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L'Usine Matières premières

2014, l'année du possible retour à l'équilibre pour la sous-traitance française

Frédéric Parisot , , , ,

Publié le

Analyse Le marché de la sous-traitance a continué de chuter en 2013, mais le regain d’activité début 2014 laisse espérer que cette année pourrait être celle d’un retour à l’équilibre.

2014, l'année du possible retour à l'équilibre pour la sous-traitance française
Déjà en grande difficulté en 2013, le secteur de la forge reste dans l’incertitude.

Mieux vaut oublier 2013 et se concentrer sur 2014, d’autant que cette fin d’année risque d’être déterminante. Les chiffres de la sous-traitance ne sont pas bons, tous les secteurs ou presque ont enregistré l’an passé une baisse de leur activité. Parmi les reculs les plus significatifs, la forge a perdu près de 8 %, la chaudronnerie et la plasturgie autour de 6 %. Le chiffre d’affaires global de la sous-traitance en France s’est élevé à 66,6 milliards d’euros en 2013, contre 70,7 milliards en 2012 et 72,8 milliards en 2011. Même constat en ce qui concerne le taux de rentabilité des entreprises, descendu à 0,5 %, contre 0,6 % en 2012 et 1,1 % en 2011.

Aussi pessimistes soient-ils, ces chiffres sont dans la moyenne européenne, qui accuse une baisse de 3,88 %. "Cette situation s’explique en partie par les politiques de restrictions budgétaires qui assèchent les marchés intérieurs, mais aussi par la faiblesse chronique du dollar, qui freine les exportations vers les États-Unis et favorise les importations", analyse Daniel Coué, l’économiste du Midest, le Salon international de la sous-traitance qui se tient du 4 au 7 novembre, à Paris. Autre élément de contexte : la morosité de l’économie mondiale, la croissance du PIB global étant passée de + 6 % au début des années 2000 à + 3 % aujourd’hui.

Un contexte mondial morose

La reprise, que les industriels de la sous-traitance appelaient de leurs vœux en 2013, s’est fait sentir sur les derniers mois de l’année. Elle s’est poursuivie au premier semestre 2014. "Nos entreprises ont redémarré, se réjouit Jérôme Frantz, le président de la Fédération des industries mécaniques (FIM). Il y a bien eu quelques pertes l’an passé, mais les meilleures sont restées et je suis confiant dans leur avenir." Les chiffres prouvent ce redémarrage. "Le premier semestre 2014 est en progression de 1,8 % par rapport à un premier semestre 2013 déjà bon, et certains secteurs en difficulté l’an passé, comme la forge ou la fonderie, ont même démarré 2014 sur les chapeaux de roue", constate Édouard Serruys, le président de la FIM sous-traitance et PDG d’APS (110 personnes, 15 millions d’euros de chiffre d’affaires), à Noisiel (Seine-et-Marne).

Une reprise qui s’explique aussi par un redressement du marché automobile, avec de grands équipementiers devenus leaders mondiaux qui emmènent leurs sous-traitants à l’étranger, et les usines des constructeurs français dont le niveau de charge remonte. "Nous avons livré de nombreux moules et équipements de production en 2013, et les transformateurs de plastiques ont monté en cadence en ce début d’année", confirme Bruno Machet, le président de la FIM Moules & prototypes et PDG de Compose Tools (80 personnes, 10 millions d’euros de chiffre d’affaires), à Bellignat (Ain).

Une reprise palpable donc, mais qui n’aura pas duré. "Les commandes ont commencé à baisser dès le mois de juillet", explique Jean Martin, le délégué général de la Fédération de la plasturgie. Un secteur représentatif puisqu’il œuvre pour l’ensemble des marchés clients (automobile, aéronautique, médical, agroalimentaire, biens d’équipement…). Parmi les raisons évoquées : les grands équipementiers aéronautiques, dont les besoins en fonds de roulement augmentent, mettent leurs commandes en stand-by le temps de consommer leurs stocks. Au final, "impossible de savoir si 2014 se terminera sur une note positive ou négative, avoue Daniel Coué. Pour cela, il faudra attendre les derniers mois de l’année".

Une hausse des mauvaises pratiques

Si croissance il y a, elle n’atteindra pas des sommets, car du côté des fabricants de moules et prototypes, qui représentent un bon indicateur de tendance, l’activité est en berne depuis des mois. Le scénario le plus vraisemblable est un retour à l’équilibre en 2014. Quoi qu’il en soit, si les donneurs d’ordres ont donné du travail aux sous-traitants en début d’année, ces derniers font état d’un accroissement des mauvaises pratiques d’achats. "Aujourd’hui, un plasturgiste sur quatre doit travailler avec des délais de paiement supérieurs à soixante jours, ce qui est illégal", constate Jean Martin.

D’après une enquête menée au premier semestre par la Fédération de la plasturgie auprès de 290 adhérents, fournisseurs et clients auraient augmenté leurs prix deux fois plus vite que les transformateurs de plastique depuis 2010. Conséquence : des sous-traitants qui ont perdu en moyenne 11 points de marge sur la période, et assument seuls les risques matières. Le constat est le même chez les industriels du traitement de surface. "Plusieurs sous-traitants de l’aéronautique nous remontent que la moitié de leur activité est réalisée sur des commandes urgentes, commente Édouard Serruys. Auparavant, avec des commandes régulières, ils pouvaient lisser leur charge de travail, mais avec trop de commandes urgentes on multiplie les risques de rupture de la chaîne d’approvisionnement."

Les mauvaises pratiques liées aux conditions d’achats ou aux délais de paiement ne sont pas la norme, mais elles existent. En France uniquement, ce qui est un handicap pour le pays au niveau européen. "Les donneurs d’ordres français confondent partenariat et efforts imposés, résume Luc-Éric Krief, le président du Centre national de la sous-traitance. Demander une participation financière, s’arroger toutes les innovations, ce n’est pas ça une relation partenariale. La France est le seul pays à avoir besoin d’une médiation pour des pratiques qui n’ont pas lieu ailleurs."

Frédéric Parisot

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