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L’industrie parapétrolière
française en 2000
(Extrait
de "l'Industrie pétrolière en 2000" )
Généralités
Les compagnies pétrolières
détiennent des droits miniers et mettent en œuvre des installations
industrielles leur permettant d’explorer, de produire, de transformer
et de transporter les hydrocarbures. En fait, elles ne réalisent
que rarement elles-mêmes les importants travaux entrepris dans le
cadre de leurs programmes d’investissement ou d’exploitation de ces installations
: elles interviennent le plus souvent en maîtrise d’ouvrage faisant
appel à un ensemble de sous-traitants pour des travaux d’ingénierie,
la fourniture d’équipements ou des prestations de services, métiers
le plus souvent à fort contenu technologique. L’ensemble des sociétés
(de la PME à la multinationale) qui interviennent sur ces marchés
forment l’industrie parapétrolière et paragazière
que nous appellerons dans la suite, par commodité, industrie parapétrolière.
Essentiellement
américaine à l'origine, l'industrie parapétrolière
s'est très vite développée en France, malgré
un domaine minier relativement restreint et une production pétrolière
marginale à l'échelle mondiale. De fait, depuis la dernière
guerre, l'industrie française a su participer à plusieurs
grandes aventures de l'histoire des hydrocarbures : Lacq (développement
d'un gisement de gaz acide dans le sud-ouest de la France) et le Sahara
dans les années 50, le golfe de Guinée dans les années
60, le fort développement de l'industrie du raffinage dans les
années 60 - 70, la mer du Nord dans les années 70 - 80,
dotant ainsi la France d'une industrie parapétrolière performante,
capable de répondre aux défis les plus variés.
On compte
aujourd'hui en France plus de 400 entreprises qui jouent ainsi un rôle
actif dans la fourniture de services ou d'équipements pétroliers
ou gaziers dans les domaines de l'exploration-production, du raffinage
et de la pétrochimie.
L'industrie
parapétrolière française regroupe des sociétés
appartenant à des secteurs d'activité très variés
et, de ce fait, ne constitue pas une branche reconnue par la Comptabilité
Nationale. Pour décrire cette industrie et suivre son évolution,
on ne peut donc s'appuyer sur aucune statistique officielle. Cette absence
de statistique a conduit, dès 1978, le CEP&M (Comité
d'Études Pétrolières et Marines), le GEP (Groupement
des Entreprises Parapétrolières et Paragazières)
et l’IFP (Institut Français du Pétrole), à lancer
une enquête annuelle d'envergure nationale, touchant l'essentiel
de la profession et d'où sont tirées la plupart des données
chiffrées reprises ci-après. Ces données n’étant
publiées qu’au mois d’octobre de l’année suivante, la majorité
des données globales, internationales et françaises, reprises
dans le texte ci-après sont relatives à l’année 1999.
Une estimation des résultats de 2000, basée sur l’évolution
du marché, est toutefois fournie.
Le
secteur parapétrolier Français
Le
parapétrolier français représente environ 50 000
emplois directs. Une dizaine de sociétés réalise
les deux tiers du chiffre d’affaires du secteur (chiffre d’affaires individuel
généralement supérieur à 1 GF) et les 35 premières
couvrent 97 % de l’activité. En marge de ces sociétés
qui assurent l’essentiel du marché, il convient de noter qu’il
existe, en particulier pour la fourniture d’équipements, un nombre
très important de petites et moyennes entreprises qui contribuent
elles aussi au maintien de la forte présence française sur
le marché parapétrolier international.
Malgré
la faiblesse de ses réserves d’hydrocarbures, la France se positionne
en 4ème position sur l’échiquier parapétrolier
international, derrière les Etats-Unis, la Norvège et
le Royaume-Uni qui possèdent des marchés nationaux captifs.
En termes d’exportations la France se situe en 2ème
position, juste derrière les Etats-Unis.
