L'Usine Energie

2011, année excellente et charnière pour Siemens

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Peter Löscher présentait ce jeudi les résultats annuels de Siemens. Si l'année 2011 a été "excellente" pour le conglomérat allemand, elle a aussi changé la donne dans l'industrie de l'énergie, selon le dirigeant. Qui pense avoir les atouts pour remporter la mise dans un environnement qui s'annonce plus difficile.

2011, année excellente et charnière pour Siemens © D.R. - Siemens

Plantés devant l'ancienne poste royale de  Munich, trois drapeaux Siemens annoncent la couleur. Le conglomérat allemand a investi ce bâtiment du XIXe siècle transformé en hôtel de luxe pour présenter, ce jeudi matin, ses résultats annuels.

"2011 a été une année excellente pour Siemens", commence Peter Löscher, le PDG du groupe, avant de citer la progression de 55% du bénéfice net, à 6,3 milliards d'euros. Du 1er octobre 2010 au 31 septembre 2011, le chiffre d'affaires s'est élevé à 73,5 milliards (+7%) tandis que les nouvelles commandes dépassaient 85 milliards (+16). Alors que l'année 2011 a connu "des hauts et des bas extrêmes au niveau macroéconomique", le dirigeant se félicite d'un volume de nouvelles commandes en croissance de plus de 60% en Allemagne : "Cela prouve non seulement la force de Siemens dans son propre pays mais aussi la compétitivité de l'industrie allemande en général."

Si Siemens a battu son record de profit brut pour la troisième année consécutive, cette belle série pourrait s'interrompre. Le baromètre de l'industrie européenne perçoit les "premiers signes d'un ralentissement chez nos clients dans nos activités a cycle court". Il faut être réaliste et s'attendre à "une croissance modérée" de l'activité du groupe en 2012, prévient Peter Löscher.

Pour le dirigeant, la crise de la dette - et non une crise des banques, a-t-il tenu à préciser - accélère le découplage de la croissance des économies matures de celle des émergents. Pour croître plus vite que l'économie globale, Siemens continuera d'investir dans les pays émergents, dans lesquels il réalise déjà un tiers de ses activités. Un milliard d'euros d'investissement est ainsi prévu en Russie sur trois ans.

A moyen terme, Peter Löscher veut poursuivre la stratégie de croissance verte qu'il a mis en oeuvre avec succès depuis 2007. Le portefeuille de produits verts a déjà représenté près de 30 milliards d'euros de vente, le dirigeant veut atteindre 40 milliards en 2014.

L'énergie sera au coeur de la progression du groupe. "Avec Fukushima et le virage dans la politique énergétique allemande qui a suivi, 2011 a instauré une nouvelle donne dans l'industrie de l'energie", affirme avec force Peter Löscher, qui y voit "un défi spécial" pour Siemens et "d'excellentes opportunités". Pour atteindre son objectif de 100 milliards de chiffre d'affaires à moyen terme, le dirigeant mise sur l'énergie : elle représentera près de la moitié de la progression du groupe.

Les belles positions de Siemens dans le gaz et l'éolien offshore suffiront-elles ? L'allemand reste en tout cas très prudent sur le solaire, peut-être échaudé par sa dépréciation à hauteur de 200 millions d'euros de Solel, sa filiale spécialiste du solaire thermique a concentration, achetée 280 millions en 2009. "Pour le moment, on observe les différentes technologies", confie-t-on dans le groupe. Jusqu'à quand ?

De Munich, Manuel Moragues

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