1 400 milliards de dollars : les pertes des compagnies minières et pétrolières

Malgré la bonne tenue des prix du pétrole et des minerais, les grands de la mine et de l'énergie subissent une sévère correction boursière.

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1 400 milliards de dollars : les pertes des compagnies minières et pétrolières
En moins de deux mois, le numéro un mondial des mines et métaux, l'australo-britannique BHP Billiton a vu sa capitalisation boursière perdre 27,2% de sa valeur pour retomber à 199,42 milliards de dollars. Une baisse moindre cependant que ses suivants immédiats, le brésilien Vale (-30,4% à 150,53 milliards) et l'autre australo-britannique, Rio Tinto (144,27 milliards).

Parmi les grands mineurs diversifiés le britannique Anglo American et l'anglo-suisse Xstrata résistent un peu mieux, perdant respectivement 26,3% et 20,5% de leur valeur la plus élevée. En revanche, le producteur de charbon chinois Shenhua, qui s'était immiscé parmi les grands à la faveur d'une introduction partielle de son capital, toujours contrôlé majoritairement par l'Etat, plonge de 65,4% à 77,37 milliards de dollars. Globalement, a calculé Barry Sergeant, de Mineweb, la capitalisation combinée des 20 plus grosses sociétés minières a reculé de 26,2%, entrainant un recul de 542 milliards de dollars pour ne plus valoir « que » 1 224,2 milliards.

Les compagnies pétrolières chutent de moitié

La chute a été plus rude pour les valeurs pétrolières. Les 20 plus importantes sociétés cotées de ce secteur ont perdu 846 milliards, soit en pourcentage 23,1%, légèrement moins que les minières. Le numéro un de l'énergie, Exxon Mobil résiste particulièrement bien n'enregistrant que 16,9% de recul. Entrainés par la chute de la bourse de Shanghai, les sociétés pétrolières chinoises perdent toutefois la moitié de leur capitalisation, PetroChina voit 53,1% de sa valeur s'envoler en fumée alors que Sinopec ne fait guère mieux avec une perte de 47,9%.

Paradoxalement les producteurs de zinc ou de nickel ont subi de fortes corrections en raison de la chute des cours de ces deux non-ferreux, mais les pétroliers voyaient également leur valeur boursière effritée malgré l'envol des cours du pétrole. Une contradiction apparente, car la hausse des prix de l'énergie et des métaux impacte lourdement les coûts de production des producteurs de matières premières. Ces derniers ont également subi les conséquences de la crise du crédit qui a sensiblement renchéri les coûts des investissements dans les nouveaux projets.

De plus, les menaces d'un ralentissement global de l'économie, qui n'affecterait pas seulement les économies des grands pays industriels mais aussi les grands pays émergents, pourraient entrainer une baisse de la demande. Enfin, estime Barry Sergeant, une part notable des investissements délaisse les sociétés productrices pour se tourner vers les nouveaux instruments d'investissement, dont le sous-jacent est une commodité.

Daniel Krajka

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