La
conjoncture internationale
L’évolution
des investissements des compagnies pétrolières en exploration-production
…
L’année
1999 aura marqué un recul de 20 % des investissements en exploration-production
dans l’ensemble des régions du monde pour se situer à un
niveau de 90 G$ en raison du niveau bas du prix du pétrole tout
au long de l’année 98 et début 99. L’année 99 aura
donc marqué la fin du cycle de croissance entamé en 1995.
A partir de mars 99, à la suite de la décision de l’OPEP,
respectée par ses membres, de réduire sa production de pétrole
de 1,7 Mb/j, les cours du brut se sont redressés progressivement
pour atteindre des sommets à la mi-2000, que l’on n’avait plus
observés depuis la guerre du Golfe.Cette envolée des prix
du baril a eu des conséquences sur l’activité pétrolière
mondiale.
En
2000, les investissements mondiaux en exploration-production sont
de nouveau orientés à la hausse de près de 12 %
pour atteindre 100 G$. Cette reprise des investissements est due à
l’évolution des prix du pétrole et à l’augmentation
de la demande pétrolière mondiale qui a été
portée par la croissance. Compte tenu de l’évolution des
prix du pétrole cette progression aurait pu être plus importante.
En effet, la prudence des opérateurs, quant à la pérennité
de l’équilibre des marchés pétroliers , et les
fusions-acquisitions ont eu un impact négatif sur les investissements.
Cependant,
la relance des efforts en amont de la chaîne pétrolière
devrait connaître des disparités régionales importantes :
en Amérique du Nord la croissance devrait être de 21 % ,
la mer du Nord pourrait en revanche connaître une nouvelle année
de repli (- 15 %) tandis que dans le reste du monde, la progression
est très soutenue en Amérique du Sud (+ 22 %), région
qui s’ouvre fortement aux investissements des compagnies internationales.
Au Moyen Orient la relance des investissements devrait rester limitée
dans la mesure où des dispositions politiques et réglementaires
interdisent, pour l'instant, les investissements en exploration-production
dans trois des principaux pays pétroliers : l’Arabie Saoudite,
l’Irak et le Koweit.

…les conséquences de ces investissements en exploration production
sur le secteur parapétrolier
Avec
une chute de 4% par rapport à 1998 pour atteindre 71,5 GF, l’année
1999 aura été très difficile pour l’industrie
parapétrolière en raison de la réduction des investissements
des compagnies pétrolières dans le secteur amont. Pour
l’offshore, le C.A. 1999 s’élève à 23,5 GF,
soit 10 % de moins qu’en 1998. Néanmoins ce segment représente
toujours 33 % de l’activité parapétrolière française,
valeur comparable à celle des deux années précédentes.
Cette
réduction intervient après plusieurs années de croissance.
En effet, alors qu’entre 1992 et 1994, le chiffre d'affaires de l'industrie
parapétrolière française est demeuré stable
autour de 45 GF, dès 1995, le secteur a connu une forte progression
sous l'impulsion d'une reprise générale de l'activité
pétrolière amont. Le taux de croissance a ainsi doublé
chaque année, atteignant respectivement 6, 12 et 23 % en 1995,
1996 et 1997. En 1998, cet essor s'était ralenti avec une progression
de 14 %.

Des
changements significatifs sont intervenus en 1999 quant à la répartition
géographique du chiffre d’affaire. Jusqu’à présent
l’Europe de l’Ouest, avec la mer du Nord, était la zone de prédilection
de l’industrie parapétrolière française avec plus
du tiers de l’activité. En 1999, elle passe en seconde position
(avec 25,5 % de l’activité) au profit de l’Afrique qui représente
31 % des ventes. Les entreprises parapétrolières françaises,
historiquement déjà bien implantées dans la région,
ont su tirer parti des importants développements en cours dans
l’offshore profond du golfe de Guinée.
L’Asie
perd nettement de son importance et ne représente plus que 5 %
des ventes des sociétés parapétrolières françaises
en 1999, contre 13,5 % en 1998. Cette réduction du chiffre
d’affaire est la
conséquence
de la crise qui a touché cette région et réduit fortement
les investissements.
