300 véhicules équipés de capteurs pour mesurer et cartographier la pollution de Paris

Mesurer la quantité de particules fines dans les rues de la Capitale. C’est la mission des capteurs laser placés sur les voitures d’Enedis afin de mesurer la pollution aux particules fines à hauteur de respiration.

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300 véhicules équipés de capteurs pour mesurer et cartographier la pollution de Paris
un micro-capteur laser sur le toit des voitures Enedis

Soixante véhicules bleus du gestionnaire du réseau de distribution d’électricité Enedis sillonnent déjà les rues de Paris avec un petit boitier sur leur toit. A la fin de l’été, elles seront trois-cents à disposer de la solution Pollutrack. Ce boitier n’est autre qu’un micro-capteur laser qui "mesure la quantité de particules fines à hauteur respiration pour avoir un mapping de grande ampleur", prévient Enedis. Ces capteurs à lecture optique très haute fréquence transmettent toutes les 20 secondes une donnée. Elle contient environ treize mesures.

Dans la cour intérieure de l’Hôtel de ville de Paris autour de quelques véhicules bleus, la Maire de Paris, Anne Hidalgo, s’est réjouie, mercredi 22 mai, de cette initiative menée avec la Mairie et Airparif. "Les choses n’évoluent pas d’elles-mêmes, alors que nous ne sommes plus dans un monde où on ne connaîtrait pas les conséquences de la pollution aux particules fines (PM2,5 et PM10). Même si elles sont caricaturées par certains lobbies et les gens qui ne veulent pas que cela change, nous avons gagné, s’est exclamée Anne Hidalgo. La question de la mesure et de l’indépendance des analyses doit être scientifiquement irréprochable. On a besoin de ça pour combattre celles et ceux qui nient de façon irrationnelle et qui combattent les mesures [de restriction de la circulation, Ndlr] que nous avons prises. Et avoir un grand acteur comme Enedis à nos côtés nous donne de la puissance."

100 000 informations par jour

Une solution qui "ne change en rien le trajet habituel des agents", prévient Eric Salomon, directeur régional d’Enedis. Avec 300 véhicules équipés, la flotte d’Enedis fournira 100 000 informations par jour. Elles seront corrélées aux valeurs étalon qui proviennent des trois stations fixes d’Airparif. "D’ailleurs, chaque fois qu’un véhicule passe devant l’une des bornes, son capteur se ré-étalonne. Le but de notre solution est de se marier et de se compléter avec celle d’Airparif qui fonctionne selon le principe de la modélisation. Quand une rue est fermée, la pollution baisse et nous pouvons fournir l’information en temps réel", explique Eric Salomon à l’Usine Nouvelle.

Chez Airparif, association de loi 1901 financée majoritairement par l’Etat, la Région, la Métropole, la ville de Paris et d’autres collectivités, mais aussi par une centaine d’entreprises de la région, on ne s’attend pas à des surprises. "Sur les voies sur berge on a placé 90 capteurs, mais nous n’avons eu aucune surprise en termes de résultats, prévient Jean-Felix Bernard, le président d’Airparif. Ces mesures itinérantes devraient rejoindre notre cartographie." Peut-être… mais elle donnera davantage de précisions et évitera de prêter le flanc à ceux qui s’opposent à la politique de la Mairie de Paris en matière de réduction de la circulation automobile. Et de donner l’exemple, pour les autres villes qui s’engagent dans cette voie.

Une appli Airparif itinér’AIR

Cette cartographie doit permettre de mieux identifier les sources de pollution récurrentes et de trouver les solutions, tout en permettant aux citadins d’optimiser leurs déplacements et activités extérieures, en fonction de leur exposition aux particules fines. Et Airparif lance d’ailleurs une application Airparif itinér’AIR pour informer les habitants. Car personne ne peut nier les conséquences dramatiques pour la santé des citadins.

Selon la Fondation du Souffle, "les particules fines de moins de 2,5 microns sont les plus dangereuses, car capables de pénétrer profondément les poumons mais aussi d’envahir l’organisme en passant dans les vaisseaux capillaires à travers les alvéoles. Totalement invisibles et inodores de par leur très petite taille, elles sont directement responsables de cardiopathies et pneumopathies, puis au long cours de cancers et maladies neurodégénératives", indique le communiqué. Après avoir établi un constat précis et indiscutable, qui peut servir de modèle pour d’autres grandes villes dans le monde, il reste à poursuivre les efforts pour que les capteurs enregistrent des émissions à la baisse.

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