3 éléments-clés pour comprendre le scandale des bébés nés sans bras

Entre 2000 et 2014, 18 enfants seraient nés sans main, bras ou avant-bras. Si pour le moment, les causes sont encore très floues, la ministre de la Santé a confirmé mercredi 31 octobre qu'une enquête nationale sur le sujet était en cours. Les résultats sont attendus dans 3 mois.

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3 éléments-clés pour comprendre le scandale des bébés nés sans bras
Les conclusions sur l'enquête des bébés nés sans bras seront publiées fin janvier 2019.

Après la révélation de 11 nouveaux cas de bébés ayant vu le jour sans main, bras ou avant bras dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, portant ainsi à 18 le nombre d'enfants nés avec une malformation, la ministre de la Santé Agnes Buzyn, a confirmé, mercredi 31 octobre, qu'une enquête nationale sur le sujet était en cours. L'objectif est "de ne fermer aucune piste" a expliqué la ministre. L'investigation s'attardera d'abord sur le département de l'Ain, où les cas ont été détectés puis dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et enfin s’étendra à l'ensemble du territoire a précisé la ministre.

Retour sur les premières étapes de ce potentiel scandale sanitaire.

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1 - Une alerte lancée dès 2014

L'alerte a été lancée par l'épidémiologiste Emmanuelle Amar. Alors en poste dans la région, elle observe un taux de malformations 58 fois supérieur à la moyenne nationale. En 2014, la spécialiste consigne ses observations dans un rapport qu'elle envoie à l'agence de Santé Publique.

Deux ans plus tard, le verdict de l'institution tombe: "Suite à l’investigation des 7 cas rapportés dans l’Ain nés entre 2009 et 2014, l’analyse statistique ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale, et Santé publique France n’a pas identifié une exposition commune à la survenue de ces malformations. L’absence d’hypothèse d’une éventuelle cause commune ne permet pas d’orienter des investigations complémentaires." Révélée par un reportage de France 2 le 26 septembre dernier, l'affaire oblige l'agence de Santé Publique à rendre public ses rapports sur son site.

2 - Les contradictions entre l'agence de Santé Publique et la Remera

Face aux contradictions entre le jugement de l'institution et les observations menées par le Remera (le Registre des malformations en Rhône-Alpes), l'organisme associatif pour lequel travaille Emmanuel Amar, les associations de familles de victimes réagissent. Dans un post Facebook, l'Assedea (Association d'étude et aide aux personnes concernées par les malformations de membre) réclame en effet "la création de registres de malformations sur l'ensemble du territoire couvrant l'ensemble des naissances avec le concours du REMERA que nous continuons d'encourager dans ses travaux."

L'émoi est bientôt repris par les politiques. Après qu'Emmanuelle Amar ait été interrogée par le groupe d'étude santé environnementale de l'Assemblée Nationale le 23 octobre dernier, la ministre annonce l'ouverture d'une enquête nationale pour le faire le point sur le sujet.

3 - Des causes encore inconnues

L'enquête en cours vise à déterminer les causes de ces malformations. Génétiques, toxiques, environnementales, pour le moment aucune explication n'a été confirmée.

Le député européen Yannick Jadot est le premier à dégainer l'argument écologique dès le 8 octobre dernier. "Il est très probable que ces malformations soient liées aux pesticides, toutes les familles qui ont été touchées par ces malformations vivent à côté des champs de maïs et des champs de tournesol", estime le parlementaire. Un commentaire qui fait échos aux premières conclusions d'Emmanuelle Amar. Dans son rapport initial, la spécialiste explique, en effet, que le point commun entre les premières victimes est "qu'elles vivent dans un environnement rural, à proximité des champs".

Dans son interview du 31 octobre, Agnes Buzyn a repris ces explications à son compte. "C'est possiblement une piste environnementale, peut-être liée à ce que les femmes ont mangé lorsqu'elles étaient enceintes, peut-être ce qu'elles ont respiré", a précisé la ministre.

Des accusations que l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP) suit de près sans pour autant vouloir se prononcer sur le sujet. "À ce stade, il est trop tôt pour accuser les pesticides de quoi que ce soit", répond un porte-parole interrogé par L'Usine Nouvelle.

Les conclusions de l'enquête de l'agence de Santé Publique seront dévoilées le 31 janvier prochain.

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