Economie

30 000 emplois sauvés dans la métallurgie grâce au pacte de responsabilité

Cécile Maillard , , , ,

Publié le

Une étude réalisée pour l’Observatoire de la métallurgie estime à 30 000 le nombre d’emplois qui seront sauvés dans la métallurgie d’ici 2025 grâce au pacte de responsabilité.

30 000 emplois sauvés dans la métallurgie grâce au pacte de responsabilité © Frénéhard & Michaux

Syndicats et patronat de la métallurgie se sont retrouvés, mardi 30 septembre, pour une séance de négociations. Un des sujets à l’ordre du jour : l’emploi. Les partenaires sociaux ont examiné un rapport, réalisé par le cabinet BIPE pour l’Observatoire de la métallurgie - organisme paritaire - portant sur l’effet du pacte de responsabilité sur l’emploi et l’activité dans la métallurgie.

Côté montant, ces experts estiment que le pacte devrait rapporter 1,22 milliard d’allègements en 2014, un montant faible, puisque limité au CICE (Crédit d’impôt compétitivité emploi) cette année. Avec la montée en puissance des allègements sociaux et fiscaux du pacte, ces gains grimpent à 2 milliards en 2015, 3 milliards en 2016, 3,5 milliards en 2017 pour atteindre 3,8 milliards en 2020. Le CICE représentera alors la plus grosse part de ces gains (44%), les autres allègements de charges patronales comptant pour 21% (soit un total de 65% portant sur le coût du travail), la suppression de la C3S pour 17%, la suppression ou diminution de l’impôt sur les sociétés pour 18%.

40% pour faire baisser les prix

En fonction des caractéristiques très diverses du secteur de la métallurgie, en tension ou en surproduction, affrontant la concurrence internationale ou travaillant sur le marché intérieur, le BIPE s’est  livré à une estimation des usages des sommes ainsi dégagées, par les entreprises. Bilan : en moyenne, 40% du montant global serviraient à baisser les prix pour améliorer la compétitivité et 32% seraient destinés à l’investissement, qu’il soit productif, dans les secteurs en tension, ou dans l’innovation. Troisième destination des moyens dégagés (15% du total) : une augmentation de la masse salariale, qu’il s’agisse d’une moindre disparition du nombre d’emplois ou d’une hausse des salaires rendue possible par les gains de productivité. 13% seraient affectés à une remise à niveau de la trésorerie.

Ces actions auraient des conséquences bénéfiques sur l’activité du secteur, qui connaîtrait une croissance de 2% par an entre 2015 et 2025, soit 0,6 point de plus que ce qu’il aurait connu sans pacte. Selon le BIPE, ce sont les fabrications d’équipements électriques qui bénéficieront le plus de "l'effet pacte", avec un gain de croissance lié au pacte de + 1,3% par an entre 2015-2025. L’impact sur l’emploi est lui estimé à 30 000 emplois sauvegardés d’ici 2025. La chute attendue des effectifs de la métallurgie serait freinée : les salariés du secteur passeraient de 1,28 million aujourd’hui à 1,07 million en 2025, au lieu des 1,04 anticipés jusqu’ici. Principal bénéficiaire de cet arrêt de l’hémorragie des effectifs : le secteur métallurgie et fabrication de produits métalliques.

"Ces nouveaux chiffres font grimper les besoins en recrutement des prochaines années dans la branche, analyse Philippe Portier, secrétaire général de la FGMM-CFDT (métallurgie). Ce rapport nous aide à négocier des objectifs plus ambitieux en matière de recrutements d’alternants dans le cadre de la négociation sur les contreparties au pacte de responsabilité." Lesquelles se poursuivent et dureront plusieurs mois dans la métallurgie.

Cécile Maillard

Un "choc d’investissement" aurait encore plus d’impact

Le BIPE s’est livré à une autre simulation, évaluant les effets sur l’emploi d’un allègement encore plus fort des charges patronales à partir de 2017 : le CICE serait arrêté, remplacé par une suppression des cotisations patronales familiales et 100 Mds d’allègements patronaux, comme le réclame le Medef. Verdict des experts : cette mesure drastique pourrait, elle, provoquer un « choc d’investissement », qui se traduirait par 67000 emplois sauvegardés à l’horizon 2025 dans la métallurgie, soit 37000 de plus que dans le scénario "pacte". "Plus les allègements sont consacrés à l’investissement, plus cela a un impact positif sur l’emploi à long terme, commente le secrétaire général de la FGMM-CFDT. Nous devons réfléchir à un second niveau de choc, après celui du pacte, pour que ces investissements soient possibles." Pour y parvenir, sa fédération ne reprend pas le mot d’ordre patronal, mais préconise plutôt de sortir les investissements de l’assiette de l’impôt sur les sociétés.

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