24/11/2006 : Technip, Saipem, Rémy Cointreau, Alitalia, Air France-KLM, CSN Corus...

  • La filière automobile menacée
  • Technip convoitée par Saipem
  • Remy Cointreau décide de jouer en solo
  • Air France-KLM fait de l'œil à Alitalia
  • Indiens et brésiliens se disputent l'acier anglo-néerlandais
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    La filière automobile menacée
    Jusqu'à 10 000 emplois cette année et 20 000 l'an prochain pourraient disparaitre en France dans la filière sous-traitante automobile, estime la Tribune. Une hécatombe pour un secteur qui comptait encore 124 500 salariés fin 2005. TRW, Delphi, Visteon, Thomé-Génot, Faurecia, les annonces de fermetures de sites ou de licenciements s'accélèrent. Dominique de Villepin qui a reçu hier les équipementiers automobiles, devrait rencontrer aujourd'hui les constructeurs, titre le Figaro. Malmenés par la forte baisse de production des constructeurs français et par l'euro fort, les équipementiers sont également invités à suivre Renault et PSA qui montent en puissance en Europe de l'Est. « Les sous-traitants gardent dans l'Hexagone la fabrication de production à haute technologie ou difficilement transportable... mais transfèrent les composants à peu de valeur ajoutée », explique un spécialiste interrogé par le quotidien. L'avalanche de plans sociaux, aggravée par la crise des équipementiers américains, intervient souvent dans des localités où ces usines étaient vitales pour l'emploi local, insiste la Tribune. Dans le Nord-Pas-de-Calais, les syndicalistes prévoient une nouvelle crise après celles subies dans les mines, le textile et la sidérurgie.

    Technip convoitée par Saipem
    Neuf mois après les menaces d'OPA d'Enel sur Suez, c'est au tour du fleuron français de l'ingénierie et des services pétroliers, Technip, d'être l'objet de la convoitise de l'italien Saipem, s'affole les Echos. Avant de partir en retraite, le président de Technip, Daniel Valot, pourrait avoir à livrer une dernière bataille boursière, face à son principal concurrent, met en garde le quotidien. Alors que les directions des deux groupes se refusent à tout commentaire sur des rumeurs d'opération qui vont bon train, les Echos croient savoir que l'offensive débutera la semaine prochaine. Nouvel épisode de la rivalité transalpine, le sujet sera au menu de la traditionnelle rencontre entre les gouvernements français et italien qui doit se tenir aujourd'hui à Lucques. Saipem, qui s'est déjà offert Bouygues Offshore, est détenu à 41 % par ENI, lui-même contrôlé à hauteur de 20 % par l'Etat italien. Les circonstances semblent favoriser l'italien qui, à chiffre d'affaires équivalent, est valorisé à 50 % de plus que son rival. Autre faiblesse de Technip, un tour de table éclaté dont un fonds d'investissement américain qui, avec 6 % du capital, est son premier actionnaire.

    Remy Cointreau décide de jouer en solo
    Le groupe français de vin et spiritueux a décidé de sortir le 30 mars 2009 du réseau de distribution Maxxium qu'il partage avec l'américain Jim Beam, le suédois Vin&Spirit et le britannique Eddington. Cette sortie sans préavis pourrait lui valoir 300 millions d'euros de pénalités estime les Echos. Remy Cointreau ne fait ainsi qu'anticiper la fin de Maxxium, juge le Financial Times dans la Lex Column. La privatisation annoncée du suédois, qui détient la vodka Absolut, et son retrait du réseau de distribution, déséquilibrerait ce dernier. Remy Cointreau, qui détient un tiers du marché asiatique du cognac, a l'intention de profiter seul de la bonne santé de celui-ci. Une bonne option juge le FT qui estime improbable une possible vente du groupe de spiritueux par la famille qui le détient, contrairement au marché qui a fait bondir son action de 9 % à la nouvelle de l'opération.

    Air France-KLM fait de l'œil à Alitalia
    Jean-Cyril Spinetta, P-DG Air France-KLM, vient d'annoncer l'ouverture « d'une phase d'échanges exploratoires » avec Alitalia. Une démarche qui n'est pas passée inaperçue des quotidiens économiques, ni des marchés qui ont sanctionné le titre d'une correction de 6,54 %, malgré la présentation le jour même d'excellents résultats trimestriels. Le rapprochement des deux compagnies aériennes sera également au menu d'un sommet franco-italien, décidément copieux. Spinetta pose toutefois trois questions préalables à un hypothétique mariage, voulu par l'italien. « Le plan d'affaires d'Alitalia est-il susceptible de permettre un retour rapide à l'équilibre ? Partageons-nous la même vision du futur ? Quelles synergies ? » Fait nouveau, alors que le rapprochement entre les deux compagnies est évoqué depuis 2001, remarque les Echos, Air France-KLM n'attend plus un retour à l'équilibre de l'italien mais juste un plan de redressement permettant ce retour à l'équilibre dans un délai raisonnable. Pour autant il ne s'agit pas d'investir à pertes même pour contrôler le marché italien. Toutefois, remarque le Financial Times, l'arrivée d'un nouveau partenaire pour Alitalia, Emirates, suggère le quotidien saumon, pourrait bien convaincre Spinetta de se montrer très compréhensif. Dans ce contexte, la présentation des résultats du groupe est passée au second plan malgré une progression de plus de 50 % du bénéfice net au premier semestre. Bénéficiant du dynamisme du trafic long-courrier, de la baisse du prix du pétrole et des réductions de coûts du fait des synergies entre Air France et KLM, le groupe va créer en France une filiale à bas coûts sous la marque Tansavia.com, de KLM.

    Indiens et brésiliens se disputent l'acier anglo-néerlandais
    L'irruption d'entreprises issues des pays pauvres dans les pays riches via une OPA n'est plus une opération inhabituelle, relève The Economist. Toutefois la bataille qui se prépare entre Tata Steel et CSN pour le contrôle de Corus est bien la première entre deux entreprises émergentes pour s'emparer d'actifs de pays développés. Un accord était déjà conclu entre Corus et Tata lorsque le brésilien, qui avait déjà entamé des discussions avec Corus en 2002, rappelle le Financial Times, a surenchéri. Les temps étaient alors défavorables à la sidérurgie, souligne Benjamin Steinbruch, le patron de CSN. Depuis, tant CSN que Corus ont baissé leurs coûts de production, réduit leurs dettes et amélioré leurs ratings. Numéros deux dans leurs pays respectifs et extrêmement profitables, elles s'ouvriraient le marché européen en rachetant Corus. Après un échec dans sa tentative de rachat du sidérurgiste Wheeling-Pittsburg aux Etats-Unis, Benjamin Steinbruch, a jeté son dévolu sur Corus. Un complément intéressant pour les brames à bas coût produits par le brésilien qui dispose de l'atout stratégique que constituent aujourd'hui d'importantes mines de fer. Un même raisonnement également derrière l'offre de Tata Steel. D'autant que Corus sort de ses laminoirs les produits à forte valeur ajoutée que ne produisent pas ses prétendants. Seules trois entreprises brésiliennes font partie du club fermé des cent multinationales émergentes, souligne l'hebdomadaire. Et CSN adorerait intégrer la liste.

    Daniel Krajka

    Bon week-end, à lundi !

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