Le Moyen-Orient
devient la 3e zone d’activité avec 18 %
du total ; l’importance de l’Amérique du Sud reste similaire
à celle de l’année précédente, soit à
11 %.
La part
de l’Amérique du Nord reste très modeste, avec une part
de 4,5 %, et témoigne de la difficulté des sociétés
de l’hexagone à pénétrer ce marché très
concurrentiel.
Enfin,
notons aussi qu’en Europe de l’Est, la présence française
encore très réduite à hauteur de 5 %, traduit
vraisemblablement des retards dans le développement des projets
et aussi la forte concurrence des sociétés américaines.

En
2000 la reprise devra attendre le second semestre…2001 devrait être
très favorable
Pour
2000, le C.A. des entreprises parapétrolières françaises
devrait aussi progresser parallèlement aux investissements mondiaux
en exploration-production mais aussi en raison de l’évolution du
taux de change Euro / dollars, il devrait se situer entre 75 et 77 GF,
soit un niveau record jamais atteint jusqu’à présent.
Toutefois
il faut souligner que le marché des services pétroliers
se compose de plusieurs segments susceptibles de se développer
à des vitesses différentes en fonction des priorités
des compagnies clientes. La reprise au cours de l’année 2000 devrait
donc être étalée dans le temps en fonction des différents
secteurs. L’activité de forage serait fortement orientée
à la hausse au niveau mondial (+30%), les États-Unis et
le Canada devraient être les moteurs de cette reprise. Les secteurs
de la géophysique et de la construction offshore ne bénéficient
pas aussi rapidement de la hausse des prix du brut et connaîtront
un premier semestre difficile. Pour ces secteurs le changement de tendance
ne se fera sentir qu’au second semestre 2000 et l’année 2001 s’annonce
excellente. En 2000, l'activité offshore devrait connaître
une croissance comparable à celle du secteur dans sa globalité,
avec un C.A. qui devrait être compris entre 25 et 27 GF.
En
2001, les compagnies pétrolières devraient tirer parti
des importants bénéfices réalisés au cours
de l’année 2000 pour investir sur des projets courts termes comme
le forage mais aussi sur des projets plus longs terme liés à
l’exploration (sismique notamment).
Revue
de l’activité au sein des différents secteurs
La
sismique
Après
avoir bien résisté, en 1998, à l’effondrement des
prix du brut, l’activité de géophysique a connu, en 1999,
une baisse de 19 % au niveau mondial. Toutefois, cette évolution
a été très contrastée entre l’activité
terrestre et marine. En effet, le nombre d’unités opérant
en onshore en 1999 a diminué de 24 % contre 4 % seulement pour
celles qui sont intervenues en mer. Dans le secteur marin, les
sociétés de géophysique ont en effet réalisé
des campagnes spéculatives en grande quantité afin de maintenir
un certain niveau d’activité de leur flotte.
Pour
2000, l’analyse des huit premiers mois ne met pas en évidence
de signe de reprise significative. Le nombre d’équipes sismiques
actives a enregistré une nouvelle baisse de 15 % par rapport
à la même période l’année précédente.
Le repli étant maintenant beaucoup plus marqué en mer (-26
%) qu’à terre (-11 %). Cette situation peut s’expliquer par les
raisons suivantes :
- les compagnies
pétrolières n’ont pas augmenté de manière
significative leurs investissements au premier semestre, hors Amérique
du Nord, dans l’attente d’une clarification de la situation au niveau
de l’équilibre entre l’offre et la demande pétrolières
mondiales. De plus, ces dépenses de capital ont plutôt
été dédiées au développement de
champs déjà identifiés qu’à l’exploration
de nouvelles zones ;
- en mer, 1998
et 1999 ont été marquées par l’arrivée
sur le marché de nouveaux bateaux toujours plus performants.
De ce fait, avec la forte proportion de campagnes spéculatives,
une grande quantité de données sont aujourd’hui disponibles
sur le marché de la sismique marine. Par conséquent
un certain nombre de navires sont désarmés et les opérateurs
pétroliers vont devoir écouler une partie des bibliothèques
actuellement disponibles avant que l'acquisition marine retrouve son
dynamisme.
