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2013, une année de "transformation" mitigée pour le chimiste Solvay

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

En plein recentrage sur deux activités de chimie de spécialité à forte croissance, le groupe belge Solvay a connu une année 2013 décevante. La faute à des "éléments exceptionnels" qui ne devraient pas se reproduire cette année.

2013, une année de transformation mitigée pour le chimiste Solvay © Solvay

"Nous sommes au milieu d’une transformation très significative de Solvay". Pour Jean-Pierre Clamadieu, PDG du chimiste belge, le recentrage stratégique entamé il y a quelques années par le groupe en se désengageant de la pharmacie, puis en croquant le français Rhodia, s’est encore renforcé en 2013. Avec une ambition : devenir d’ici 2016 "un groupe qui aura efficacement transformé son portefeuille d’activités pour se concentrer sur deux secteurs clés : les matériaux et la formulation." Des métiers "beaucoup moins cycliques, avec beaucoup plus de croissance et de valeur ajoutée" que la chimie de commodités, pour laquelle il n’exclut pourtant pas de se renforcer via de nouvelles acquisitions cette année.

Désengagement dans le PVC, renforcement dans le gaz

En 2013, le groupe a donc poursuivi sa "transformation" via plusieurs étapes phares : l’acquisition pour 946 millions d’euros de l’américain Chemlogics (consolidée depuis novembre 2013), qui produit des spécialités chimiques pour le marché de l'extraction du pétrole et du gaz. Et le désengagement dans le PVC en Europe et en Amérique Latine, une activité trop impactée par la concurrence américaine qui bénéficie d’un prix de l’énergie beaucoup plus bas. Le groupe a donc sorti de ses résultats - présentés ce 26 février - l’activité "chlorovinyles Europe", qui représentait 1,9 milliard d’euros. Elle doit donner lieu dès cette année à une joint-venture avec Ineos. "Ce n’est pas une situation désespérée, mais un choix stratégique", veut rassurer le PDG. La production de PVC en Thaïlande, à destination du marché asiatique, et celle en Russie avec un partenaire local sont conservées.

Chiffre d’affaires et résultat net en baisse

En attendant, l’année 2013 s’est révélée plutôt décevante pour Solvay. Une fois exclue l’activité PVC européenne, son chiffre d'affaires a chuté de 5%, passant à 9,94 milliards d’euros. Pour la seconde année consécutive, son résultat net a diminué, avec 378 millions d'euros, contre 690 millions d’euros l'année précédente. Le résultat brut d'exploitation récurrent a chuté de 12% à 1,66 milliard d'euros. Solvay préfère le voir "globalement stable en prenant en compte l'arrêt prévu des ventes de crédits carbone, les effets exceptionnels liés au guar (un produit utilisé dans le forage pétrolier et gazier dont le prix a chuté en 2013, ndlr) et en excluant la contribution de Chemlogics".

Des "éléments exceptionnels" qui sont désormais derrière lui, assure le groupe. Il espère donc renouer avec une croissance du bénéfice opérationnel dès 2014, portée par Chemlogics et la reprise de ses marchés, sans oublier des "initiatives d’excellence" dans l'organisation de la production, la gestion de la chaîne d'approvisionnement, le marketing et l’innovation. Mais le repositionnement de Solvay n’est pas terminé. La direction envisage de céder son activité Eco-Services - la régénération d’acide sulfurique - et de restructurer son activité polyamide. Objectif :  que ses deux métiers phares, - les matériaux et la formulation -, constituent à terme les deux tiers de son activité, contre un peu plus de la moitié aujourd'hui.

Gaëlle Fleitour

Jean-Pierre Clamadieu pas intéressé par EDF

Dans son édition du 26 février, Le Canard Enchaîné disait le patron du groupe Solvay favori de l'Élysée pour succéder à Henri Proglio à la tête d'EDF en novembre. A l’occasion de la présentation des résultats du chimiste belge, Jean-Pierre Clamadieu a démenti catégoriquement. Il assure bien compter rester chez Solvay "jusqu’à ce que cette transformation soit finie", avant de préciser son attachement à ce groupe dont il fait "presque partie des meubles", s’amuse-t-il.

 

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