11 septembre : Osmos, PME au secours des bâtiments épargnés

Au lendemain de l'attentat du World Trade Center, à New York, le 11 septembre 2001, s'est posée la question de la solidité et de la résistance des immeubles alentours. L'entreprise française OSMOS a été sollicitée pour vérifier l'intégrité des constructions. Une expérience qui lui a valu d'équiper de nombreux ouvrages en Amérique du Nord.

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11 septembre : Osmos, PME au secours des bâtiments épargnés

L'intervention d'OSMOS sur le site de Ground Zero, à New York, tient aux effets collatéraux de l'effondrement des deux tours du World Trade Center. Si les immeubles environnants n'ont pas été directement touchés, ils ont au moins été sérieusement ébranlés par l'attentat. Et leur structure a donc été suffisamment affaiblie pour engendrer des risques d'effondrement.

Jusqu'à la fin du déblaiement, en 2003, Osmos, PME française de Courbevoie, est restée présente sur le site du 11 septembre. L'entreprise a en effet fourni la technologie qui a permis de surveiller l'intégrité et la solidité de plusieurs bâtiments à proximité immédiate des tours jumelles détruites.

Le système d'Osmos repose sur des capteurs à fibres optiques : lorsque la structure du bâtiment bouge ou se déforme, l'atténuation du signal transmis permet de détecter l'anomalie et de l'interpréter. Les édifices sont ainsi mis sous surveillance permanente.

Aussitôt après les attentats, Bernard Hodac, PDG de l'entreprise qui venait de démarrer, décide de proposer la technologie d'Osmos à la ville de New-York, sous la forme d'un don.

Après avoir vainement tenté de faire passer son offre par les autorités françaises, le responsable de la PME choisit d'y aller tout seul. "Je suis parti pour New-York, et j'ai fait du battage auprès des grands ingénieristes. Leur réaction a été positive et nous avons pu élaborer avec eux, dès le mois d'octobre, une proposition technique", se souvient Bernard Hodac.

Une incidence décisive sur l'activité d'Osmos

Plusieurs édifices sont alors équipés : l'immeuble American Express, touché par des débris, ou encore le Bankers Trust Building, dont une façade est percée d'un trou béant.

Ce succès lui a permis d'équiper ensuite plusieurs ouvrages aux Etats-Unis et au Canada. "Jusque-là, les Etats-Unis n'étaient pas notre priorité. Nous nous étions surtout développés en Europe (Allemagne et Espagne), et au Japon", rappelle Bernard Hodac.

Mais l'événement dramatique du 11 septembre a eu une incidence décisive sur l'activité d'Osmos, qui réalise aujourd'hui 30% de son chiffre d'affaires (estimé à 22 millions d'euros pour 2011) en Amérique du Nord. L'entreprise, qui créé sa filiale américaine dès 2003, a installé ses systèmes de surveillance sur des ponts ou des édifices publics jusqu'en Californie, dans le Massachussetts ou encore dans l'Oregon.

Et la France dans tout ça ? Osmos, dont l'activité est à 90% tournée vers l'export, affiche tout de même la satisfaction de se voir confier, entre autres, la surveillance de la gare Saint-Lazare, et du Palais-Bourbon. Quant au marché japonais, le contexte de l'après Fukushima est évidemment favorable au développement des systèmes de surveillance des édifices.

Pour l'heure, Bernard Hodac, s'envole pour New-York, car il est invité aux cérémonies de commémoration.

D'autres articles sur les conséquences du 11 septembre sur l'activité industrielle sont à découvrir dans notre dossier spécial.

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