Cependant,
on a observé en juin mais surtout en juillet, une inversion de
tendance notamment sous l’impulsion de l’activité terrestre au
Moyen-Orient et en Asie, qui devrait conduire à une amélioration
progressive du secteur, au second semestre. En revanche, la sismique marine
semble devoir attendre 2001 pour une reprise d’activité.
Le
forage
À
la différence de 1998, où les États-Unis et le Canada
avaient concentré à eux seuls l’essentiel de la baisse,
on a constaté, en 1999, une contraction du marché du forage
dans l’ensemble des régions du monde. Elle a même été
plus forte dans le reste du monde (-23 %) qu’en Amérique du Nord
(-15 %), où l’activité s’est redressée en fin
d’année.
Pour
2000, la situation devrait évoluer positivement et l’on prévoit
un rebond spectaculaire en Amérique du Nord (+35 %) et une reprise
plus nuancée dans le reste du monde (+7 %). Au total le nombre
de puits forés dans le monde en 2000 pourrait augmenter de 30 %
pour atteindre 46 000 unités.
En ce
qui concerne spécifiquement le forage offshore, le taux
d’utilisation des équipements de forage en mer a reculé
de 92 % en moyenne en 1998 à 74 % en 1999 en raison de la conjonction
d’une baisse de la demande mais également d’une progression de
l’offre. En effet, après 15 années passées à
retirer des appareils du marché, on a vu en 1999 une hausse du
parc à la suite de la vague de construction de nouveaux rigs entamée
en 1996. Cette situation a conduit à une forte érosion des
taux de location que ce soit pour les supports de forage ou les semi-submersibles,
quelle que soit la région du monde.
En 2000,
le taux d’utilisation mondial reprend des couleurs sous l’impulsion d’une
demande soutenue dans le golfe du Mexique pour des supports flottants
pour très grandes profondeurs. Globalement, le taux d’utilisation
des équipements offshore devrait connaître une amélioration
dans l’ensemble des zones géographiques pour atteindre en moyenne
au niveau mondial 80 à 82 % en 2000 contre 74 % en 1999.
La
construction d’équipements de production offshore
L’activité
d’ingénierie et de construction des installations de production
se situe au bout de la chaîne pétrolière amont. Elle
réagit aux investissements en exploration production avec un certain
décalage par rapport à la géophysique ou au forage.
Ainsi en 1998, en dépit du contre-choc pétrolier, le nombre
de plates-formes ou de modules sous-marins construits a été
élevé. En effet, les décisions d’investissements
sur les projets avaient été effectuées pour l’essentiel
en 1996/1997, avant la baisse des prix du brut, et n’ont pas été
remis en question.
En
1999, la situation a été complètement différente
et on a observé un repli significatif du nombre de plates-formes
fixes ou flottantes construites (- 30 %) ainsi que du nombre
de modules sous-marins (- 40 %), conséquence de la contraction
des investissements des opérateurs. D’un point de vue géographique,
les zones les plus affectées ont été le Moyen-Orient
(- 60 %), l’Europe de l’Ouest (- 49 %), l’Amérique
du Nord (- 32 %) et l’Asie (- 32 %).
Pour
2000, l’analyse des sept premiers mois de l’année ne laisse
pas entrevoir d’amélioration de la conjoncture. On devrait même
enregistrer une nouvelle baisse de 15 % des équipements de
production. Les régions qui ont connu, en 1999, un repli important
ne connaîtront pas de nouvelle contraction en 2000. Seule, l’Amérique
latine sera affectée cette année.
Même
si ce secteur industriel ne bénéficie pas de la reprise
des dépenses d’exploration-production des compagnies pétrolières
en 2000, on note tout de même un point positif : depuis fin
1999, les appels d’offres lancés par les opérateurs sont
en augmentation. Ainsi, les carnets de commandes commencent tout doucement
à se reconstituer à l’aide de contrats de faible taille.
