L’industrie parapétrolière française en 2000

 (Extrait de "l'Industrie pétrolière en 2000" )

Généralités

Les compagnies pétrolières détiennent des droits miniers et mettent en œuvre des installations industrielles leur permettant d’explorer, de produire, de transformer et de transporter les hydrocarbures. En fait, elles ne réalisent que rarement elles-mêmes les importants travaux entrepris dans le cadre de leurs programmes d’investissement ou d’exploitation de ces installations : elles interviennent le plus souvent en maîtrise d’ouvrage faisant appel à un ensemble de sous-traitants pour des travaux d’ingénierie, la fourniture d’équipements ou des prestations de services, métiers le plus souvent à fort contenu technologique. L’ensemble des sociétés (de la PME à la multinationale) qui interviennent sur ces marchés forment l’industrie parapétrolière et paragazière que nous appellerons dans la suite, par commodité, industrie parapétrolière.

Essentiellement américaine à l'origine, l'industrie parapétrolière s'est très vite développée en France, malgré un domaine minier relativement restreint et une production pétrolière marginale à l'échelle mondiale. De fait, depuis la dernière guerre, l'industrie française a su participer à plusieurs grandes aventures de l'histoire des hydrocarbures : Lacq (développement d'un gisement de gaz acide dans le sud-ouest de la France) et le Sahara dans les années 50, le golfe de Guinée dans les années 60, le fort développement de l'industrie du raffinage dans les années 60 - 70, la mer du Nord dans les années 70 - 80, dotant ainsi la France d'une industrie parapétrolière performante, capable de répondre aux défis les plus variés.

On compte aujourd'hui en France plus de 400 entreprises qui jouent ainsi un rôle actif dans la fourniture de services ou d'équipements pétroliers ou gaziers dans les domaines de l'exploration-production, du raffinage et de la pétrochimie.

L'industrie parapétrolière française regroupe des sociétés appartenant à des secteurs d'activité très variés et, de ce fait, ne constitue pas une branche reconnue par la Comptabilité Nationale. Pour décrire cette industrie et suivre son évolution, on ne peut donc s'appuyer sur aucune statistique officielle. Cette absence de statistique a conduit, dès 1978, le CEP&M (Comité d'Études Pétrolières et Marines), le GEP (Groupement des Entreprises Parapétrolières et Paragazières) et l’IFP (Institut Français du Pétrole), à lancer une enquête annuelle d'envergure nationale, touchant l'essentiel de la profession et d'où sont tirées la plupart des données chiffrées reprises ci-après. Ces données n’étant publiées qu’au mois d’octobre de l’année suivante, la majorité des données globales, internationales et françaises, reprises dans le texte ci-après sont relatives à l’année 1999. Une estimation des résultats de 2000, basée sur l’évolution du marché, est toutefois fournie.

Le secteur parapétrolier Français

Le parapétrolier français représente environ 50 000 emplois directs. Une dizaine de sociétés réalise les deux tiers du chiffre d’affaires du secteur (chiffre d’affaires individuel généralement supérieur à 1 GF) et les 35 premières couvrent 97 % de l’activité. En marge de ces sociétés qui assurent l’essentiel du marché, il convient de noter qu’il existe, en particulier pour la fourniture d’équipements, un nombre très important de petites et moyennes entreprises qui contribuent elles aussi au maintien de la forte présence française sur le marché parapétrolier international.

Malgré la faiblesse de ses réserves d’hydrocarbures, la France se positionne en 4ème position sur l’échiquier parapétrolier international, derrière les Etats-Unis, la Norvège et le Royaume-Uni qui possèdent des marchés nationaux captifs. En termes d’exportations la France se situe en 2ème position, juste derrière les Etats-Unis.

La conjoncture internationale

L’évolution des investissements des compagnies pétrolières en exploration-production …

L’année 1999 aura marqué un recul de 20 % des investissements en exploration-production dans l’ensemble des régions du monde pour se situer à un niveau de 90 G$ en raison du niveau bas du prix du pétrole tout au long de l’année 98 et début 99. L’année 99 aura donc marqué la fin du cycle de croissance entamé en 1995. A partir de mars 99, à la suite de la décision de l’OPEP, respectée par ses membres, de réduire sa production de pétrole de 1,7 Mb/j, les cours du brut se sont redressés progressivement pour atteindre des sommets à la mi-2000, que l’on n’avait plus observés depuis la guerre du Golfe.Cette envolée des prix du baril a eu des conséquences sur l’activité pétrolière mondiale.

