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« 23 000 véhicules électriques pour la première commande groupée » (Ugap)

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Entretien Cinq mois après sa création, le groupement d’entreprises privées et publiques, destiné à passer une première commande de véhicules électriques en France, est en phase de discussion avec des constructeurs. L’Union des groupements d’achats publics (Ugap) a été désigné coordonnateur des discussions sur le plan administratif et financier. L’occasion pour usinenouvelle.com de faire le point sur le processus de discussion avec Marc Thiercelin, directeur adjoint de l’Ugap.

« 23 000 véhicules électriques pour la première commande groupée » (Ugap)

Sur quoi reposent les discussions actuelles ?
Le groupement de vingt gestionnaires de flottes auquel nous appartenons mène un dialogue compétitif avec les constructeurs automobiles. Cette procédure originale et peu utilisée repose sur une première phase de réception et d’analyses des candidatures, période achevée. Nous en sommes à la deuxième étape : celle du dialogue. Elle intervient dans les cas où les acheteurs ne peuvent pas tout déterminer à l’avance. Et c’est le cas ici.

Dans quels domaines le groupement manquait d’informations ?
Tout n’était pas prédéterminé sur le plan technique d’abord. Nous avions défini un cahier des charges fonctionnel avec des objectifs en matière de vitesse, d’autonomie ou de service après vente par exemple. Mais nous ne savions pas si en pratique les constructeurs avaient la capacité de le faire.
Mais c’est sur le plan financier que la plus grande incertitude régnait. Nous ne connaissions pas les possibilités des constructeurs en matière de commercialisation. Certains d’entre eux misent sur la vente complète du véhicule (batteries comprises), alors que d’autres mettent l’accent sur la location.

Quelle est la proposition qui semble l’emporter ?
Chaque candidat a sa petite idée sur le sujet. Mais aucune ne prend vraiment le dessus. D’ailleurs, à l’avenir, les deux réponses devraient être admises. Notre but n’est pas d’exclure un candidat sur ce critère, car nous sommes face à une offre totalement nouvelle, bien loin du cadre du véhicule thermique.

Adhérents du groupement : ADP, Air France, Areva, Bouygues, EDF, ERDF, Eiffage, France Télécom Orange, GDF Suez, GRT Gaz, GrDF, La Poste, RATP, SAUR, SNCF, SPIE, Suez Environnement, UGAP, Vinci et Véolia.

Rôle de l'Ugap : centrale d'achats multi-spécialistes, avec une double compétence en matière d’achat de véhicules et de gestion de flottes automobiles, notamment pour le compte de l’Etat et les collectivités locales


Quel est l’objectif chiffré pour cette commande ?
On a entendu des chiffres différents. Au départ, l’objectif du gouvernement était fixé à 100 000 unités. Mais après quelques réunions du groupement, nous avons établi un cahier des charges de 50 000 voitures électriques estimées en 2015. Ce qui n’enlève rien à l’objectif initial. Si l’offre que nous choisissons rencontre un vrai succès, l’Ugap pourra aller au-delà des commandes initiales pour les collectivités locales.
Dans un premier temps, en tout cas, nous avons défini trois lots : un volume de 16 000 fourgonnettes, un autre de 3000 citadines de deux places et un dernier de 4 000 citadines de quatre à cinq places. Soit une commande totale et ferme de 23 000 véhicules.

Combien de candidats sont en lice ?

Nous avons reçu une vingtaine de candidatures. Mais il n’y aura que trois gagnants maximum, un par lot. Et peut-être aucun vainqueur.

Pourquoi ?
L’objectif du groupement est d’obtenir une offre pour les véhicules électriques avec un coût total (aides gouvernementales soustraites et coût de l’énergie compris) équivalent à celui d’un véhicule thermique. Si à l’issue du dialogue, les propositions qui sont faites ne rentrent pas dans ce cadre, nous ne signerons pas. Pas à n’importe quelles conditions. Aucun d’entre nous n’est prêt à subventionner les constructeurs.

Quelles sont les prochaines étapes du dialogue ?

Nous allons continuer à rencontrer les constructeurs pour affiner notre cahier des charges jusqu’à la fin de l’année 2010. Il n’y a pas de règles, nous lèverons les discussions le jour où le dialogue ne nous apportera plus rien. Ensuite nous soumettrons aux candidats le cahier des charges définitif et il leur faudra établir leur offre finale. Un spécimen de chaque véhicule sera demandé aux candidats et des tests seront réalisés. L’objectif est de commencer les livraisons à la fin de l’année 2011 jusqu’en 2015.

 

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1 commentaire

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14/09/2010 - 16h41 -

C'est une bonne conséquence de la massification des achats de l'Etat, sachant par ailleurs que la rénovation du parc automobile et la "professionnalisation de sa gestion de flotte" est un impératif de la RGPP

Cela démontre également le rôle central désormais pris par l'UGAP au sein du processus de commande publique
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