12/12/2006 : Safran, Corus, Shell, Gazprom, RATP, chômage...

  • Un ancien ministre pour pacifier Safran
  • La bataille s'intensifie pour Corus
  • Shell lâche le contrôle de Sakhaline-2 à Gazprom
  • La RATP sur de bons rails ?
  • L'Insee voit le chômage baisser jusqu'aux élections
  • Partager

    Un ancien ministre pour pacifier Safran
    En annonçant, hier matin, s'être mis d'accord sur les conditions de départ de Mario Colaiacovo, président du conseil de surveillance, et Jean-Paul Béchat, président du directoire, l'État actionnaire s'est finalement décidé à siffler la fin de la bataille de chiffonniers qui opposait depuis des mois les deux patrons. « Il était temps ! », soupire l'éditorialiste de la Tribune. Mais, « pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps pour déclarer le match nul et renvoyer les deux lutteurs dans leur coin ? » Peut-être parce qu'aucun des deux rivaux ne voulait lâcher prise et qu'il était difficile de trouver une solution qui puisse satisfaire tout le monde. Des arguments qui ne tiennent pas, selon l'éditorialiste de la Tribune, puisque, dès le moment où l'État a pris ses responsabilités, le tout s'est réglé. Quoiqu'il en soit, l'essentiel est sauf. Mario Colaiacovo quittera ses fonctions le 15 janvier 2007 mais restera membre du conseil. Jean-Paul Béchat abandonnera la présidence du directoire, lorsqu'il aura 65 ans, le 2 septembre 2007. Le nouveau président du conseil de surveillance sera Francis Mer, l'ancien ministre de l'Economie et des Finances. Il aura pour objectif de mettre fin aux querelles intestines et surtout de parfaire une fusion qui n'a jamais été effective. Parce que le vrai problème de Safran est bien là. Réalisée il y a deux ans sous l'égide du ministre des Finances de l'époque, Nicolas Sarkozy, le mariage de Sagem et de la Snecma est considéré par beaucoup comme l'alliance « de la carpe et du lapin », rappelle le quotidien suisse le Temps. Bref, dès le départ, la pertinence de l'alliance échappait aux observateurs... Dans ce contexte, « le moindre des paradoxes n'est-il pas de voir l'État confier aujourd'hui à Francis Mer le soin de pacifier Safran ?, s'interroge l'éditorialiste des Echos. En effet, lorsqu'il était ministre de l'Économie, il avait bloqué le projet de fusion Snecma-Sagem. Comment va-t-il s'y prendre pour remettre sur de bons rails un groupe auquel il ne croyait pas il y a deux ans et demi ? »

    La bataille s'intensifie pour Corus
    Moins de 12 heures après une surenchère de 10 %, à 500 pence l'action Corus, l'indien Tata Steel s'est fait doubler par son concurrent brésilien, CSN, qui a proposé 515 pence. Loin d'être décontenancé, Corus, après avoir recommandé dimanche soir l'offre de Tata Steel, à 5,6 milliards de livres sterling, a changé son fusil d'épaule pour recommander lundi matin celle de CSN à 5,8 milliards, dette comprise. Peu importe la mariée donc, ce qui compte c'est la dot ! « C'est ce qu'on appelle faire monter les enchères », s'exclame les Echos. « Les actionnaires du sidérurgiste européen peuvent se frotter les mains », note de son côté le Figaro Économie. En un week-end, le titre du britannique a potentiellement gagné 13 % au gré des contre-offres et surenchères. « Tout en applaudissant des deux mains à la perspective d'une nouvelle appréciation de Corus, les marchés jugent élevés les prix proposés », rapporte la tribune. Néanmoins, dans un marché en pleine consolidation les sidérurgistes ont absolument besoin de grossir, quitte à y mettre le prix fort. Pour le Wall Street Journal, « la guerre pour s'offrir Corus montre comment la compétition pour les commodités s'est ouverte à des pays comme la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie... et combien les compagnies ont besoin de grandir ».

