13/11/2007; Airbus, Boeing, IBM, Cognos, Porsche, Suez, Rexel, Algeco...

Dubaï ; Airbus et Boeing en apesanteur ! IBM s'empare de Cognos. Porsche pulvérise les attentes des analystes. Suez veut prendre la bonne brise. Distribution électrique, Rexel assoie sa suprématie. Algeco met le cap à l'Ouest.

Partager

Dubaï ; Airbus et Boeing en apesanteur !
L'année 2007 sera sans doute le meilleur cru, en termes de commandes comme en termes de livraisons, pour les deux constructeurs. Le salon aéronautique dans l'émirat de Dubaï aura été le point d'orgue d'une année particulièrement fructueuse, affirment les Echos. Airbus tiendrait la corde, avec 1 280 commandes et engagements d'achats enregistrés depuis le début de l'année, dont 259 annoncés à Dubaï. Le précédent record de 1 110 commandes datait de 2005. Boeing suivrait de près avec 1 136 commandes, dont 163 annoncées lors du salon. Après la grosse annonce de la compagnie Emirates dimanche, le loueur d'avions local DAE Capital a confirmé une commande d'une centaine d'appareils pour l'avionneur européen (70 A320 et 30 A350). Le montant de ces achats atteindrait 13,5 milliards de dollars au prix catalogue. Mais le transporteur a également commandé une centaine d'avions au constructeur de Seattle ; 70 737 et 30 long-courriers (747, 787 et 777) pour une valeur quasiment égale. Ces contrats vont doper les ambitions des transporteurs dans l'émirat, de créer des opérateurs globaux, estime le Financial Times. Une compagnie low-cost récente, Air Arabia, a également commandé 34 A320 plus une quinzaine d'options, alors que Saudi Arabian Airlines a acheté pour la première fois une vingtaine de A320, les deux contrats représentant une valeur de 5,2 milliards. Au total, avec le gros porteur A380 acheté par l'homme d'affaires Al-Waleed, les annonces d'hier dépassent 34 milliards de dollars (près de 24 milliards d'euros). Les deux constructeurs devraient livrer entre 440 et 450 appareils chacun.

IBM s'empare de Cognos.
La consolidation bat son plein dans le secteur des éditeurs de logiciels. Quelques semaines seulement après le rachat du français Business Objects par l'allemand SAP, Big Blue a annoncé hier qu'il allait acquérir la firme canadienne Cognos, spécialiste de la « business intelligence », rapportent la Tribune et les Echos. L'offre, amicale selon IBM, est proposée en numéraire, à 58 dollars par titre Cognos, elle valoriserait ce dernier à 5 milliards de dollars. L'opération pourrait être bouclée au premier trimestre 2008. Le marché de l'édition de logiciels est en effervescence depuis plusieurs années, mais le mouvement s'est accéléré depuis 2007. Oracle a acheté Hyperion au début de l'année pour 3,3 milliards de dollars et a essayé de mettre la main il y a peu sur BEA Systems pour près de 7 milliards, mais sans succès pour le moment. SAP a, quant à lui, avalé Business Objects pour 4,8 milliards d'euros. IBM n'est pas un habitué de la croissance externe, pour autant, Cognos n'est pas un inconnu, c'est un partenaire commercial du numéro un mondial des services informatiques depuis 15 ans. Le canadien réalise un chiffre d'affaires de 1 milliard de dollars avec 4 000 salariés.

Porsche pulvérise les attentes des analystes.
Le constructeur automobile affiche un résultat net de plus de 4,2 milliards d'euros sur son dernier exercice, contre 1,39 milliard sur l'année précédente, surprenant les analystes qui tablait sur une progression d'un peu plus de 50 % à 2 milliards environ. Le bénéfice du fabricant du célèbre roadster 911, diversifié avec succès depuis quelques années dans le SUV de luxe (Cayenne) n'enregistre pourtant qu'une modeste progression de son chiffre d'affaires de 3,4 % à 7,4 milliards, avec 97 500 véhicules vendus. La bonne surprise provient de la participation de l'allemand dans son compatriote généraliste Volkswagen - il possède 30% du capital de la firme de Wolfsburg - dont le titre a doublé depuis le début de l'année, explique la Tribune. 3,6 milliards proviennent de ses options d'achats sur les titres VAG, 520 millions sont dus à la revalorisation de ceux-ci, enfin plus de 700 millions d'euros sont liés à la part des bénéfices du constructeur généraliste (22,5 % de participation à fin décembre). Porsche va sans doute maintenant pouvoir poursuivre sa montée dans le capital, puisque La Cour européenne de justice de Luxembourg a condamné il y a quelques semaines l'Allemagne pour sa « loi Volkswagen ». Cette législation permettait depuis les années soixante au Lander de Basse-Saxe et aux représentants des salariés de disposer d'une minorité de blocage.