Parallèlement, des décisions d’investissements sur des projets
très importants en offshore profond sont en attente et pourraient
aboutir également de manière positive dans les mois à
venir.
Ces éléments
conduisent donc à l’optimisme pour l’année 2001 qui devrait
marquer le retour à la croissance de ce domaine d’activité.

Source
IFP

La
poursuite des restructurations et consolidations au sein du secteur parapétrolier
français
Le secteur
des compagnies de service est nettement plus fragmenté que celui
des compagnies pétrolières qui a connu des fusions majeures.
Derrière les trois acteurs géants américains (Halliburton,
Schlumberger et Baker Hughes) le secteur est composé de sociétés
de tailles moyennes ou petites qui face à la forte concentration
du marché, se sont engagées dans des programmes de restructuration
et consolidation.
En
1998, le secteur parapétrolier français était
resté à l’écart de la vague de fusions-acquisition
qui avait touché le secteur au niveau mondial avec notamment le
rachat de Western Atlas par Baker Hugues, la fusion entre Dresser et Halliburton
ou encore l’acquisition de Camco par Schlumberger. En revanche dès
1999 le mouvement de restructuration débutait au sein du parapétrolier
français. Technip changeait de dimension lors de l’acquisition
de deux filiales du groupe Allemand Mannesman (Division Raffinage et Pétrochimie
et de la majeure partie de la Division Energie et environnement). Bouygues
Offshore renforçait son ingénierie avec le rachat de Kvaerner
Process (redevenu Sofresid) et la prise de participation majoritaire dans
Doris Engineering. CGG renforçait son pôle équipement
avec l’acquisition de la société américaine Geoscience-Syntron
et enfin GTM vendait sa filiale offshore au norvégien Stolt Comex
Seaway pour constituer la compagnie Stolt Offshore.
Au
cours de l’année 2000, l’industrie parapétrolière
aura continué à se renforcer avec des opérations
majeures concernant Technip, Coflexip, CGG et Stolt Offshore.
Au printemps
2000, Technip devenait le premier actionnaire de Coflexip Stena Offshore
(CSO) après l’acquisition de l’ensemble des titres Coflexip Stena
Offshore (CSO) détenus directement et indirectement par Stena International
BV. Avec un peu moins de 30 % du capital, Technip devient donc le
premier actionnaire de CSO. Avec un chiffre d’affaire de 4 milliards de
dollars, Technip-CSO se positionne parmi les leaders du secteur parapétrolier
mondial, juste derrière les trois géants que sont Halliburton-Dresser
(15 G$), Schlumberger (7,5 G$) et Baker Hughes-Western Atlas (5G$). Ce
rapprochement devrait ouvrir de larges possibilités commerciales
et industrielles aux deux groupes, tout particulièrement dans le
domaine des grands contrats intégrés de développement
des champs pétroliers offshore, qui nécessiteront, à
la fois les compétences de CSO dans les services et produits sous-marins
et les capacités de gestion de grands projets et d’ingénierie
de Technip.
En octobre
2000, le groupe Coflexip Stena Offshore change de taille en faisant
l’acquisition de la division Mer profonde du groupe norvégien Aker
maritime. La division rachetée construit des tours ou des plates
formes de forage semi-submersibles. Avec cette prise de contrôle,
Coflexip ne se contente donc plus d'être un spécialiste de
la fabrication et
de la pose de conduites flexibles sous marines. Il élargit sa gamme
dans la fabrication d'unité flottantes de production d'hydrocarbures.
Coflexip accède ainsi à un marché qu'il estime à
19 milliard de dollars en 2000 contre 3 à 4 milliards de dollars
pour son marché jusqu’alors. Au 31 décembre 1999, le chiffre
d'affaires du nouvel ensemble aurait représenté environ
1,6 milliard de dollars US (12,5 milliards de francs), pour un effectif
de 6700 personnes. Cette transaction permet au Groupe Coflexip Stena Offshore
de renforcer sa position tant du point de vue technique que géographique.
