06/11/06 : Alstom, Bombardier, Novartis, Schneider, Vivendi, KKR...

  • Transilien : la signature suspendue !
  • Novartis va construire un centre de R&D en Chine.
  • APC : Schneider cherchait-il à se protéger ?
  • Vivendi repousse les approches de KKR.
  • Europe : black-out total évité.
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    Transilien : la signature suspendue !
    La guérilla qui oppose Alstom et Bombardier pour l'attribution de l'énorme contrat des trains Transilien, s'aiguille vers une résolution judicaire. Alors que le groupe canadien venait de remporter l'appel d'offre de la SNCF, son concurrent français a déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris, jeudi 2 novembre, ce qui risque d'entraîner des retards dans la mise en service des 172 rames commandées fermes pour 1,85 milliard d'euros, livrables fin 2009 et 2015. Alstom soupçonne Bombardier d'avoir profité de contrats au Canada, attribués sans appel d'offres pour casser les prix sur les autres marchés. « Seul constructeur ferroviaire canadien, Bombardier n'hésite pas à jouer le patriotisme économique pour obtenir des contrats sans passer par la procédure habituelle d'appel d'offres », juge la Tribune. Suite au recours déposé, le juge du référé précontractuel a ordonné le 31 octobre un différé de signature jusqu'au 20 novembre. D'ici là une audience contradictoire aura lieu le 16 novembre pour permettre au juge de trancher pour l'une des deux parties. Dans les quinze jours qui suivent, un des deux protagonistes pourra se pourvoir en cassation de l'ordonnance du juge, devant le Conseil d'État. Selon les Echos, « cette éventuelle, mais probable, nouvelle procédure pourrait prolonger de quelques semaines encore la guérilla judiciaire lancée par les dirigeants d'Alstom, furieux d'avoir perdu ce contrat auprès de la SNCF ».

    Novartis va construire un centre de R&D en Chine.
    Le laboratoire Novartis devrait annoncer aujourd'hui sa décision de construire un centre de recherche et de mise au point de nouveau médicament, à Shanghai, pour 100 millions de dollars. « Le groupe suisse va ainsi devenir l'une des premières grosses compagnies pharmaceutiques à conduire des recherches fondamentales en Chine », note le Financial Times. Certes, « d'autres multinationales de la pharmacie comme le danois Novo Nordisk en 2002, puis Roche ou encore Ely Lilly et Pfizer ont déjà annoncé l'ouverture d'implantations en Chine », rappelle les Echos. Mais, « peu de groupes s'avouent prêts à y faire de la recherche pharmaceutique de base », rapporte le quotidien. Les groupes pharmaceutiques, peu rassurés sur la protection de leur propriété intellectuelle en Chine, préfèrent se cantonner à y faire seulement de la recherche clinique. A l'inverse, le centre de Novartis, fort de ses 400 employés prévus en 2008, sera consacrée à la mise au point de traitements contre les cancers d'origines infectieuses, particulièrement présents en Chine. Reste que la recherche n'est pas le seul motif de cette implantation. « Construire des centres de recherche en Chine ne se fait pas uniquement pour profiter d'une recherche ?low cost?, confirme le Wall Street Journal. Elle se fait également pour aider les compagnies à établir des relations avec les chercheurs locaux et les officiels du gouvernement, qui peuvent aider lors de l'introduction d'un nouveau médicament sur le marché chinois. »

    APC : Schneider cherchait-il à se protéger ?
    Lorsque Schneider a annoncé le rachat d'American Power Conversion (APC) la semaine dernière, son directeur Jean-Pascal Tricoire, expliquait qu'il s'agissait « d'un mouvement stratégique pour sa compagnie ». « Ce qu'il na pas dit, en revanche, c'est que le mois dernier Schneider avait refusé une offre de 20 milliards d'euros (25,4 milliards de dollars) émanant de trois firmes de private-equity », confie le Wall Street Journal. Dans ce contexte, « si la prise de controle d'APC avait un mérite stratégique, c'était également un mouvement défensif pour protéger Schneider contre d'autres approches », souligne le quotidien, citant une personne proche du dossier. Parmi les fonds qui auraient approché Schneider se trouverait PAI Partners et Kohlberg Kravis Roberts (KKR). Un porte-parole de Schneider a catégoriquement réfuté avoir eu des discussions avec des fonds d'investissement concernant une éventuelle prise de contrôle privé de Schneider Electric.

