Transports

11,9 milliards d’euros pour relancer l’investissement dans les transports

Arnaud Dumas , , , ,

Publié le

Le 11 septembre, la Commission européenne lance, auprès des Etats-membres, un appel à projets pour améliorer les infrastructures de transport transfrontalières. A la clé, une première enveloppe de 11,9 milliards d’euros à dépenser d’ici 2020.

11,9 milliards d’euros pour relancer l’investissement dans les transports © Poolie - Flickr - C.C.

La Commission européenne se met à la relance par les grands travaux. Elle lance, le 11 septembre 2014, un appel à projets de travaux d’infrastructures de transports auprès des Etats membres. Une enveloppe de 11,9 milliards d’euros sera mise à leur disposition pour les financer.

Il ne s’agit toutefois que de la première tranche d’une opération plus vaste. En tout, la Commission européenne prévoit de débloquer une enveloppe de 26 milliards d’euros de financement pour les travaux d’infrastructure de transport, pour la période 2014 à 2020. "Il s’agit du plus gros montant jamais alloué aux projets d’infrastructures de transport en Europe", explique Matthieu Bertrand, de la direction générale de la mobilité et des transports de la Commission européenne. Le budget de la période précédente n’était ainsi que de 8 milliards d’euros.

Relancer la croissance européenne

Ces grands projets devraient avant tout permettre de soutenir l’économie vacillante de l’Union européenne. "Le financement des infrastructures est envisagé comme un moyen de relancer la croissance en Europe, déclare Matthieu Bertrand. Il permettra également de construire des réseaux plus efficaces pour améliorer la compétitivité."

Bruxelles compte ainsi sur les travaux engagés pour créer de l’emploi, aussi bien direct qu’indirect. En se basant sur une étude américaine, la Commission estime qu’1 milliard d’euros dans des grands projets est susceptible de créer 18 000 emplois…

Les travaux concerneront tous les types de transport, routiers, aériens, ferroviaires, maritimes ou par voies navigables. Les projets devront par ailleurs être transfrontaliers et s’inscrire, pour la majorité d’entre eux, dans la stratégie européenne de développement de neuf grands axes de circulation permettant de relier chaque pays de manière plus fluide.

Forte augmentation des besoins de déplacement

Cette enveloppe répond à un besoin identifié de l’économie européenne, la Commission estimant les infrastructures de transport transfrontalières insuffisamment développées pour assurer les besoins futurs. Selon ses estimations, le transport de marchandises devrait croître de 80 % d’ici 2050 et le transport de passager de 50 %.

Cette première tranche de 11,9 milliards d’euros devrait être attribuée aux projets selon deux types de modalités. Il s’agira principalement de subventions, l’instrument bruxellois par excellence, qui seront décernées aux projets sélectionnés. Ces subventions viendront compléter des financements à la fois publics et privés.

Les project bonds éligibles

Bruxelles a par ailleurs décidé d’innover pour le financement de ces projets, en lançant les fameux "project bonds", ces instruments financiers qui ont fait l’objet d’âpres négociations entre les commissaires européens. Avec ces nouveaux instruments financiers, les porteurs de projets pourront aller chercher de l’argent sur les marchés obligataires internationaux en complément de leur apport en fonds propres, tout en bénéficiant d’une garantie de la Commission européenne pour réduire le risque de l’opération.

"Les marchés de capitaux ont des ressources mais ils n’investissaient plus dans les infrastructures car ils avaient besoin d’être rassurés", reprend Matthieu Bertrand. Cinq projets pilotes ont déjà été financés par ces project bonds ces derniers mois. "Le marché est donc ouvert, cela marché, il faut désormais le déployer", assure-t-il.

Pour cette première phase de financement, les Etats membres ont jusqu’au 26 février 2015 pour présenter leurs projets d’infrastructure de transport à la Commission européenne. Ceux-ci feront alors l’objet d’une évaluation jusqu’au mois de juin 2015 et les décisions de financement interviendront entre l’été et l’automne 2015.

La France et l’Allemagne devraient se placer en tête des pays qui recevront le plus de financement, les deux pays étant traversés par de nombreux axes de transport stratégiques. Selon la Commission européenne, la France détient l’un des plus gros portefeuilles de projets, ainsi qu’une bonne expérience des montages financiers.

Arnaud Dumas

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