En 2000, les investissements mondiaux en exploration-production sont de nouveau orientés à la hausse de près de 12 % pour atteindre 100 G$. Cette reprise des investissements est due à l’évolution des prix du pétrole et à l’augmentation de la demande pétrolière mondiale qui a été portée par la croissance. Compte tenu de l’évolution des prix du pétrole cette progression aurait pu être plus importante. En effet, la prudence des opérateurs, quant à la pérennité de l’équilibre des marchés pétroliers , et les fusions-acquisitions ont eu un impact négatif sur les investissements.

Cependant, la relance des efforts en amont de la chaîne pétrolière devrait connaître des disparités régionales importantes : en Amérique du Nord la croissance devrait être de 21 % , la mer du Nord pourrait en revanche connaître une nouvelle année de repli (- 15 %) tandis que dans le reste du monde, la progression est très soutenue en Amérique du Sud (+ 22 %), région qui s’ouvre fortement aux investissements des compagnies internationales. Au Moyen Orient la relance des investissements devrait rester limitée dans la mesure où des dispositions politiques et réglementaires interdisent, pour l'instant, les investissements en exploration-production dans trois des principaux pays pétroliers : l’Arabie Saoudite, l’Irak et le Koweit.


…les conséquences de ces investissements en exploration production sur le secteur parapétrolier

Avec une chute de 4% par rapport à 1998 pour atteindre 71,5 GF, l’année 1999 aura été très difficile pour l’industrie parapétrolière en raison de la réduction des investissements des compagnies pétrolières dans le secteur amont. Pour l’offshore, le C.A. 1999 s’élève à 23,5 GF, soit 10 % de moins qu’en 1998. Néanmoins ce segment représente toujours 33 % de l’activité parapétrolière française, valeur comparable à celle des deux années précédentes.

Cette réduction intervient après plusieurs années de croissance. En effet, alors qu’entre 1992 et 1994, le chiffre d'affaires de l'industrie parapétrolière française est demeuré stable autour de 45 GF, dès 1995, le secteur a connu une forte progression sous l'impulsion d'une reprise générale de l'activité pétrolière amont. Le taux de croissance a ainsi doublé chaque année, atteignant respectivement 6, 12 et 23 % en 1995, 1996 et 1997. En 1998, cet essor s'était ralenti avec une progression de 14 %.

Des changements significatifs sont intervenus en 1999 quant à la répartition géographique du chiffre d’affaire. Jusqu’à présent l’Europe de l’Ouest, avec la mer du Nord, était la zone de prédilection de l’industrie parapétrolière française avec plus du tiers de l’activité. En 1999, elle passe en seconde position (avec 25,5 % de l’activité) au profit de l’Afrique qui représente 31 % des ventes. Les entreprises parapétrolières françaises, historiquement déjà bien implantées dans la région, ont su tirer parti des importants développements en cours dans l’offshore profond du golfe de Guinée.

L’Asie perd nettement de son importance et ne représente plus que 5 % des ventes des sociétés parapétrolières françaises en 1999, contre 13,5 % en 1998. Cette réduction du chiffre d’affaire est la conséquence de la crise qui a touché cette région et réduit fortement les investissements.

Le Moyen-Orient devient la 3e zone d’activité avec 18 % du total ; l’importance de l’Amérique du Sud reste similaire à celle de l’année précédente, soit à 11 %.

La part de l’Amérique du Nord reste très modeste, avec une part de 4,5 %, et témoigne de la difficulté des sociétés de l’hexagone à pénétrer ce marché très concurrentiel.

Enfin, notons aussi qu’en Europe de l’Est, la présence française encore très réduite à hauteur de 5 %, traduit vraisemblablement des retards dans le développement des projets et aussi la forte concurrence des sociétés américaines.

En 2000 la reprise devra attendre le second semestre…2001 devrait être très favorable

Pour 2000, le C.A. des entreprises parapétrolières françaises devrait aussi progresser parallèlement aux investissements mondiaux en exploration-production mais aussi en raison de l’évolution du taux de change Euro / dollars, il devrait se situer entre 75 et 77 GF, soit un niveau record jamais atteint jusqu’à présent.