Sur le plan technologique la Division Mer Profonde et la technologie des
tours semi-submersibles de forage et de production, complète la
gamme de solutions sous-marines de CSO. Sur le plan géographique,
l’implantation de la Division Mer Profonde dans le golfe du Mexique, et
ses capacités d'accès aux marchés de l'Afrique de
l'Ouest et de la mer Caspienne, viennent compléter l'implantation
de CSO en mer du Nord, au Brésil, en Afrique de l'Ouest et en Asie-Pacifique.
Pour
CGG l’année aura été marquée par de nombreuses
opérations : la vente de Flagship à Paradigm Geophysical,
l’acquisition de Mark Products, le rachat des parts de Louis Dreyfus Armateurs
dans CGG Marine et enfin le rachat des actifs de Aker Geo qui lui confère
une nouvelle dimension en acquisition marine.
En
juillet 2000, CGG vend la division Flagship, spécialisée
dans la commercialisation de logiciels d’interprétation et de caractérisation
de réservoir (Integral Plus et Stratimagic), à Paradigm
Geophysical qui est un fournisseur de logiciels de géosciences
et de services à l’industrie pétrolière. En août
2000, CGG fait l’acquisition de Mark Products (géophones, hydrophones,
câbles et connecteurs) via sa filiale Sercel. Cette acquisition
vient compléter l’offre de Sercel dans les systèmes d’acquisition
terrestre et marine et permet à la CGG d’offrir à l’industrie
la gamme la plus large d’équipements pour l’acquisition sismique
terrestre, marine et en zone de transition. En octobre 2000, CGG
rachète à la société Louis Dreyfus Armateurs
(LDA), les parts qu’il ne détenait pas encore dans CGG Marine.
Cette opération permet à la CGG : de reprendre le contrôle
d’une activité centrale et lui permet de s’affranchir des problèmes
de disponibilités de navires et de moderniser sa flotte avec la
transformation du " Mistral " . En octobre
2000 également, CGG fait l’acquisition de deux navires sismiques
haut de gamme l’" Amadeus " et le " Symphony "
auprès de la société parapétrolière
Norvégienne Aker maritime. Cette opération permet à
CGG d’accroître sa flotte pour atteindre une masse critique avec
six bateaux. Ainsi CGG consolide fortement sa position dans le secteur
de la sismique marine sur lequel ne se retrouvent plus que quatre intervenants :
Geco Prakla (18 bateaux, 132 streamers) ; PGS (8 bateaux, 72 streamers) ;
CGG (6 bateaux, 50 streamers) ; Veritas DGC (4 bateaux, 26 streamers).
En
décembre 2000, Stolt Offshore prend une participation majoritaire
dans la société Paragon et renforce ainsi la capacité
de design engineering du groupe.
Paragon
Engineering est une société de taille moyenne basée
à Houston disposant de compétence en process, topsides,
pipelines à terre et en mer, activités sous marines et management
de la construction. Cette prise de participation a conduit à la
naissance de Paragon Europe basée à Nanterre.
Au
delà de ces opérations de nombreux autres évènements
sont venus marquer la vie des sociétés françaises
en 2000.
Dans
le domaine des équipements sismiques terrestres et marins Sercel
a connu un succès commercial remarquable avec le 408UL, plus de
80 systèmes d’acquisition terrestre ont été vendus.
Durant
l'exercice 2000, DORIS a poursuivi dans de bonnes conditions son
développement dans les axes stratégiques. En Offshore
classique DORIS a été chargée par plusieurs
opérateurs, de travaux d'ingénierie de base, et a aussi
collaboré avec des entrepreneurs pour des projets de topsides et
pipelines, en particulier sur des champs opérés par TotalFinaElf
et SHELL en Iran. En Offshore profond DORIS a en charge,
dans le cadre d'AMG, l'ingénierie des risers et flowlines du projet-phare
de Girassol. Une société a été créée
à Houston avec BOS : DORIS Inc., qui doit proposer aux clients
basés aux USA les compétences acquises en Afrique de l'Ouest.
