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L'Usine Aéro

10 points clés pour comprendre la hausse inédite du budget des armées

Hassan Meddah ,

Publié le

Sur la période 2019-2025, la France compte investir dans ses armées et son industrie de défense près de 300 milliards d'euros. Dissuasion nucléaire, équipements conventionnels, renseignements et cyberdéfense... s'imposent comme les grandes priorités.

10 points clés pour comprendre la hausse inédite du budget des armées
L'Etat veut accélérer le rythme des livraisons de véhicules blindés comme le Griffon pour le transport de troupe (au milieu) et le Jaguar pour le combat (à droite), tous deux issus du programme Scorpion de modernisation de l'armée de terre.
© Nexter

Une hausse historique du budget de la Défense, après 20 ans de baisse continue des crédits militaires. Le projet de loi de programmation militaire (LPM) présenté au conseil des ministres le 8 février, préconise d'affecter près de 300 milliards d'euros au développement et au renforcement de notre outil de défense pour la période 2019-2025. Le président de la République Emmanuel Macron avait promis un effort "inédit et incomparable" pour la Défense à l'occasion de ses vœux aux armées exprimés le 19 janvier, il a tenu parole. Le budget atteindra ainsi une moyenne de 39,6 milliards d'euros par an sur les 5 premières années. Cela représente une augmentation de près de 23% par rapport au précédent exercice.

Cette hausse du budget va bénéficier d'abord aux militaires en améliorant leurs conditions d'exercice (formation, entraînement...) et leurs équipements (gilet pare-balles, treillis ignifugé...). 6000 embauches seront réalisées sur les sept prochaines années. Cette LPM rappelle plus que jamais le rôle stratégique de la dissuasion nucléaire dans la politique de défense tricolore. 37 milliards d'euros seront engloutis dans le renouvellement de ses deux composantes, océanique et aérienne.

Avec ce budget XXL, les industriels de l'armement récoltent une pluie de commandes. Parmi les achats confirmés: 4 sous-marins Barracuda, 8 frégates, 28 Rafale, 32 canons Caesar, des satellites espions...Au total, les commandes d'équipements conventionnels enregistrent une croissance de près de 35% par rapport au précédent exercice. Nexter, RTD, ThalesAirbus, Naval Group, MBDA tirent leur épingle du jeu bénéficiant soit d'une accélération de leur programme de livraisons soit de commandes en augmentation. L'approche du ministère se veut toutefois plus qualitative que quantitative. "Nous consacrons un effort massif en faveur du maintien en condition opérationnel des équipements. L'idée ce n'est pas d'avoir plus de matériel en parc mais d'avoir plus de matériel disponible" explique-t-on à l'hôtel de Brienne.

1/ Près de 300 milliards investis entre 2019 et 2025

Le budget des armées progresse de manière considérable, augmentant de 1,7 milliard d'euros chaque année à partir de 2019 et jusqu'en 2022 et ensuite de 3 milliards d'euros en 2023. Emmanuel Macron tient sa promesse de remonter l'effort de défense à 2% du PIB à l'horizon en 2025. Cela permet à la France de conserver son modèle d'armée complet et son ambition d'autonomie stratégique.

2/ Plus de 5 milliards par an pour la dissuasion nucléaire

Les travaux de renouvellement des deux composantes, océanique et aérienne, de la dissuasion nucléaire coûtent extrêmement cher, soit 37 milliards d'euros sur la période 2019-2025. Cela engloutit environ 12,5% du budget total des armées.

3/ 6 000 recrutements

La LPM qui jongle avec les milliards se veut également "à hauteur d'homme". L'objectif est de donner aux soldats les moyens de remplir leurs missions et d'améliorer leurs conditions d'exercices. Au programme: formation, préparation opérationnelle, accès aux équipements indispensables...et également achats d'équipements personnels (gilets pare-balles, treillis ignifugés...)

En 2025, le ministère emploiera 275 000 personnes.

4/ Un renfort de 1 000 cybercombattants

Le nombre de soldats spécialisés dans l'espace numérique sera porté de 3000 à 4000. 1,6 milliard d'euros seront investis en matière de cyberdéfense. Un effort sera également apporté en matière de renseignement avec le recrutement de 1500 spécialistes.

5/ 1 milliard pour les technologies de rupture

Le budget des études amont et de l'innovation va passer de 730 millions à 1 milliard d'euros par an en 2022. Cela permettra aux industriels de pouvoir notamment développer des démonstrateurs et des prototypes de systèmes d'armes pour évaluer le potentiel de nouvelles technologies de rupture.

6/ 1 milliard supplémentaire par an pour la disponibilité des équipements

La maintenance et la disponibilité technique du matériel militaire sont des priorités de la nouvelle LPM. Les méthodes et les outils de maintenance seront modernisés. La ministre des armées avait exprimé son mécontentement quant à la faible disponibilité des avions militaires.

7/ Accélération du carnet de commandes

Le remplacement des vieux VAB (véhicules de l'avant-blindé) de l'armée de terre va être accéléré. La moitié des nouveaux véhicules prévus dans le cadre du programme Scorpion seront livrés d'ici 2025. Avant cette annonce, Nexter avait informé qu'il renforcerait son programme d'embauche (soit 400 recrutements en 2018)  si les cadences de livraisons étaient accélérées. Par ailleurs, la commande d'avions ravitailleurs auprès d'Airbus est revue à la hausse passant de 12 à 15 appareils à livrer avant 2025. MBDA devra livrer 1950 missiles à moyenne portée d'ici 2025 soit 400 de plus qu'initialement prévu.

8/ 4 grands programmes d'armement au stade des études

La LPM va consacrer 1,8 milliard d'euros par an à la conception des futurs grands programmes d'armement. Parmi ceux-ci: le nouveau porte-avions successeur du Charles de Gaulle, le char lourd et les munitions du futur, le système de combat aérien du futur... Certains sont d'emblée envisagés en coopération, notamment avec l'Allemagne. Naval Group estime que ce type d'études lui permettra de conserver les compétences critiques dans le domaine de la propulsion nucléaire et de l'aviation des porte-avions. 

9/ Une LPM plus sincère

Le financement de cette LPM est basé sur des crédits budgétaires disponibles. Contrairement aux précédentes, elle ne repose pas sur des recettes exceptionnelles par définition incertaines aussi bien en termes de calendrier que de montant, comme le produit de cessions immobilières. Par ailleurs, les provisions pour les opérations extérieures et les missions intérieures sont passées de manière réaliste de 450 millions à 1,1 milliard d'euros en 2020.

 

10/ 200.000 personnes dans l'industrie de défense

L'industrie de l'armement est représentée par 10 grands groupes et 4 000 PME. Elle emploie environ 200.000 personnes, occupant pour la plupart des postes hautement qualifiés et difficilement délocalisables.

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