"2014 marque une accélération de l’agroalimentaire français en Chine", pour Stéphane Le Foll

En visite à Shanghai (Chine) pour inaugurer le Salon international de l’agroalimentaire (Sial), qui se tient jusqu’au 15 mai, le ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, répond aux question de L’Usine Nouvelle.

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En visite à Shanghai (Chine) pour inaugurer le Salon international de l’agroalimentaire (Sial), le ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane Le Foll estime que les récents accords signés avec les autorités et entreprises chinoises témoignent d’une nouvelle dynamique pour le secteur agroalimentaire français. En 2013, les exportations vers la Chine se sont élevées à 1,49 milliard d’euros contre 1,52 milliard en 2012, soit un repli de 2%, selon l’Association nationale des industries agroalimentaires (Ania), une baisse essentiellement due au recul des ventes de vins et spiritueux.

L’Usine Nouvelle - L’année 2014 marque-t-elle un tournant pour les produits agroalimentaires en Chine ?

Stéphane Le Foll - Elle est synonyme d’accélération plutôt que de tournant. Nous sommes en train de passer une étape, avec plusieurs avancées. Nous avons obtenu fin mars des agréments d’exportation pour trois entreprises de produits charcutiers (Ndlr : Delpeyrat, Cooperl et la Sacor) ainsi que pour 236 établissements de produits laitiers. Nous avons réglé notre différend dans le secteur du vin, où la Chine nous accusait de pratiquer du dumping, suite aux problèmes des panneaux solaires chinois en Europe.

Nous venons également de signer un protocole d’accord sanitaire pour permettre aux opérateurs français de la filière équine de bénéficier de licences pour exporter des chevaux de trait pour les exploitations chinoises peu mécanisées. Par ailleurs, le ministère de la Qualité et Inspection des Importations (AQSIQ) vient de confirmer le lancement d’une procédure de reconnaissance officielle pour l’indication géographique Bordeaux.

La France a-t-elle la place qu’elle mérite en matière d’agroalimentaire en Chine ?

Les produits français sont très réputés ici pour leurs qualités sanitaires et gustatives. La France doit conforter sa place. C’est un travail de longue haleine, auquel nous nous employons depuis deux ans. La Chine fait encore peur aux Français. Or, les Chinois aspirent à consommer mieux. Il nous faut saisir ces opportunités et être capable de répondre aux attentes. Un partenariat comme celui du groupe Lesaffre avec l'association Shanghai Young Bakers, pour former de futurs jeunes boulangers aux techniques de fabrication françaises de pain, est un bel exemple de coopération possible.

La France est le premier fournisseur européen du marché chinois en produits agroalimentaires et nous sommes leur premier fournisseur mondial de vins. En 2013, c’est vrai, nous avons connu une baisse des exportations de nos vins et spiritueux, à cause d’une nouvelle politique chinoise d’anti-corruption, mais je fais le pari que la consommation de vin va repartir à moyen terme.

En dehors du vin, ne sommes-nous pas en retard dans d’autres secteurs (viandes, produits laitiers...) par rapport à certains de nos voisins européens ?

L’agroalimentaire français n’est pas en retard en Chine, contrairement au secteur automobile. Nous sommes en train de prendre notre place. Dans le secteur laitier, nous connaissons une croissance incroyable (Ndlr : + 46,53 % en valeur en 2013 par rapport à 2012, à 355 millions d’euros, selon des données du Cniel), tout comme dans les céréales.

La filière porcine est en train de multiplier les initiatives. La coopérative bretonne Cooperl a signé un accord avec Sichuan Baichuan Agriculture and Animal Husbandry Co. pour exporter, en Chine, 850 porcs reproducteurs pour un montant de 1,5 million d’euros. Les exportations de charcuterie devraient par ailleurs débuter dans les prochaines semaines.

Il y a deux ans, vous aviez appelé, avec d’autres membres du gouvernement, à une meilleure organisation et cohérence de notre communication agroalimentaire à l’international. Où en est ce chantier aujourd’hui ?

Nous cherchons à structurer une offre commune et éviter des initiatives isolées. Cela progresse, notamment avec une meilleure coopération d’Ubifrance et de la Sopexa. Les moyens doivent être mutualisés. Beaucoup d’acteurs français pensent être suffisamment gros pour partir seuls en Chine. Or à l’échelle de la Chine, ils sont tous petits. Il faut que les entreprises travaillent davantage ensemble et ne se dispersent pas.

Propos recueillis par Adrien Cahuzac, à Shanghai (Chine)

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