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1 milliard de francs pour Kourou

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SPATIAL

1 milliard de francs pour Kourou

Le centre spatial de Guyane s'adapte pour augmenter les cadences de production et de lancement des fusées Ariane 5.



Branle-bas de combat sur la base de Kourou ! Pour suivre l'évolution du marché des activités spatiales, les cadences de production de fusées Ariane 5 devront passer de six à huit par an d'ici à 2000, puis atteindre dix ou douze en 2003. Or les infrastructures actuelles n'y suffiront pas. Une fois retombée l'explosion de joie après la réussite, le 21 octobre, du dernier vol de qualification d'Ariane 5 (avant l'exploitation commerciale), le centre spatial a donc retroussé ses manches pour accélérer les travaux d'extension. D'autant que la phase d'exploitation de la fusée européenne a pris du retard, après l'échec du premier vol de qualification, en 1996. Environ 1 milliard de francs servira à construire de nouvelles installations d'ici à deux ou trois ans. Les deux tiers de cet investissement concerneront la zone des propulseurs, avec les extensions de l'Usine de propergol de Guyane (UPG), où les deux segments principaux des propulseurs sont chargés en combustible, et celle du Bâtiment d'intégration propulseur (BIP), où les boosters sont assemblés. Les moyens d'accueil et de préparation de satellites devront aussi augmenter afin d'assurer le plan de charge d'Ariane 5 en 2003. Ainsi, 350 millions de francs serviront, d'ici à la fin de 2000, à la construction d'un nouvel Ensemble de préparation des charges utiles (EPCU), constitué de deux bâtiments de remplissage d'ergol et d'un bâtiment d'intégration des satellites. Comme de coutume, l'Agence spatiale européenne (ESA) a confié au Cnes de Toulouse (sous-direction du sol-SDS) la maîtrise d'oeuvre des travaux. Mais c'est le groupement européen Arianespace, et non plus l'ESA, qui financera cet investissement. Toutefois, Arianespace négocie afin que l'ESA accepte d'en financer une partie. Ce changement de mains pourrait influer sur l'attribution des contrats. " Jusqu'ici, la règle du juste retour aux industriels en fonction du financement de chaque pays a été appliquée ", explique Michel Mirambeau, sous-directeur du Cnes-SDS, d'où émanent les appels d'offres. Mais la répartition pourrait évoluer, dans la mesure où Arianespace assure pour l'instant la totalité du financement.

De nouveaux industriels consultés

D'ores et déjà, certains travaux ont démarré. Ainsi, la société Nofrayane réalise un bâtiment de stockage pour la production en attente de l'UPG, dont les travaux se termineront en avril 1999. Cette filiale de l'allemand Holzmann achève également la première extension, et les travaux de sécurisation, du Bâtiment d'intégration propulseur (BIP), soit 20 millions de francs, de même qu'un Bâtiment de stockage des étages (BSE) capable d'accueillir quatre propulseurs à propergol, pour 50 millions. Le choix réitéré de cette société allemande pourrait surprendre. Mais Michel Mirambeau s'en explique : " Quand les montants de travaux sont faibles, ce sont souvent les sociétés présentes localement, telle Nofrayane, qui l'emportent. Au-delà de 50 millions de francs, les industriels se déplacent plus facilement. Voilà pourquoi nous avons consulté plus largement pour l'EPCU. "

Résultat de l'appel d'offres à la mi-janvier

La préconsultation, pour cet Ensemble de préparation des charges utiles, a déjà eu lieu. Six groupes se sont portés candidats au poste de mandataire : Dumez-GTM (Suez-Lyonnaise des eaux), Campenon-Bernard (SGE, Vivendi), l'allemand Mannesmann, Entreprise de travaux publics de l'Ouest (qui a déjà travaillé en Guyane), Bouygues et, de nouveau, Nofrayane. Le résultat de l'appel d'offres, tout juste lancé, sera connu mi-janvier. Ces investissements industriels vont de pair avec des travaux de génie civil, en partie attribués à un groupement de terrassiers locaux. Quant à l'adaptation de certains ouvrages à l'évolution d'Ariane 5, pour la mise en orbite de charges de 10 à 11 tonnes en 2005, contre 6 tonnes aujourd'hui, elle demandera par la suite environ 300 millions de francs d'investissement supplémentaire.



Les travaux à lancer avant 2000

1. Extension de l'Usine de propergol de Guyane (UPG), de fin 1999 à fin 2000 : Troisième bâtiment de malaxage. Deuxième bâtiment de coulée (180 millions).

2. Extension de l'Ensemble de préparation des charges utiles (EPCU), de mi-1999 à fin 2000 : Deux bâtiments de remplissage d'ergol (combustible) et un bâtiment d'intégration des satellites (environ 350 millions).

3. Seconde extension du Bâtiment d'intégration propulseurs (BIP), de mi-2000 à mi-2001 : Cellule de préparation de segments, zone d'outillage... (plus de 40 millions).
 

 

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