10/10/2007; Smoby-Majorette, Shenhua Energy, Sonepar, Rexel, OMV, Bombardier...

  • Smoby placé en redressement judiciaire.
  • Croissance mondiale moins élevée que prévue en 2008.
  • Un nouveau géant mondial de l'énergie.
  • Turbulence dans la distribution électrique.
  • Les équipementiers auto dégraissent encore.
  • Les am
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    Smoby placé en redressement judiciaire.
    Mauvaise nouvelle pour le Père Noël, le tribunal de commerce de Lons-le-Saunier a décidé hier le redressement pour le numéro un français du jouet, Smoby-Majorette, rapportent tous vos quotidiens. Le groupe plombé par une dette conséquente (plus de 276 millions d'euros) avait été placé au printemps dernier en procédure de sauvegarde, après avoir enregistré en 2006 une perte de 26 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 350 millions. Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur de la République qui estime que le repreneur MGA, qui avait racheté en mai dernier 52% du capital de l'entreprise dirigée par la famille Breuil, « n'était pas en mesure de présenter un plan de sauvegarde viable ». Les négociations de ce dernier avec les banques créancières pour rééchelonner la dette n'ont pas abouti. Devant une situation de quasi cessation de paiement, le repreneur américain a été obligé de verser près de 12 millions d'euros au groupe jurassien pour couvrir son fonds de roulement. Mais il a tardé à s'exécuter, entraînant des doutes sur sa crédibilité et le placement en redressement judiciaire. D'autres candidats devraient pouvoir se manifester et déposer un plan de continuation. Deuxième producteur de jouets en Europe, le groupe emploie au total 2 750 salariés dans le monde et 1 300 en France. Il possède huit sites de production en France, dont six sont situés dans l'Ain et le Jura. Au-delà du spectre du démantèlement, y-aura-t-il suffisamment de jouets pour Noël, s'interroge le Figaro ?

    Croissance mondiale moins élevée que prévue en 2008.
    Les économistes du Fonds monétaire international devraient ramener de 5,2 à 4,8% leurs prévisions de croissance mondiale pour l'année prochaine, estime les Echos. Rodrigo Rato, directeur du FMI, que va prochainement présider Dominique Strauss-Kahn, ne l'avait pas caché ; la crise financière de cet été, déclenchée par les crédits immobiliers risqués aux Etats-Unis (Subprime) devrait laisser des séquelles non négligeables. Dans un entretien au Financial Times de lundi, il avait laissé entendre que ces turbulences ne resteraient pas cantonnées à quelques lignes dans les comptes des établissements bancaires. Selon l'institution multilatérale, ce devrait être les Etats-Unis qui pâtiraient le plus de cette crise. Les prévisions de croissance de l'économie américaine passeraient à 1,9%, alors qu'au début de l'été elles étaient encore de 2,8%. Une sacrée correction qui n'atteint pas une telle ampleur dans la zone euro, où la progression du PIB pour 2008 passerait à 2,1 contre 2,5%. En revanche, l'économie chinoise, toujours très dynamique ne sera que très peu affectée, avec des perspectives tournant autour de 10% de croissance, soit presque autant que prévu il y a quelques mois.

    Un nouveau géant mondial de l'énergie.
    Alors que le gouvernement chinois a décidé de restructurer drastiquement son secteur houiller, fermant les mines les moins rentables et les centrales trop polluantes à la technique dépassée, un nouveau champion émerge en bourse. Les investisseurs chinois ont plébiscités l'introduction en bourse de Shenhua Energy, le plus gros producteur local de charbon. Son titre s'est apprécié hier de 87% au premier jour de sa cotation à Shanghai, valorisant l'entreprise 122 milliards de dollars et la faisant entrer dans le top 10 mondial. Le 1,8 milliard d'actions mises sur le marché (représentant 9% de son capital) a attiré des demandes totalisant 360 milliards de dollars. Les analystes s'accordent à reconnaitre la bonne complémentarité des activités du groupe, présent non seulement dans l'exploitation, avec des mines en Mongolie intérieure peu soufrées et d'accès facile, mais également dans les transports, lignes de chemin de fer, ports, ainsi que dans la production d'énergie, avec des centrales électriques dans le nord du pays. Le chinois a atteint une production de 136 millions de tonnes métriques l'année dernière, rappellent les Echos. Ce qui ne représente en fait que 6% de la production nationale largement éparpillée. Pour assainir le secteur, le gouvernement de Pékin souhaite faire émerger six ou huit leaders nationaux.

    Turbulence dans la distribution électrique.
    Alors que le français Rexel, ex-filiale du groupe Pinault et numéro un mondial du secteur, occupait le devant de la scène, avec notamment le rachat l'année dernière de la filiale de GE, GE Supply pour 2 milliards de dollars, c'est au tour de son challenger, plus discret, de se lancer dans la croissance externe. Sonepar, le groupe familial du nord de la France, issu du secteur textile et fondé en 1960, a annoncé son intention de lancer une offre sur un autre géant du secteur, relève les Echos. L'entreprise, toujours dirigée par une descendante de la famille Coisne, va déposer une offre en numéraire pour acquérir la totalité du capital du groupe néerlandais Hagemeyer. L'offre serait de 4,25 euros par titre et valoriserait le concurrent batave au minimum à 2,5 milliards d'euros. Si le projet aboutissait, Sonepar capterait plus de 6 milliards de chiffre d'affaires, qui s'ajouteraient aux quelques 9,45 milliards réalisés par l'entreprise en 2006. Mais son grand rival Rexel, numéro un mondial, avec 10,7 milliards de CA l'an dernier, pourrait être tenté de surenchérir pour mettre la main sur Hagemeyer. Les marchés ont pris toutes ces hypothèses au sérieux, faisant s'apprécier l'action du distributeur hollandais de 13,46% dans la seule journée d'hier.

