2013 signe la fin de la morosité sociale

Selon l’enquête annuelle réalisée par la Cegos, les salariés retrouvent confiance dans leur entreprise et dans leur travail. Le salarié de 2013 apparaît proactif et prompt à agir pour développer ses compétences. Les managers ont accompagné le mouvement. Le stress dû à une surcharge de travail reste très préoccupant.

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2013 signe la fin de la morosité sociale

Il n’y a pas que la croissance qui frémit comme le répètent ministres et président de la République. Le climat social s’améliore au sein des entreprises. C’est le résultat de la mesure annuelle réalisée par la Cegos sur l’humeur des salariés du privé et des fonctionnaires du public.

La cuvée 2013 révèle une nette amélioration du climat. 52 % des personnes interrogées (salariés ou fonctionnaires) se disent satisfaites du climat dans leur entreprise, "une première depuis 2008" pour la Cegos qui présente ce baromètre depuis plus de 15 ans. Directrice associée de la Cegos, Annick Allégret, estime qu’il est "généralement à l’avant-garde de la situation, des évolutions. Il n’a jamais été démenti ".

Reste à porter un diagnostic juste sur la situation. Les données publiées indiquent une situation assez ambigüe en première approche. En effet, 47 % des personnes interrogées estiment que la situation au sein de leur organisation s’est détériorée, quand 42 % estiment qu’elle est restée inchangée. Ce qui se dessine en creux de cette étude, ce sont des salariés qui se sont "adaptés" aux évolutions en cours, pour reprendre le mot répété plusieurs fois par Annick Allégret.

"Il y a encore trois ans les salariés attendaient un retour au monde d’avant. Aujourd’hui, ils sont conscients que le monde change et ils ont décidé de s’adapter", dit-elle. Autrement dit, s’ils jugent positivement le climat social, ce n’est pas forcément qu’il s’est amélioré, c’est qu’ils ont fait leur deuil de certaines attentes. Ainsi, les salariés (du privé) se disent à 53 % fiers de travailler dans leur entreprise. La même proportion déclare avoir confiance en son avenir. Ils sont 58 % à se dire motivés et 79 % à se sentir impliqués.

Si 56 % estiment apprendre en permanence de son travail, ils sont 52 % à "demander des formations pour bâtir leur avenir professionnel". Sur ce point de la formation, apparaît en filigrane ce que pourrait cacher cette amélioration du climat social : ni plus ni moins qu’un changement de relation à l’entreprise qui évoque la génération Y et son consumérisme professionnel. En effet, seulement 35 % des salariés du privé considèrent que leur employeur leur donne la possibilité de construire un projet professionnel. Public et privé confondus, ils ne sont que 33 % à considérer qu’il leur offre des perspectives intéressantes. Face à l’incertitude de la gestion à court terme des entreprises, une majorité de salariés se prennent en main, demandant des formations pour maintenir son employabilité dans l’entreprise ou ailleurs.

Les managers se sont adaptés à la nouvelle donne

Si le climat s’améliore, c’est aussi que les entreprises ont mené des politiques qui ont porté leurs fruits. A commencer par les managers qui se sont rapprochés de leurs équipes et qui ont, eux aussi, pris acte des changements intervenus. "Depuis cinq, six ans, les managers étaient paralysés. Ils voulaient savoir où allait l’entreprise, connaître sa stratégie. Ils ont appris à manager sans savoir et à piloter à court terme", souligne Annick Allégret. Le résultat se lit directement dans l’enquête : 50 % des salariés se sentent écoutés et compris par leur responsable. Un résultat en progression de 4 points par rapport à 2012. Et ils sont 50 %, public ou privé, à se sentir reconnus dans leur travail.

Ce réaménagement des attentes a eu ses points noirs. A commencer par la perte de confiance dans les représentants du personnel. Seulement 35 % des personnes interrogées (tous secteurs) considèrent qu’ils sont efficaces pour résoudre les litiges individuels et 34 % disent leur faire confiance pour accompagner les transformations de leur organisation. L’étude de la Cegos montre que les DRH estiment à 60 % avoir des relations constructives avec ces représentants. Et que le risque existe de signer un accord, qui sera ensuite désapprouvé par la base. Autre sujet d’insatisfaction latent : la rémunération. 45 % des salariés du privé trouvent leur salaire cohérent avec le marché du travail et 41 % estiment que le système de rémunération globale est satisfaisant.

Ces évolutions ne masquent pas certaines difficultés. 46 % expliquent subir un stress particulier dont les causes sont clairement identifiées. C’est la charge de travail pour 72 % des répondants, l’organisation du travail (47 %) et la pression de la hiérarchie (36 %). Pour le moment, ils s’en sortent grâce à la solidarité entre collègues, notamment. En effet, 62 % des salariés du privé estiment pouvoir compter sur eux en cas de difficulté.

Christophe Bys

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