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2% de croissance française en 2011 selon l’OCDE

Publié le

L'organisation internationale table sur le même niveau de croissance pour 2011 que le gouvernement. Mais la tâche devrait se compliquer en 2012. L'OCDE a insisté sur la nécessité de réformes structurelles dans l'Hexagone, et a renforcé la crédibilité de Christine Lagarde.

2% de croissance française en 2011 selon l’OCDE
Bercy, le ministère de l'économie française

Le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurría a conforté la ministre de l'Economie Christine Lagarde sur un point.  Ses prévisions de croissance pour 2011. Lors de la présentation de l'étude economique 2011 de la France en effet, il a annoncé que l'OCDE revoyait à la hausse son anticipation à 2 %. Soit le chiffre retenu par Bercy dans le projet de loi de finances. Une tendance confirmée par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui a réévalué il y a quelques jours son chiffre pour le premier trimestre de 0,3 % à 0,6 %, donnant ainsi raison à un gouvernement longtemps considéré comme trop optimiste.

Résultat, le gouvernement veut faire mieux que prévu sur la réduction du déficit : il ne table plus sur un trou de 6 % à la fin de l'année, comme c'était le cas jusqu'à présent, mais sur 5,7 %. Un objectif d'autant plus plausible que les chiffres ont été meilleurs que prévu l'année dernière. En 2010, le déficit a plafonné à 7 %, très en dessous du chiffre qui avait été communiqué initialement à la Commission européenne dans le programme de stabilité (8,5%).

2012 en embuscade

Reste que les difficultés devraient surgir à partir de 2012. Lors de cette année électorale, le déficit devra être ramené à 4,5 % du PIB. Sans compter sur l'extinction automatique des mesures de relance comme c'est le cas actuellement. Christine Lagarde mise sur la croissance (2,5 %) pour sauter le pas. Mais là, l'OCDE et l'Insee sont beaucoup moins optimistes.

La reprise est enclenchée en France, c’est un fait avéré. L'organisation salue à ce sujet la bonne gestion de la crise par les autorités françaises. Mais elle doit "poursuivre avec ténacité les réformes structurelles nécessaires". Le plus inquiétant reste les performances françaises en matière d’emploi."Ceci représente encore un des points faibles de l’économie française", estime l'OCDE.

Parmi les principales faiblesses françaises identifiées par l'organisation, un haut niveau de fiscalité pesant sur le travail s’ajoutant à un salaire minimum élevé par rapport au salaire médian. De plus, la forte segmentation des contrats de travail répartit de façon inéquitable le poids des ajustements nécessaires, tout en pesant sur la capacité de l’économie à s’adapter aux chocs. "Il faut également mentionner l’insuffisante qualité du dialogue social, et c’est sans doute un euphémisme".

Dans son étude, l'OCDE plaide pour que la France continue à s’inspirer de l’expérience danoise de "flexicurité", et mène une politique davantage favorable à l’innovation. Elle appelle à lever les barrières administratives à la croissance des PME et à assouplir les conditions d’entrée dans le secteur de la distribution et des professions réglementées. Enfin,  elle souligne la possibilité de réduire le taux statutaire de l’impôt sur les sociétés… grâce à une remise à plat des niches fiscales dont bénéficient les entreprises.

Angel Gurria a par ailleurs détaillé la feuille de route souhaitée par Bruxelles pour que l’Etat se serre la ceinture. "La France aurait intérêt à se doter d’un cadre budgétaire renforcé et à valeur constitutionnelle. Ce cadre inclurait une règle de déficit structurel, une programmation budgétaire pluriannuelle détaillée et un conseil budgétaire indépendant". Une cure de minceur de la Sécurité Sociale est également demandée.

Quant aux recettes, il faut continuer d’élaguer les "niches" fiscales et sociales inefficientes, et envisager de relever les impôts les moins nocifs. Notamment les taxes sur les externalités environnementales, la propriété et la TVA, et en priorité les taux réduits.

Taxe carbone, le retour

Enfin, l'OCDE note que la France affiche de bons résultats par rapport aux objectifs de Kyoto. Une conséquence de la place prépondérante du nucléaire et de l’hydroélectricité.

La taxe carbone constitue selon l'OCDE l'un des meilleurs instruments de politique environnementale. "Il est ainsi regrettable que le Conseil constitutionnel ait rejeté la première tentative du gouvernement. Dans ce contexte, il faudrait en France entre autres relever les taxes applicables au gaz naturel, au charbon, au fioul domestique et au diesel, et réduire les dépenses fiscales dont bénéficient les plus gros utilisateurs de carburants. Par ailleurs, des marges de manœuvre existent pour améliorer substantiellement la gestion des ordures ménagères et de l’eau" explique Angel Gurria.

Avant de clore le chapitre par une question. "Dans le dramatique contexte actuel, est-il besoin de rappeler que les coûts de traitement des déchets nucléaires devraient être mieux comptabilisés et que les estimations des coûts futurs de démantèlement des centrales réalisées régulièrement par des experts indépendants" ?

Lire le discours de présentation de l'étude d'Angel Gurria
Lire la synthèse de l'étude
Voire le graphe des finances publiques et télécharger les données en Excel

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