22/12/2006 : Gazprom, Royal Dutch Shell, Mittal, Suez, DCN et Areva, Noël...

  • Gazprom prend le contrôle de Sakhaline 2
  • L'appétit insatiable de Mittal
  • Suez : à quoi joue Pinault ?
  • Un contrat de 7,9 milliards pour la DCN et Areva
  • Les Français, Noël et le foie gras
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    Gazprom prend le contrôle de Sakhaline 2
    Ca y est, c'est fait ! Comme le rapportent tous les quotidiens économiques du jour, Gazporm a obtenu, après des mois de bras de fer, la majorité de Sakhaline 2, le seul projet gazier russe d'ampleur auquel ne participait aucun groupe du pays. Le géant russe achète 50 % du gisement plus une voix pour 7,45 milliards de dollars, montant qu'il paiera en cash. Dans le même temps, le groupe anglo-néerlandais Royal Dutch Shell voit sa part dans le projet se réduire de 55 à 27,5 %. Celles des groupes japonais Mitsui et Mitsubishi est divisée par deux, à respectivement 12,5 % et 10 %. Pour les Echos, il s'agit d'une « victoire symbolique importante pour Moscou », qui démontre sa volonté de reprendre la maîtrise des actifs stratégiques du pays. Pour la Tribune, « Gazprom frappe fort et met les moyens ». En effet, « le prix payé par l'entreprise dépasse les estimations des analystes », apprend-t-on dans le Financial Times.
    Mais dans quelles conditions s'est fait le deal ? Le ministère de l'environnement russe a menacé le groupe européen de suspendre ses licences d'exploitation et d'exiger en justice 10 milliards de dollars de dommages et intérêts pour atteintes à l'environnement. Au final, il aura fallu l'intervention de trois gouvernements (Anglais, Néerlandais et Japonais) pour aider à faire avancer les négociations, qui ont été scellées par Vladimir Poutine, lui-même, explique le Financial Times. Dans ces conditions, « mieux valait pour Shell baisser le pavillon, le Kremlin étant déterminé à annuler les contrats passés avec les majors étrangères dans les années 1990 », estime les Echos.
    Ce dossier classé, BP et Total se trouvent désormais visés par Moscou notent tous vos quotidiens, respectivement sur les champs Sakhaline 1 et Khariaga. En parallèle, le Wall Street journal publie une longue enquête sur un accord gazier entre la Russie et l'Ukraine. Selon le quotidien, le FBI enquêterait sur l'implication de Semion Mogilevich, une figure du crime organisé en Russie, dans la signature de cet accord de plusieurs milliards de dollars. BP et Total n'ont qu'à bien se tenir !

    L'appétit insatiable de Mittal
    Après sa fusion avec Arcelor pour 25,4 milliards d'euros, on aurait pu croire l'ogre Mittal Steel rassasié. Et bien non ! Les deux opérations annoncées cette semaine coup sur coup montre l'appétit démesuré du géant de l'acier. « Après Arcelor, Mittal reste insatiable », titre ainsi la Tribune, qui revient sur la folle semaine du premier sidérurgiste mondial. Le groupe acquiert au Mexique un producteur d'aciers longs et surtout pose en Inde les jalons d'une « méga-usine » de 9 milliards de dollars, destinée à produire 12 millions de tonnes de produits de base par an. Lakshmi Mittal, que l'éditorialiste de la tribune a rebaptisé « Lakshmi Pantagruel », renoue ainsi avec les opérations qui ont fait le succès de Mittal Steel : les prises de positions opportunistes sur des marchés en forte croissance, loin du modèle d'Arcelor qui repose sur des productions à forte valeur ajoutée. Problème : « A terme, ces opérations vont augmenter à nouveau l'exposition du groupe aux cycles des matières premières », conclut la tribune.

    Suez : à quoi joue Pinault ?
    « Suez est de nouveau au centre de toutes les attentions », se réjouit le Figaro Économie. Le titre a bondi de plus de 2 % hier, à 38,60 euros, son plus haut de l'année. En cause : les spéculations selon lesquelles le milliardaires François Pinault envisagerait de lancer seul une OPA sur Suez, avant de revendre les activités énergétiques à Gaz de France. Profitant des frictions entre GDF et Suez et des déboires de la fusion, l'homme d'affaires pourrait donc profiter des événements pour récupérer ce qui l'intéresse chez Suez. Cette éventualité aurait le mérite de calmer les opposants à la privatisation de GDF, l'état n'ayant plus besoin de passer sous la barre des 50 %, tout en protégeant Suez, resté vulnérable en l'absence de fusion, notamment d'un éventuel assaut d'Enel. Bref, pour Libération : « Il va falloir s'y habituer. Le dossier Suez-GDF a depuis hier changé de nom : il s'appelle désormais Pinault-Suez-GDF ». Reste plusieurs problèmes, note le Financial Times dans sa rubrique European View. D'abord, le gouvernement français ne semble pas résigné à abandonner son projet. Ensuite, le gouvernement belge risque d'être mécontent de voir Electrabel passer sous contrôle français. Enfin, M. Pinault devra convaincre le principal actionnaire de Suez, Albert Frère, un ami proche de son rival français, Bernard Arnault.

    Un contrat de 7,9 milliards pour la DCN et Areva
    A la une du Figaro Économie : « un contrat géant pour DCN et Areva ». Le ministère français de la Défense a notifié hier soir aux industriels le lancement d'un programme de six sous-marins nucléaires d'attaque Barracuda pour un montant de 7,9 milliards d'euros, livrables de 2016 à 2027. La DCN (ex-Direction des constructions navales) sera maitre d'œuvre et Areva Technicatome associé au CEA s'occupera de la chaudière atomique. Ces sous-marins à propulsion nucléaire seront dotés d'un armement classique.

    Les Français, Noël et le foie gras
    En cette veille de fête vos quotidiens se penchent sur notre consommation. Triste constat du côté des Echos qui titre : « les Français se préparent à un Noël sage ». Selon le quotidien, ils devraient réduire leur budget (cadeaux, nourriture, etc.) pour la quatrième année consécutive à 548 euros. Pis, comme on ne peut pas transiger avec les volontés du petit dernier, c'est principalement au détriment de l'alimentation que se feront les coupes. Les Français devraient dépenser trois fois plus en cadeaux que pour les repas. Pourtant, selon une enquête de la Tribune, « le foie gras est à la fête ». La production a explosé ces 25 dernières années, rapportent le quotidien, essentiellement grâce au marché français. Même si les importations progressent, les producteurs hexagonaux se taillent toujours la part du lion. Il y aura donc surement du foie gras à table, mais du foie gras acheté sur la toile s'il vous plait ! En effet, selon le Figaro Économie, « les français ont définitivement adopté Internet pour réaliser leurs courses de Noël ». Selon le quotidien, ils dépenseront sur cette période près de 2 milliards sur le net, contre 1,7 milliard l'année dernière. Une progression supérieure à celle observée chez nos voisins allemand et anglais. Bref, la toile tisse sa toile à Noël.

    Bonnes fêtes de fin d'année !
    La revue de presse revient le mardi 2 janvier.

    Bertrand Beauté

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