    Vivendi repousse les approches de KKR.
    « Canal +, SFR Universal Music et Maroc Telecom ne changeront pas tout de suite de propriétaire », constate le Figaro Économie. Ce week-end, Vivendi a annoncé avoir repoussé une nouvelle proposition de rachat émanant du fonds d'investissement américain Kohlberg Kravis Roberts (KKR). Déjà en mai dernier, une offre de Sebastian Holdings à 38,6 milliards d'euros, n'avait pas abouti. Cette fois, aidé des banques, JP Morgan et Citigroup, KKR était prêt à mettre 40 milliards d'euros sur la table pour s'offrir Vivendi. « Soit la plus grosse opération jamais montée par un fonds », confie Libération. Alors, « pourquoi cet échec qui daterait de fin octobre », s'interroge les Echos. Selon la Tribune, après des discussions très approfondies, « l'opération a été considérée par KKR comme n'étant pas faisable en raison des montants en jeu, de la complexité juridique et fiscale de Vivendi et donc du peu de marge financière du montage ». Côté Vivendi, on a une autre explication : « un LBO aurait créé une dette gigantesque (de l'ordre de 30 milliards d'euros) qui aurait absorbé l'essentiel des cash-flows futurs, ne laissant rien aux investisseurs », note les Echos. « Vivendi ne serait finalement pas ?LBO-compatible? ? », interroge la Tribune. En tous cas, conclut le Figaro, « chez Vivendi, la direction peut se féliciter du message subliminal de cet ?échec? : même par un géant comme KKR, Vivendi n'est pas rachetable ».

    Europe : black-out total évité.
    Samedi 22h15, tout s'éteint. Dix millions de personnes en Allemagne, en France, en Grande-Bretagne, en Italie, en Espagne et au Portugal sont plongées dans le noir le plus total. L'UE connait sa plus grande panne d'électricité depuis trente ans. Et cela aurait pu être pire : « L'Europe a frôlé la panne d'électricité du siècle », titre le Figaro Économie. Le problème a pour origine un incident survenu en Allemagne sur le réseau de l'opérateur allemand EON lors de l'arrêt d'une ligne très haute tension pour permettre le passage d'un bateau sur la rivière d'Ems. La surconsommation, liée à la chute des températures, aurait amplifié le phénomène. Résultat : un déséquilibre sur tout le réseau européen. Très vite des systèmes automatiques ont alors déclenché des coupures de courant ciblées dans d'autres pays européen afin de dégager des capacités de production vers l'Allemagne. « Des millions d'européens ont ainsi découvert, probablement avec stupeur, qu'un ordinateur peut décider seul de plonger la moitié de l'Europe dans le noir », souligne l'éditorialiste de la Tribune. Plus grave : cette « panne géante fragilise l'Europe de l'électricité », titre les Echos. « C'est la fin d'un mythe : celui de la surcapacité électrique européenne », poursuit le Figaro. Selon le quotidien, « faute d'investissement, l'offre est trop faible face à la demande » et « il faudrait dépenser plus de 1 600 milliards d'euros pour éviter un grand krach ». Comment en est-on arrivé là ? « Trop occupés à la consolidation du secteur, les grands opérateurs ont négligé les investissements en infrastructures », explique encore le Fig. « Il ne manquait plus que ça pour écorner un peu plus l'image de cette Europe en qui beaucoup veulent voir la source de tous leurs maux », conclut l'éditorialiste des Echos.

    A demain !
    Bertrand Beauté

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