10/10/06 : Airbus, Rusal, Sual, VW, Gazprom...

  • Airbus : Louis Gallois prend les commandes !
  • Russie : naissance du leader mondial de l'aluminium.
  • Gazprom fait cavalier seul !
  • VW fait sa loi dans le poids lourd !
  • L'argent du Lyonnais passe sous le nez de Bernard Tapie.
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    Airbus : Louis Gallois prend les commandes !

    Voilà, c'est fait ! Après un week-end de tractations, de rumeurs et de déclarations politiques, l'État français, le groupe Lagardère et DaimlerChrysler ont annoncé hier la démission du P-DG d'Airbus, Christian Streiff. Ce nouveau débarquement, à peine trois mois après ceux de Noël Forgeard et Gustav Humbert, est l'aboutissement des tensions apparues autour du plan de restructuration proposé par Christian Streiff.

    Pour le remplacer : Louis Gallois, l'actuel co-président exécutif d'EADS. A soixante-deux ans, l'ancien conducteur de la SNCF prendra les commandes d'Airbus, tout en conservant ses fonctions chez EADS. Ce nouveau changement de pilote s'accompagne d'une réorganisation des rôles dans la cabine d'EADS. Louis Gallois s'occupera exclusivement d'Airbus tandis que son homologue allemand, Thomas Enders, dirigera seul la totalité des autres activités : défense, espace, hélicoptère...

    Mais comment expliquer le départ de Christian Streiff, pourtant soutenu par Thierry Breton et Dominique de Villepin et alors que son plan de restructuration avait été finalement approuvé, mardi dernier ? Pour Libération, « c'est le paradoxe de cette troublante histoire. Car si Streiff est parti, ses recommandations, elles, ont été adoptées ». Néanmoins, pour l'éditorialiste de la Tribune, « le président démissionnaire d'Airbus a commis une erreur de pilotage fatale. D'un strict point de vue industriel, sa restructuration était présentable. Sa seule faille -mais quelle faille !- était de ne faire aucun cas des susceptibilités managériales et nationales des deux côtés du Rhin et de se présenter comme un tout à prendre ou à laisser ». Finalement, ils ont laissé.

    Russie : naissance du leader mondial de l'aluminium.
    « La naissance du nouveau leader de l'aluminium était attendue depuis plusieurs semaines », rappelle les Echos. Mais, cette fois ça y est ! Le faire-part a été envoyé juste après l'officialisation du mariage entre les producteurs russes d'aluminium Rusal et Sual, auquel le conglomérat suisse Glencore se joint en apportant ses actifs dans le secteur. Un mariage à trois donc qui va donner un géant.

    Baptisé « United Company Rusal », le nouvel ensemble va détrôner l'américain Alcoa de la première place mondiale avec une production annuelle de 3,9 millions de tonnes (Mt) d'aluminium et 10,6Mt d'alumine, contre respectivement 3,6 Mt et 8,9Mt pour Alcoa.

    « Le Kremlin, qui voulait à tout prix s'offrir "son" champion métallurgique globale, peut être satisfait », souligne la Tribune dans une enquête consacrée au sujet. « Il faut dire, poursuit le quotidien, que Vladimir Poutine n'a pas hésité à faire pression sur les actionnaires réticents (notamment ceux de Sual) pour accélérer les négociations ». Pour le nouveau-né, la prochaine étape est une intronisation en Bourse après la finalisation, le 1er avril de l'accord signé hier. Une cotation donnerait à UCR les moyens de moderniser un outil industriel parfois vieillissant ou de faire des acquisitions. Reste que, relève les Echos en guise de conclusion, « l'opération n'est guère qu'un retour au passé. A savoir la réunification d'un secteur qui avait été éclaté par les privatisations de Boris Eltsine ».

    Gazprom fait cavalier seul !
    « A la surprise générale », selon la Tribune, Alexeï Miller, le patron de Gazprom, a déclaré hier sur la chaîne de télévision russe que Gazprom développerait seul Chtokman, le plus gros gisement gazier du monde. A l'origine, Gazprom cherchait des partenaires pour partager le poids du financement et pour avoir accès à la technologie du gaz naturel liquéfié (GNL). Mais le géant russe n'aurait pas « pu trouver de partenaire offrant les termes qui nous conviennent ».

    « C'est un nouveau coup dur pour les compagnies pétrolières occidentales en Russie », note les Echos. "Nouveau" parce que : « Après les menaces d'annulation des licences d'exploitation des compagnies étrangères sur de Skhaline 2 et de Kovykta, Chtokman risque d'être le troisième méga-gisement à passer au nez et à la barbe des multinationales occidentales des hydrocarbures », explique le Figaro Économie. Pour la Tribune, c'est « une gifle pour les américains Chevron et ConocoPhilips, les norvégiens Norsk Hydro et Statoil et le français Total, tous candidats au colossal projet ».
    Dans ce contexte, « cette annonce montre la détermination du Kremlin à ce que les compagnies russes développent et exploitent elle-même les réserves énergétiques du pays », explique le Financial Times. Même son de cloche chez le Wall Street Journal pour qui « le Kremlin intensifie son control sur les secteurs du gaz et du pétrole et accroit sa politique nationaliste en matière d'énergie ». Une politique qui « ne va pas améliorer l'envie des entreprises internationales d'investir en Russie », conclut les Echos.

    VW fait sa loi dans le poids lourd !
    « La raison du plus fort est souvent la meilleure », rappelle le Figaro Économie. Et de fait, cet adage prend toute sa force dans le domaine des poids lourds. MAN, le constructeur allemand a décidé hier de retirer son OPA de 9,6 milliards d'euros sur son concurrent Scania. En procédant ainsi, il favorise la solution à l'amiable préconisée dès le début par le groupe Volkswagen qui contrôlerait le nouvel ensemble. VW a donné quatre semaines à MAN et à Scania pour s'entendre. Après quoi, en cas d'échec, le groupe allemand, qui est actionnaire de MAN à 15 % et de Scania à 34 % se ralliera à l'offre publique d'achat hostile de MAN, expliquent les Echos et le Financial Times. Reste désormais à connaitre la position de la famille Wallenberg, qui détient directement ou indirectement 29 % de Scania.

    L'argent du Lyonnais passe sous le nez de Bernard Tapie.
    « La Cour de cassation renvoie Bernard Tapie dans les cordes », annonce Libération. La plus haute juridiction du pays a cassé l'arrêt de la cour d'appel condamnant le CDR à payer 135 millions d'euros aux liquidateurs du groupe Tapie. Dans quelques mois, la cour d'appel devra donc statuer à nouveau (avec d'autres magistrats), en reprenant l'affaire de zéro et en tenant compte de l'éclairage de la Cour de cassation. Cette dernière a estimé « qu'aucune faute n'est en l'état caractérisée à l'encontre de la SBDO et du Crédit Lyonnais », alors que la cours d'appel avait estimé que le Crédit lyonnais avait failli à son obligation de loyauté en n'informant pas l'ex-homme d'affaires des projets de reprise d'Adidas par Robert-Louis Dreyfus. « Après plus de dix ans de contentieux, la satisfaction est naturellement de mise du côté du Consortium de réalisation (CDR) », note les Echos. Côté Tapie, l'étonnement est en revanche de mise. Et pour cause, « juridiquement imparable, la décision de la Cour de cassation est économiquement douteuse », conclut Libération.

    A demain avec Didier !
    Bertrand Beauté


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