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L'Usine Agro

2 700 salariés menacés par l'interdiction de fabriquer des pesticides illégaux en Europe

Adeline Haverland , , , ,

Publié le

Adoptée le 15 septembre dernier par les députés avant de repasser au Sénat, la dernière mouture de la Loi Alimentation prévoit que les agro-chimistes n'aient plus le droit de produire, sur le sol français, des phytosanitaires interdits en Europe. Leur syndicat, l’UIPP, brandit la menace pour l'emploi de 2 700 salariés.

2 700 salariés menacés par l'interdiction de fabriquer des pesticides illégaux en Europe
L'article 11 de la Loi Alimentation interdit la fabrication de produits interdits dans l'UE

Si l’interdiction du glyphosate n’est finalement pas inscrite dans le texte de loi Alimentation, les géants de l’agrochimie ne sont pas moins mécontents du texte adopté samedi 15 septembre par les députés.

Au cœur de leur colère, l’article 11 de la Loi Alimentation qui stipule que désormais, ils n’auront pas le droit de fabriquer, dans leurs usines françaises, des produits interdits en Europe et destinés à l’exportation. "Il ne s’agit pas seulement de produits prohibés en Europe pour des raisons sanitaires mais également de produits qui n’ont jamais reçu d’homologation car leur utilisation n’a jamais été envisagée sur le sol européen, comme les pesticides spécifiques aux agrumes ou au coton", explique l’UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes).

2 700 salariés potentiellement concernés

L'amendement, jugé "dramatique pour les entreprises du secteur" par l'IUPP, pourrait mettre à mal plusieurs unités de production françaises. "D’après nos premières informations, cela pourrait potentiellement concerner jusqu'à 2 700 salariés", estime la porte-parole de l’institution.

Au total, le syndicat est, pour le moment, incapable de mesurer avec plus de précisions les conséquences d’une telle mesure mais explique avoir lancé une étude d’impacts qui sera communiquée au ministère de l'Économie dans les plus brefs délais.

Interrogé sur le sujet, le géant allemand Bayer, qui vient de s'emparer de son concurrent américain Monsanto, confirme l’impact d’une telle mesure: "Notre usine de Villefranche-sur-Saône (Rhône-Alpes) où sont produits 75% des pesticides-clés pour l’entreprise et celle de Marle (Aisne), dédiée aux petits packagings, pourraient être concernées", confie une source interne. Au total, le géant allemand craint une diminution des volumes de production de 10% mais précise que cela ne devrait pas impacter l'emploi. Les autres acteurs du secteur n'ont, pour le moment, pas souhaité répondre aux questions de L'Usine Nouvelle. 
 

Un ralentissement des investissements

L’UIPP redoute également que cet amendement ne se traduise par une réduction des investissements en France et une potentielle délocalisation des sites de production vers des pays moins contraignants. "Les entreprises ont investi en France car la technicité, la réglementation, tout était en place pour avoir des procédures de production extrêmement qualifiantes et sérieuses", rappelle l’UIPP.

Les professionnels du secteur entendent désormais peser sur la chambre haute, qui à partir du 25 septembre prochain, se prononcera également sur le loi Alimentation :"Nous espérons que les sénateurs auront une meilleure connaissance de notre industrie".

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