    Shell lâche le contrôle de Sakhaline-2 à Gazprom
    « La compagnie pétrolière Royal Dutch Shell et ses deux partenaires japonais ont cédé à la pression du gouvernement russe », révèle le Financial Times. Ils ont accepté de céder le contrôle du gigantesque projet pétrolier et gazier Sakhaline-2, situé en Extrême-Orient russe, à Gazprom, le géant gazier russe contrôlé par l'État. Selon des sources proches du dossier citées par le quotidien saumon, Shell qui possède 55 % du gisement serait prêt à descendre sa part à 25 %. Mitsui et Mitsubishi, les partenaires japonais, qui possèdent respectivement 25 et 20 % de Sakhaline-2, vont vendre 10 % chacun. Selon les analystes, si l'offre est acceptée, Gazprom pourrait payer 4 milliards de dollars pour s'offrir 50 % du gisement.
    Sakhaline-2, dont l'investissement total est de près de 22 milliards de dollars (16,6 milliards d'euros), est présenté comme le plus important investissement privé jamais réalisé au monde. Il vise à exporter par bateau à partir de l'été 2008 du gaz naturel liquéfié (GNL) depuis cette île au large de l'Extrême-Orient russe. Cet accord devrait être approuvé par Vladimir Poutine, qui souhaite contrôler les projets énergétique en Russie, via l'entreprise Gazprom.

    La RATP sur de bons rails ?
    A la tête de la RATP depuis l'été dernier, Pierre Mongin, l'ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin entend mettre l'entreprise sur de bons rails, en vue de l'arrivée de la concurrence. Dans une interview accordée aux Echos, il fixe ses priorités. « Mon ambition est de développer cette grande entreprise publique de transport collectif, qui est capable d'exporter son savoir-faire dans le monde entier », affirme-t-il. « Le contexte d'ouverture à la concurrence va nous permettre d'aborder plus facilement d'autres zones de développement, grâce à notre filiale RATP Développement ». Pour cela, « la RATP est prête à saisir toute opportunité de croissance externe ». En ce qui concerne le métrophérique (une ligne de métro qui entourerait Paris à 3 ou 6km du périphérique), Pierre Mongin chiffre le projet à 6 milliards d'euros, tout en précisant qu'il « pourrait faire l'objet de financements innovants comme les partenariats public-privé ».

    L'Insee voit le chômage baisser jusqu'aux élections
    « L'embellie sur le front de l'emploi devrait se poursuivre au cours des prochains mois », annonce la Tribune. Selon la note de conjoncture de l'Insee, le taux de chômage devrait continuer de baisser jusqu'en juin, pour atteindre le taux de 8,2 %, contre 8,8 % actuellement, soit son niveau mars 1983. « Au terme du deuxième mandat de Jacques Chirac, le chômage reviendrait, ainsi, au niveau qui était le sien au début du premier septennat de François Mitterrand, lorsque Pierre Mauroy était à Matignon », note les Echos. Le chef de l'État et son Premier ministre, Dominique de Villepin, qui avaient fait de l'emploi leur cheval de bataille, peuvent se frotter les mains. Cependant, cette embellie ne serait pas seulement à mettre au crédit de la politique de l'emploi du Premier ministre. « La baisse du chômage sera grandement faciliter par le ralentissement de la population active », estime les Echos. Par ailleurs, poursuit la Tribune, « ces prévisions très consensuelles sont fragiles. Une flambée du pétrole, une forte baisse du dollar par rapport à l'euro, consécutive à un ralentissement plus important que prévu de la croissance américaine, pourraient mettre en péril cet échafaudage économétrique ». Comme quoi rien n'est gagné...

    A demain avec Daniel !
    Bertrand Beauté

    Partager

    LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

    LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

    ARTICLES LES PLUS LUS