lui a accordé une aide en 2015 d'un milliard de dollars, et du gouvernement fédéral canadien avec qui le groupe négocie un renflouement similaire.

ATR estime que l'aide apportée à Bombardier pour lui éviter la faillite à cause des retards de son nouveau CSeries de 110-130 sièges pourrait par ricochet entraîner des conditions inéquitables dans la guerre des prix sur le marché des avions de 70-80 sièges, sur lequel il fait face au Q400 du canadien.

"Depuis 2015, ils ont eu un milliard (de dollars) de Montréal et ils négocient un autre milliard d'Ottawa. Je trouve qu'il ne s'agit pas du tout d'une concurrence équitable et je réfléchis à ce que cela signifie pour nous et dans quelle mesure cela nous menace", a déclaré Christian Scherer lors d'un entretien à Reuters.

"Nous avons assisté à une politique de prix extrêmement irrationnelle et franchement anti-économique, pas nécessairement sur notre segment de marché mais clairement sur le CSeries, et il n'y a pas de raison de croire que la même situation ne pourrait pas se reproduire avec le Q400", a-t-il ajouté. "C'est plus qu'une inquiétude. J'appelle cela une distorsion de concurrence".

Le Brésil, pays d'Embraer, le principal concurrent de Bombardier, a fait savoir fin 2016 qu'il contesterait devant l'Organisation mondiale du commerce le financement accordé de 2,5 milliards de dollars accordé par le Québec à Bombardier, dont 1,5 milliard provenant d'un fonds de pension public.

Pour Reuters, Tim Hepher, avec Cyril Altmeyer, édité par Nicolas Delame

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