1925, année des arts décoratifs... et industriels

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1925, année des arts décoratifs... et industriels

Si vous aimez l’art déco, courez à la Cité de l’architecture et du patrimoine, place de Chaillot à Paris. Né sur les décombres de la première guerre mondiale, dans l’énergie des "années folles", ce mouvement artistique, comme son prédécesseur, l'art nouveau, est porté par des genres considérés comme mineurs jusqu’alors : les arts appliqués. Moins exubérant, l’art déco privilégie des formes plus épurées, stylisées et géométriques. Il faut dire que l’époque est à la modernité. C’est le temps de la vitesse et de la conquête avec le début de la démocratisation des voitures, de l’aviation civile et la folie des paquebots transatlantiques géants. Le grand événement qui lance l’art déco se tient à Paris en 1925. Il s’intitule "Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes". Le mouvement est resté dans l’histoire en se coupant de ces deux derniers termes et pourtant, industriels et modernes avaient tout leur sens.

Peintres, ébénistes, décorateurs, joailliers, architectes… Les liens entre les artistes et les industriels sont forts et nombreux. Avec ceux du meuble bien sûr, mais aussi avec les nouveaux acteurs du transport. Les artistes investissent des objets et des bâtiments aux nouvelles fonctionnalités : du bouchon de radiateur (jetez un œil sur ceux de René Lalique) jusqu’aux nouvelles infrastructures comme les aérogares, stations services, garages… C’est d’ailleurs Mallet-Stevens qui réalisera le nouveau garage Alfa Roméo à Paris. De leur côté, les armateurs, propulsent avec leurs commandes luxueuses, une kyrielle d’artisans d’art.

L’Art déco ne s’arrête pas là. C’est aussi une formidable réussite à l’export qui pourrait inspirer de nombreux responsables politiques et économiques actuels. Les industriels ont su profiter de l’exposition pour vendre leurs savoir faire. Les photos, dessins, moulages, décors à taille réel et objets rassemblés sont un moment fort de l’expostion et montrent au visiteur de 2013 le luxe, le raffinement, l'ingéniosité des industriels et des artistes de cette époque. Un émerveillement certainement ressenti par les milliers de badauds et d’invités étrangers parcourant les 150 pavillons et galeries en 1925.

Les riches étrangers et les métropoles du monde entier multiplieront ensuite les commandes. Et ces réalisations sont également présentées jusqu’au 17 février à la Cité de l’architecture. Il faut savoir qu’aujourd’hui, le patrimoine des Arts déco le plus accessible est l’architecture et qu’il n’est pas nécessaire de courir les ventes aux enchères pour l’admirer. Il se trouve souvent au coin de la rue. A ceux qui fréquentent la ligne B du RER et se lassent de ses perturbations à répétition, faites l’école buissonnière. En venant du Sud, échappez-vous du train et de sa cohue, descendez à la station Gentilly, sortez de la gare et retournez-vous. Sous vos yeux, ce modeste bâtiment est un vrai petit bijou art déco construit par Louis Brachet en 1933.

Anne-Sophie Bellaiche

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