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L'Usine Agro

2012, année de "crispation" pour l’agroalimentaire

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Bien que toujours en croissance, l’agroalimentaire français a montré plusieurs signes de d’essoufflements en 2012 : érosion des marges des entreprises, recul de la production industrielle et suppressions d’emplois...

2012, année de crispation pour l’agroalimentaire © Delpeyrat

Bilan très contrasté pour l’agroalimentaire français en 2012. “L’année a été particulièrement mouvementée, marquée à la fois par une résistance et une crispation du secteur”, a souligné le 16 avril Jean-René Buisson, le président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), lors de la présentation du bilan annuel. Le secteur a vu son chiffre d'affaires progresser de 2,3 % en 2012, à 160,9 milliards d'euros, mais selon un rythme qui a ralenti par rapport à 2011 (+6,8 %, à 157,2 milliards d'euros). “Nous sommes toujours la première industrie de France”, s’est cependant félicité le président de l’Ania, qui devrait quitter ses fonctions en juin, au terme de son troisième mandat.

Mais des inquiétudes demeurent sur la santé du secteur. Le nombre de défaillances d’entreprises a progressé, à 297, contre 247 en 2011, soit plus qu’en 2008 et 2009, “au moment de la grande dépression”. Le taux de marge brute des 13 000 industriels du secteur a chuté à 22,4 % contre 25 % en 2011, soit un niveau bas là encore inédit “depuis au moins vingt ans”.

Progression de la balance commerciale

Les effectifs du secteur ont reculé à 495 000 salariés, soit une perte de 3 900 emplois en 2012, “même si l’agroalimentaire a mieux résisté que le reste de l’industrie française”, a constaté pour sa part Alexander Law, économiste à l’Ania. La production industrielle a reculé de 0,8 %, là encore à un niveau moindre que le reste de l’industrie manufacturière. Seule consolation dans ce bilan très mitigé, le niveau des exportations. Le solde commercial positif est passé à 9,2 milliards d’euros, contre 8,1 milliards d’euros en 2011. “Encore une fois, ce sont les boissons, qui ont tiré leur épingle du jeu et permis cette progression”, a commenté Jean-René Buisson. Leur balance commerciale a bondi à +10,78 milliards d’euros en 2012, contre 9,48 milliards en 2011. Mais dans le même temps plusieurs secteurs ont reculé. Les produits à base de viande ont vu leur solde, déjà négatif, se creuser à -724 millions d’euros, contre -339 en 2011. Le secteur des huiles et graisses végétales a lui aussi fortement chuté, passant de -1,91 milliard d’euros à -2,33 milliards en 2012. Sur la scène internationale, l’agroalimentaire français a reculé de quatrième à cinquième exportateur mondial, au profit du Brésil.

Stagnation attendue en 2013

La consommation alimentaire a elle aussi fléchi en 2012, de 0,5 %. “Les dépenses alimentaires ne représentent plus que 11 % du panier des ménages contre 15 % il y a encore quelques années”, a souligné Jean-René Buisson, regrettant la “multiplication des taxes sur le secteur depuis quelques mois, sur les sodas et les bières”.

2013 ne devrait pas être meilleure. L’Ania prévoit une stagnation du chiffre d’affaires, à + 0,5 %, un recul de la production industrielle de 1 % et 5 000 suppressions de postes sur le premier semestre. Les mesures annoncées par le gouvernement pour restaurer la compétitivité des entreprises auront-elles un effet positif sur le secteur ? Difficile de les mesurer pour l’heure précisément selon l’Ania. “Nous pensons que le crédit d’impôts compétitivité permettra d’économiser 400 millions d’euros, mais beaucoup de PME ont du mal à le calculer”, a détaillé Alexander Law. Quant à la Banque publique d’investissement (BPI), elle tarde à se mettre en place concrètement. “Le ministre Stéphane Le Foll avait promis 1 million d’euros pour l’agroalimentaire, mais le montant ne semble aujourd’hui plus garanti”, a regretté Jean-René Buisson.

Adrien Cahuzac

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