Suez veut prendre la bonne brise.
Le groupe énergétique franco-belge est dans la dernière ligne droite pour acheter à l'espagnol Acciona 50 % du capital que ce dernier détient dans le Compagnie du Vent, une société éolienne française. Après un appel d'offre qui a attiré une trentaine de prétendants, Suez était resté seul en lice avec l'allemand RWE et a finalement emporté le morceau. Fondée en 1989, la Compagnie du Vent est basée à Montpellier, elle dispose d'une centaine de mégawatts de capacité éolienne installée et a enregistré un chiffre d'affaires de 11,3 millions d'euros avec 65 salariés. L'opération devrait coûter à Suez quelques 750 millions d'euros dette comprise, ce qui paraît fort cher, souligne les Echos. Pour autant, les perspectives de développement sont immenses et l'éolien est la seule énergie non polluante qui dispose de ressources éternelles et pourra donc produire une énergie bon marché, une fois les équipements amortis, précise Jean-Michel Germa, président de l'entreprise. Mais cette acquisition est intéressante à plus d'un titre pour le groupe dirigé par Gérard Mestrallet, qui a déjà acquis il y a un mois la firme éolienne canadienne Ventus ; il s'est engagé à offrir un « mix énergétique mondial à 40 % sans émission de carbone » grâce au nucléaire et aux renouvelables, éolien et hydroélectrique.

Distribution électrique, Rexel assoie sa suprématie.
Le néerlandais Hagemeyer, troisième acteur mondial dans la distribution spécialisée a finalement accepté l'offre du groupe français. Après une proposition à 4,60 euros par titre, qui suivait une offre de 4,25 euros de l'autre grand du secteur, Sonepar, Rexel aurait emporté la mise en montant à 4,85 euros par action. L'offre valorise le groupe batave à 3,16 milliards, soit 160 000 millions d'euros de plus. Le directoire et le conseil de surveillance de Hagemeyer recommanderaient ce projet d'offre, ont déclaré les deux entreprises dans un communiqué conjoint avec Sonepar. En effet, l'autre géant français reste partie prenante à l'accord, rappelle les Echos. Il apportera la participation d'un peu plus de 10 % qu'il possède dans le groupe néerlandais, en contrepartie de la cession à son profit de certaines de ses activités. Alors que le néerlandais avait frôlé de peu la faillite en 2003, son dépeçage va renforcer les deux leaders mondiaux. Les 6,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires de Hagemeyer se répartiraient à 60 % environ pour Rexel, qui se renforcerait en Europe et à 40 % pour Sonepar qui se développerait outre-Atlantique et dans la zone Asie-Pacifique, pronostique le Financial Times.

Algeco met le cap à l'Ouest.
Le leader européen de la construction modulaire a annoncé l'acquisition de l'américain Williams Scotsman, numéro un en Amérique du Nord, pour 1,5 milliard d'euros. Algeco deviendrait ainsi le plus grand opérateur mondial, loin devant ses concurrents, des acteurs essentiellement locaux, souligne le Figaro Economie. Avec cette dernière acquisition, le champion du préfabriqué sera présent dans 19 pays et devrait réaliser en 2007 un chiffre d'affaires de 1,2 milliard d'euros, pour un effectif de 5 200 personnes. Le groupe dirigé par Bruno Roqueplo va maintenant pouvoir se tourner vers l'Amérique du Sud, mais également vers la Chine et le Moyen-Orient. Après avoir triplé de taille en trois ans, le groupe créé au milieu des années cinquante en Bourgogne devra digérer son acquisition basée dans le Maryland. Le siège social devrait être transféré aux Etats-Unis et les deux marques seraient conservées. L'entreprise, qui ne se contente plus comme autrefois de livrer des boîtes, possède 330 000 modules en location. Il offre dorénavant toute une palette de services adaptée à chaque entreprise, qui peut comprendre la télésurveillance, l'air conditionné, du mobilier de bureau ou d'autres solutions comme les assurances.

Didier Ragu

A demain !

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS