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24 industriels français à la pêche aux idées chez Schunk, l'allemand spécialiste de la pince de robot

Marion Garreau ,

Publié le

Reportage La filiale française du fabricant d’outils de préhension Schunk a emmené une quarantaine de clients au siège allemand du groupe. Axées sur le thème de l’usine 4.0, les deux visites d’usines ont surtout servi à montrer les outils Schunk en action.

24 industriels français à la pêche aux idées chez Schunk, l'allemand spécialiste de la pince de robot © Schunk

A l’aller comme au retour, certains ont profité du voyage pour parler commandes. Mais si ces clients ont accepté de venir passer deux jours au siège du groupe allemand Schunk, dans le district de Stuttgart, c’est surtout pour découvrir l’usine 4.0 telle que le Mittelstand la décline. C’était le thème de cette excursion, qui s'est déroulée les 4 et 5 octobre, organisée pour la première fois par la filiale française de ce fabricant de systèmes de préhension. Dans les rangs, une quarantaine de collaborateurs (des hommes uniquement) de 24 sociétés clientes – clients finaux en majorité, intégrateurs et fabricants de machines –, entourés d’une poignée de commerciaux, de la directrice administrative et financière et du directeur général de Schunk France.

Deux prototypes de cellules robotisées pour l’assemblage des pinces, un hall entier rempli de cellules robotisées d’usinage et un arrêt marqué devant un bras robotisé sans cage mais installé derrière des lignes de protection dessinées au sol et incarnées par un détecteur de présence humaine : les exemples montrés ont fait la part belle à l’automatisation. A chaque fois, les produits du fabricant étaient omniprésents. "Nous utilisons les applications Schunk dans les usines Schunk, a souligné en introduction le directeur général de la filiale France, Christian Rolf. Cela nous permet d’avoir un retour d’expériences sur nos produits pour les améliorer en permanence." Et de pouvoir montrer leurs produits en action, comme l'ont bien remarqué les clients. "Leurs usines sont une belle vitrine pour eux, souligne l’un d’eux. On voit à la fois comment leurs produits sont fabriqués et comment nous pouvons les utiliser." "Je suis impressionné par la manière dont ils utilisent leurs propres outils dans leurs processus de production, confie de son côté un collaborateur de Ose Industrie, intégrateur de machines spéciales et de robots. Cela nous donne des idées pour nos clients."

robotiser en petites séries

Dans la deuxième usine visitée, située dans la petite ville de Lauffen où est née en 1945 la société familiale – la filiale française a elle été créée en 1994 –, Christian Rolf joue le rôle de guide, équipé d'un micro. "Tous les outils de serrage et les plateaux magnétiques qui servent pour l’usinage que vous voyez sont des outils fabriqués par Schunk", fait-il valoir. En face, les questions portent sur le choix des cellules automatisées ou sur la rentabilité des investissements engagés dans ces lignes. Devant un système de serrage de mors, Christian Rolf souligne qu’il est "maison", c’est-à-dire fabriqué en interne pour les besoins de l’usine, avant d’ajouter en soulignant ses avantages : "Mais pourquoi pas vous le proposer un jour commercialement puisque les exigences que vous avez chez vous sont les mêmes que chez nous."

Jean-Luc Pinchon, de la société de mécanique SMTG, spécialisée dans les pièces automobiles, demandait à venir ici depuis trois ans. "Robotiser de la petite série a des contraintes particulières, notamment en termes de rentabilité économique, explique-t-il. Je voulais voir comment ils font." Et de confier qu’après avoir intégré trois robots en production, l’usine de SMTG, située à Thiron-Gardais (Eure-et-Loir), envisage de robotiser son usinage. Les démonstrations de Schunk arrivent à point nommé.

Pour l’entreprise de décolletage de précision Pernat SMJ (Saint-Médard-en-Jalles), le calendrier est aussi intéressant. Ce sous-traitant de l’automobile a récemment remporté un appel d’offre de Renault pour le développement et la fabrication des baladeurs de la boîte de vitesse du moteur nouvelle génération du constructeur français. En conséquence, la société girondine prévoit l’installation de 21 nouvelles machines et huit robots. "Ces deux jours de visite nous ont permis de découvrir leurs procédés de fabrication mais aussi d’avoir des idées pour les installations que nous allons devoir faire", explique l’un des collaborateurs de Pernat SMJ.

Vers un modèle d’affaires plus serviciel

Entre deux visites, la parole est donnée au docteur Martin May, spécialiste de la transformation numérique chez Schunk depuis un an. Celui-ci revient d’abord sur une innovation commerciale sortie en 2014, primée aux Trophées de l’Innovation du salon Simodec en mars 2016 mais qui peine à rencontrer son public. Il s’agit de permettre au client de télécharger en ligne le modèle CAO de sa pièce et de l’envoyer à Schunk afin de commander un doigt de pince adapté à la forme de la pièce, imprimé en 3D par Schunk. Une innovation de business qui permet au fabricant allemand de répondre aux demandes personnalisées, sinon traitées par le client lui-même ou par l’intégrateur.

Dans sa présentation, le docteur met également l’accent sur les "pinces intelligentes", équipées de capteurs et capables de mesurer la taille des pièces saisies et la force de préhension. "Demain nous pourrons également travailler sur des données récupérées par des capteurs mis directement sur les doigts de la pince, fait valoir Martin May. Toutes ces mesures permettront par exemple de réaliser un pré-ajustage de la machine puis de réaliser une première mesure de la qualité à la sortie de la pièce." Schunk, qui voit dans ces futures innovations l’opportunité de faire évoluer son modèle d’affaires vers plus de services, notamment dans la maintenance prédictive, a ouvert ses recrutements vers le logiciel et envisage différents partenariats dans la cybersécurité et le traitement des données. L’enjeu est également pour le groupe de rester un acteur de poids face aux roboticiens. "Est-ce que vous voulez que la main contrôle le robot ?", interroge un client. "C’est en effet une bataille à livrer", répond Martin May. Si le sujet n’a pas manqué d’intéresser les participants, ceux interrogés n’avaient pas encore d’idée d’applications concrètes chez eux pour de telles innovations.

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