Quotidien des Usines

195 millions d’euros pour redémarrer l’usine d’incinération de l’Eurométropole de Strasbourg

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L’Eurométropole de Strasbourg (EMS) aura investi 195 millions d’euros dans la remise en conformité de son usine d’incinération d’ordures ménagères Strasbourg (Bas-Rhin), suite à la découverte en 2016 d’amiante dans de nombreux secteurs du site. Elle devrait redémarrer en juillet 2019.

195 millions d’euros pour redémarrer l’usine d’incinération de l’Eurométropole de Strasbourg
L’usine de valorisation énergétique des ordures ménagères (UVEOM) de l’Eurométropole de Strasbourg pourra traiter environ 230 000 tonnes d’ordures ménagères par an.
© DR

L’usine de valorisation énergétique des ordures ménagères (UVEOM) de l’Eurométropole de Strasbourg (Bas-Rhin), dont le délégataire est la filiale de Séché Environnement, Senerval, va reprendre son fonctionnement en juillet 2019, après environ trois ans d’arrêt total, suite à la découverte de particules d’amiante dans quasiment toute l’usine.

L’Eurométropole de Strasbourg, propriétaire, a investi 195 millions d’euros dans les travaux et le surcoût du transfert des ordures vers d’autres sites de traitement français. Elle annonce des essais de redémarrage de l’usine à compter de fin février 2019, après un démontage et un nettoyage complet puis la remise en place des équipements capable de traiter environ 230 000 tonnes d’ordures ménagères par an.

L’UVEOM dispose d’une unité de valorisation énergétique qui fournit du chauffage et de l’électricité à l’équivalent de 30 000 ménages, dont plusieurs industries voisines.

La découverte d’amiante dans quasiment tous les secteurs de l’usine en 2015 et 2016 a entraîné une décision radicale du propriétaire, l’EMS. "Même si les analyses ont démontré des taux d’amiante inférieurs aux normes réglementaires, la fermeture complète du site et son nettoyage approfondi ont été mis en œuvre", indique l’EMS. Avec comme conséquence la délocalisation de la totalité des ordures ménagères habituellement traitées sur le site. "De quoi générer 4 millions de kilomètres par an pour les camions transportant les déchets vers d’autres usines", regrette Françoise Bey, vice-présidente de l’EMS.

Moins d’ordures, une bonne nouvelle ?

La production de chauffage et d’électricité découlant de la valorisation de l’incinération des ordures a donc été aussi interrompue, avec des soucis pour les industriels voisins, Sil Fala, Punch Powerglide et LCS, bénéficiant de cette énergie et qui ont été contraints de trouver d’autres sources. Il existe pourtant des signes encourageants : "Les analyses des rejets dans l’air, effectués avant la cessation de l’activité et en période neutre, démontrent que les systèmes de traitement sont efficaces", se réjouit Senerval.

Quant à l’élue, elle constate que la politique de réduction des émissions de déchets menée dans l’EMS porte ses fruits. Chaque année depuis 2010, le tonnage de déchets récupérés par le système de collecte métropolitain est en diminution. Une réflexion est d’ailleurs engagée entre l’EMS et le délégataire afin d’appréhender ce que seront les ordures ménagères de demain : si les politiques publiques mises en œuvre portent leurs fruits, les conditions d’exploitation d’un site tel que l’UVEOM devront être modifiées. Pas encore de quoi redouter l’arrêt de la production d’énergie par le site de Senerval, faute d’ordures à incinérer…

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