Concernant les zones Arctique la société poursuit
sa collaboration avec le Groupement GBA pour le champ de Terra Nova, et
regarde avec intérêt les nouveaux développements qui
doivent être lancés prochainement dans l'Est canadien. Enfin
dans le cadre d’une diversification la société
a continué ses travaux d'ingénierie côtière,
en particulier comme Maître d'Oeuvre pour le projet de la Digue
flottante de la Condamine (Monaco) en cours de réalisation.
Au cours
d'une année caractérisée par le début de la
reprise des investissements des sociétés pétrolières,
ISIS, holding industriel dont l'Institut Français du Pétrole
est l'actionnaire majoritaire, a fait part de sa volonté d'accroître
significativement les mouvements de son portefeuille. Ceci s'est concrétisé
par des investissements dans quatre sociétés nouvelles,
dont deux start-up : GeoNet, fournisseur de logiciels sur réseau
dans le domaine de l'énergie et Diamant Drilling Services, fabricant
d'outils de forage diamantés. Les deux autres opérations
relèvent du capital développement : Airmeex, spécialisée
dans les équipements de filtration des gaz d'échappement
des moteurs diesel et CTI, qui développe et produit des céramiques
techniques liées à l'environnement. De plus, ISIS a porté
à 48,5 % sa participation dans Novasep, fournisseur de procédés
et d'équipements de séparation pour les industries pharmaceutique
et chimique.
La DCN
a livré les plateformes " Sedco-Express " (fin
juin) et " Sedco Energy " (fin juillet) à Transocean
Sedco Forex. En raison des essais par le client des équipements
dits " OFE " (Owner furnished equipment) qu’il a fournis
et installé en propre ces deux plateformes ont quitté
la rade de Brest respectivement en octobre et en décembre 2000.
En septembre 2000, les statuts du groupement " Brest Offshore "
(Bastide, DCN International, SNEF, SOBRENA, SPT maritime et industriel)
ont été déposés.
Pour
Bureau Veritas dont les activités du secteur parapétrolier
sont rassemblées au sein de la business line énergie et
industrie de procédés suite à la mise en place en
1999 de sa nouvelle organisation par division marchés, l’année
2000 aura été marquée par de nombreuses classifications
ou certifications de développement. On retiendra notamment la classification
de la Barge FPSO pour Elf Girassol (Angola), la certification des développements
phase 2 et 3 de South Pars par TotalFinaElf en Iran, de plates-formes
offshore pour Elf Petroland en Hollande, du développement de Wenchang
en Chine pour CNOOC.
Au cours
de l’année 2000 BEICIP FRANLAB aura développé
son activité qui s’articulent autour
de deux grands pôles : l’exploration Production (conseils/études
et vente de logiciels) et projets industriels (raffinage, transport et
utilisation des hydrocarbures, gaz , environnement. Le secteur des logiciels
aura connu une évolution favorable : le simulateur de réservoir
Athos confirme ses qualités dans le domaine des gisements fracturés,
le modèle Themispack, confirme sa place de numéro un mondial.
Les études d’exploration-production se sont développées,
en particulier au Venezuela, en Algérie et au Moyen-Orient (Arabie
Saoudite ; Emirats Arabes Unis). Ce développement place BEICIP-FRANLAB
parmi les premiers consultant internationaux pour l’étude des champs
fracturés carbonatés. En exploration, on peut souligner
le développement des études de modélisation des systèmes
pétroliers réalisés pour les grands opérateurs
internationaux en particulier dans l’offshore profond (Golfe du Mexique,
Afrique de l’Ouest, Mer du Nord). L’activité de conseil/études
dans le domaine des projets industriels s’est particulièrement
développée en Ex URSS. On peut citer l’audit des projets
de développements gaziers au Kazakhstan pour le compte d’opérateurs
internationaux, des études de faisabilité concernant des
projets de développement de champs de pétrole et de raffinerie
en Sibérie, et des audits environnementaux dans différents
pays.
© Ministère de l'Économie,
des Finances et de l'Industrie, 22/11/2001
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