140 nouvelles usines en 2011

Après plusieurs années de recul et de stagnation, le redémarrage de l’investissement productif devrait se poursuivre l’an prochain.

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140 nouvelles usines en 2011

Alors, finie la crise ? Notre check-up 2011 de l’industrie française le confirme. Loin de nous l’idée d’enjoliver la réalité. En 2008, 2009 et 2010, de trop nombreuses réductions d’effectifs et fermetures d’entreprises, avec leurs lots de salariés contraints à des périodes de chômage plus ou moins longues, ont rythmé l’actualité économique et sociale. Depuis quelques mois, toutefois, ces réorganisations baissent d’intensité. Mieux, après avoir serré les boulons pendant la crise, les entreprises multiplient les… ouvertures d’usines. Jour après jour, la rubrique Le quotidien des usines, sur notre site www.usinenouvelle.com, rend compte de ces agrandissements, déménagements et autres créations de bâtiments industriels.

Notre réseau de correspondants régionaux a recensé près de 140 ouvertures d’usines en 2011. Depuis l’usine de cogénération électrique mise en service il y a quelques semaines par le suisse Alpiq, à Bayet (Allier), après un investissement de 300 millions d’euros, jusqu’à celle de LDC (Poulets de Loué), pour le conditionnement d’oeufs, à La Bazoge (Sarthe), qui a coûté plus modestement 8 millions d’euros. Créations ex-nihilo, regroupements d’unités de production sur un nouveau site, reprise de friches industrielles, construction à proximité de sites existants arrivés à saturation : une nouvelle usine ouvre, en moyenne, tous les deux jours et demi. Et l’on exclut volontairement de ce décompte les centres logistiques et les simples agrandissements.

sortie de crise

"L’industrie regagne du terrain." Ce titre qui introduisait, l’an dernier, notre radiographie de la France de l’industrie, pouvait paraître un brin provocateur, ou, pour le moins, exagéré. Il n’en était rien. La tendance du premier semestre 2010 s’est poursuivie: peu à peu, l’économie hexagonale est sortie de la crise. Au point que l’industrie manufacturière affichait même, à la fin du premier trimestre 2011, un solde net de 6000 créations d’emplois. Ce qui n’était plus arrivé depuis 1997… Les derniers indicateurs disponibles montrent que la conjoncture calamiteuse de la fin 2008 et du début 2009 ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir. Le taux d’utilisation des capacités de production est, désormais, proche de son niveau moyen de longue période.

Il n’est pas question, pour autant, de nier le recul historique de l’industrie française: de 1999 à 2008, la part du secteur manufacturier est tombée de 18,4% de la valeur ajoutée à 13,8%. Au cours des prochains mois, les candidats à l’élection présidentielle ne manqueront pas de proposer leurs remèdes à cette désindustrialisation qui laisse exsangues des territoires entiers, notamment dans le quart nord-est de l’Hexagone. En attendant, force est de constater que les deux grandes tendances qui se dessinaient l’an dernier –la bonne tenue des entreprises qui ont misé sur la conquête des marchés étrangers et la multiplication des investissements dans les différentes sources d’énergie–se confirment et expliquent, pour une large part, les mises en service de nouvelles unités de production.

S’il y a un secteur dans lequel les industriels jugent nécessaire d’augmenter leurs capacités pour profiter de la reprise et répondre aux besoins gigantesques des pays émergents, c’est bien sûr l’aéronautique. Dans plusieurs régions, ce secteur bat la mesure et veut du neuf ! Que ce soit en Île-de-France, en Midi-Pyrénées, dans les Pays de la Loire ou en Picardie, les succès d’Airbus, et, dans une moindre mesure, ceux d’Eurocopter, se traduisent par la construction de vastes bâtiments. L’ouverture de l’usine d’assemblage final de l’Airbus A350, à la fin de l’année, à Toulouse, témoigne de cette bonne santé. Daher, Turbomeca, Figeac Aéro et JCB Aéro, pour ne citer qu’eux, se dotent également de nouvelles unités.

Deux autres secteurs alimentent la chronique de ces ouvertures d’usines: l’agroalimentaire et les matériaux de construction. L’an dernier, déjà, le premier avait recommencé à investir à un rythme soutenu. Et ce, en dépit, de la concurrence sévère des entreprises allemandes, brésiliennes et néerlandaises. Cela reste plus que jamais vrai: les nouvelles usines ne sont pas toujours très spectaculaires. Que ce soit en Bretagne, en Rhône-Alpes ou en Auvergne-Limousin, il s’agit le plus souvent de petites unités très spécialisées. En Languedoc-Roussillon, Marco Polo Food va ainsi produire à Frontignan (Hérault) des sushis destinés aux restaurants et grandes surfaces du sud de la France et de l’Espagne.

Alors que dans la construction l’activité a entamé son redressement, les fabricants de matériaux réceptionnent de nouvelles unités, quand ils ne lancent pas de nouveaux programmes. Saint-Gobain Isover va ainsi doubler les capacités de son usine de laine minérale de Chemillé (Maine-et-Loire), inaugurée l’an dernier. Petite spécificité dans les Pays de la Loire, les industriels de la menuiserie sont lancés dans une course à l’accroissement de leurs capacités de production. Loin de faire le dos rond, la «vieille industrie» investit aussi. C’est vrai en Franche-Comté (métallurgie, jouet, transformation du bois) et en Lorraine (bois, chimie). Dans le Nord–Pas-de-Calais, une réindustrialisation est en même cours sur les cendres de la métallurgie grâce à une activité recyclage qui prospère.

Optimisme partagé

Loin de céder à un enthousiasme de mauvais aloi, notre dossier renvoie à la 53e enquête semestrielle de la banque publique Oséo sur la conjoncture des PME, dévoilée le 7 juillet. "L’investissement productif est nettement reparti, après plusieurs années de recul ou de stagnation, souligne Oséo. Ce redémarrage, qui est le plus prononcé dans le secteur manufacturier et dans les services aux entreprises, constitue sans doute le facteur le plus solide de la reprise économique actuelle." Cette consolidation de la reprise devrait se poursuivre en 2012, du moins si l’on en croit le "fort optimisme des entreprises innovantes et de celles bien implantées sur les marchés étrangers, appartenant le plus souvent à l’industrie et aux services aux entreprises". Puissent-elles dire vrai…

Retrouvez la liste complète de ces usines

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