Quotidien des Usines

300 suppressions de postes à Vallourec Saint-Saulve

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Le nouveau plan de restructuration de Vallourec se traduit par la fermeture du laminoir de l’usine de Saint-Saulve (Nord), et la suppression non plus de 160 emplois comme annoncé initialement mais de 300 emplois d’ici 2017. Avec la cession de l’aciérie, ce sont 650 emplois directs qui vont disparaitre des effectifs de Saint-Saulve et 150 autres sur le site voisin d’Aulnoye-Aymeries (Nord).


Crédit Vallourec

A Saint-Saulve (Nord), site historique du groupe français Vallourec, situé dans la proximité immédiate de Valenciennes, la fermeture du laminoir, d’ici 2017, va se traduire par la suppression de 300 emplois directs sur un effectif total de 900 salariés. La première version du plan de restructuration, présentée en octobre 2015, prévoyait la suppression de 160 postes de travail à la tuberie. Avec la vente de l’aciérie qui emploie 350 salariés, annoncée elle aussi au même moment, ce sont 650 emplois directs qui vont disparaitre, à court terme, des effectifs du site de Vallourec Saint-Saulve.

A une trentaine de kilomètres du site valenciennois, à Aulnoye-Aymeries, Vallourec dispose d’un second ensemble de production où 150 à 170 suppressions de postes sont également programmées sur un total de 1 300 emplois. "Avec la sous-traitance, ce sont au moins 650 emplois qui vont disparaitre dans un bassin d’emplois déjà sinistré", estiment les syndicats.

Incompréhension des élus

Localement, le coup est rude, même si, depuis ces derniers jours, les craintes circulaient. Laurent Degallaix, le maire (UDI) de Valenciennes et président de la communauté d’agglomération Valenciennes Métropole, la maire de Saint-Saulve Cécile Gallez (Les républicains) ou encore le député (PCF) Alain Bocquet, tous, d’une même voix, expriment leur incompréhension. S’en prenant à la fois à la direction de Vallourec et au ministre de l’économie Emmanuel Macron, rencontrés à plusieurs reprises, Laurent Degallaix lance, sans nuance : "On s’est fait balader. Vallourec a commis des erreurs stratégiques et pourtant Monsieur Crouzet [le président du directoire] et son directoire sont reconduits pour quatre ans. Je suis en colère. Le cours de l’action de Vallourec s’envole avec le soutien de la BpiFrance."

"C’est la plus grave, la plus longue crise qu’on ait jamais connue"

Jean-Pierre Michel, directeur général de Vallourec, le reconnait : "C’est la plus grave, la plus longue crise qu’on ait jamais connue." Devant la presse, il a toutefois tenu à préciser que toute l’activité de finition et du traitement thermique des tubes sera maintenue sur le site de Saint-Saulve. La présentation de cette deuxième version du plan social illustre la volonté de Vallourec d’engager une vaste "rationalisation".

Le groupe a annoncé sa décision de réduire ses capacités européennes de production de 50% en centrant les activités sur les produits et solutions à haute valeur ajoutée. En conséquence, précise le communiqué du groupe, "les activités européennes de Vallourec vont être rationalisées en centralisant les activités de laminage en Allemagne, tandis que les activités de finition seront concentrées en France".

C’est dans ce cadre que s’inscrivent les fermetures des deux laminoirs à Saint-Saulve et à Déville-lès-Rouen (Seine-Maritime), d’une ligne de filetage (Mülheim en Allemagne) ainsi que d'une ligne de traitement thermique (Bellshill en Ecosse), soit une réduction supplémentaire des effectifs de l'ordre de 1 000 équivalents temps plein par rapport au plan de compétitivité Valens. Présenté en février 2015, Valens prévoyait déjà la suppression de 1 400 personnes dans l'ensemble des usines du groupe dans le monde.

Le président du directoire de Vallourec, Philippe Crouzet, a assuré mardi 2 février que "l'objectif est qu'il n'y ait pas" de licenciements secs dans l'application en France du plan de restructuration.

Francis Dudzinski

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