    Les équipementiers auto dégraissent encore.
    Cinq milles emplois sont menacés dans ce secteur en 2007, affirme la Tribune. Alors que les ventes des usines françaises ont fléchi de plus de 4 % au premier semestre et que les perspectives ne sont pas roses pour le second, les effectifs de la filière pourraient tomber en dessous du seuil de 110 000 personnes d'ici à 2009, ce qui représente une perte de 8 000 à 9 000 emplois, poursuit le Figaro. C'est en tout cas ce qui ressort du bilan de la profession, présenté hier par Armand Batteux, le président de la Fiev (Fédération des équipementiers automobiles). Il constate que l'activité n'est toujours pas bonne et qu'il y a clairement un problème d'effectifs. Pourtant les salariés du secteur ont déjà reculé de 124 000 en 2005 à 118 000 à la fin 2006. Les équipementiers français pâtissent du recul des ventes des constructeurs hexagonaux, -7,2% sur les six premiers mois, mais la mauvaise conjoncture du secteur de l'automobile n'explique pas tout. Les groupes PSA et Renault se tournent de plus en plus vers des sous-traitants dans les pays à bas coûts. La stratégie des clients étrangers est souvent calquée sur le même modèle et le tassement du marché outre-Rhin n'arrange rien. Dernier avatar, des productions autrefois dédiées aux équipementiers sont rapatriées chez les constructeurs pour faire tourner les usines.

    Les ambitions austro-hongroises d'OMV.
    Le groupe énergétique autrichien OMV poursuit sa cour empressée auprès de son voisin magyar Mol, rappelle le Financial Times qui a interrogé les patrons des deux entreprises. Si pour Zsolt Hernadi, le dirigeant du groupe hongrois, il s'agit d'une attaque surprise, Wolfgang Ruttenstorfer, son homologue autrichien révèle que les deux entreprises discutent d'un rapprochement « depuis des années », depuis que le groupe autrichien a pris 9% de Mol en 2001. « La consolidation dans notre région est inévitable », insiste Ruttenstorfer. L'offre d'OMV est actuellement étudiée par la commission européenne qui vérifie la conformité des lois hongroises avec la législation européenne. L'OPA d'OMV a tellement choqué les parlementaires hongrois que gauche et droite se sont unis, un fait unique, pour voter (337-4) une loi favorisant la direction des entreprises face aux OPA hostiles. Bien que ne faisant pas référence officiellement à l'opération en cours, elle est déjà appelée populairement Lex Mol, note le quotidien saumon. Aujourd'hui OMV possède 20% de sa cible qui elle-même en contrôle 40%, les 40% restant étant sur le marché. Adepte du double langage, Zsolt Hernadi affirme au FT que « Mol n'est pas un champion hongrois » alors le groupe déclare dans des publicités télévisées « ce qui est bon pour Mol est bon pour la Hongrie ». « Etre la plus grosse compagnie de la région n'a pas d'intérêt en soi », affirme Hernadi, qui insiste sur la création de valeur pour les actionnaires. Il écarte également l'idée qu'une firme autrichienne puisse le racheter joue un rôle dans sa volonté de repousser l'offre d'OMV. Les autrichiens devraient se souvenir du proverbe régional « si vous voulez du lait, il n'y a pas besoin de posséder la vache », souligne-t-il.

    La SNCF prend le train de l'hybride.
    Le transporteur national vient de faire circuler la première rame hybride fonctionnant aussi bien à l'électricité qu'au gazole et pouvant changer de mode de propulsion sans s'arrêter, souligne le Figaro. Cette nouvelle technologie proposée par le groupe Bombardier, qui l'a baptisé « Bibi » pour bimode et bicourant permet de faire rouler des rames sur des voies qui ne sont pas entièrement électrifiées. C'est une première mondiale que présente le constructeur canadien, ce nouvel autorail évitera sur certaines lignes de faire descendre les passagers d'un train « électrique » pour embarquer dans une rame diesel. Elle permettra également d'émettre 20 à 25% de gaz à effet de serre en moins. En revanche, l'AGC hybride, qui peut transporter 200 passagers à 160 km/h est 10 à 25% plus cher qu'un autorail classique. La région Champagne-Ardenne a pourtant commandé huit rames pour un montant de 40 millions d'euros. Neuf autres régions françaises vont l'imiter, ce qui pourrait générer un contrat de 750 millions d'euros pour Bombardier, qui semble avoir une longueur d'avance sur ses concurrents, conclu le quotidien.


    Didier Ragu

    A demain !

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