Toutefois il faut souligner que le marché des services pétroliers se compose de plusieurs segments susceptibles de se développer à des vitesses différentes en fonction des priorités des compagnies clientes. La reprise au cours de l’année 2000 devrait donc être étalée dans le temps en fonction des différents secteurs. L’activité de forage serait fortement orientée à la hausse au niveau mondial (+30%), les États-Unis et le Canada devraient être les moteurs de cette reprise. Les secteurs de la géophysique et de la construction offshore ne bénéficient pas aussi rapidement de la hausse des prix du brut et connaîtront un premier semestre difficile. Pour ces secteurs le changement de tendance ne se fera sentir qu’au second semestre 2000 et l’année 2001 s’annonce excellente. En 2000, l'activité offshore devrait connaître une croissance comparable à celle du secteur dans sa globalité, avec un C.A. qui devrait être compris entre 25 et 27 GF.

En 2001, les compagnies pétrolières devraient tirer parti des importants bénéfices réalisés au cours de l’année 2000 pour investir sur des projets courts termes comme le forage mais aussi sur des projets plus longs terme liés à l’exploration (sismique notamment).

Revue de l’activité au sein des différents secteurs

La sismique

Après avoir bien résisté, en 1998, à l’effondrement des prix du brut, l’activité de géophysique a connu, en 1999, une baisse de 19 % au niveau mondial. Toutefois, cette évolution a été très contrastée entre l’activité terrestre et marine. En effet, le nombre d’unités opérant en onshore en 1999 a diminué de 24 % contre 4 % seulement pour celles qui sont intervenues en mer. Dans le secteur marin, les sociétés de géophysique ont en effet réalisé des campagnes spéculatives en grande quantité afin de maintenir un certain niveau d’activité de leur flotte.

Pour 2000, l’analyse des huit premiers mois ne met pas en évidence de signe de reprise significative. Le nombre d’équipes sismiques actives a enregistré une nouvelle baisse de 15 % par rapport à la même période l’année précédente. Le repli étant maintenant beaucoup plus marqué en mer (-26 %) qu’à terre (-11 %). Cette situation peut s’expliquer par les raisons suivantes :

  • les compagnies pétrolières n’ont pas augmenté de manière significative leurs investissements au premier semestre, hors Amérique du Nord, dans l’attente d’une clarification de la situation au niveau de l’équilibre entre l’offre et la demande pétrolières mondiales. De plus, ces dépenses de capital ont plutôt été dédiées au développement de champs déjà identifiés qu’à l’exploration de nouvelles zones ;
  • en mer, 1998 et 1999 ont été marquées par l’arrivée sur le marché de nouveaux bateaux toujours plus performants. De ce fait, avec la forte proportion de campagnes spéculatives, une grande quantité de données sont aujourd’hui disponibles sur le marché de la sismique marine. Par conséquent un certain nombre de navires sont désarmés et les opérateurs pétroliers vont devoir écouler une partie des bibliothèques actuellement disponibles avant que l'acquisition marine retrouve son dynamisme.

Cependant, on a observé en juin mais surtout en juillet, une inversion de tendance notamment sous l’impulsion de l’activité terrestre au Moyen-Orient et en Asie, qui devrait conduire à une amélioration progressive du secteur, au second semestre. En revanche, la sismique marine semble devoir attendre 2001 pour une reprise d’activité.

Le forage

À la différence de 1998, où les États-Unis et le Canada avaient concentré à eux seuls l’essentiel de la baisse, on a constaté, en 1999, une contraction du marché du forage dans l’ensemble des régions du monde. Elle a même été plus forte dans le reste du monde (-23 %) qu’en Amérique du Nord (-15 %), où l’activité s’est redressée en fin d’année.

Pour 2000, la situation devrait évoluer positivement et l’on prévoit un rebond spectaculaire en Amérique du Nord (+35 %) et une reprise plus nuancée dans le reste du monde (+7 %). Au total le nombre de puits forés dans le monde en 2000 pourrait augmenter de 30 % pour atteindre 46 000 unités.

En ce qui concerne spécifiquement le forage offshore, le taux d’utilisation des équipements de forage en mer a reculé de 92 % en moyenne en 1998 à 74 % en 1999 en raison de la conjonction d’une baisse de la demande mais également d’une progression de l’offre. En effet, après 15 années passées à retirer des appareils du marché, on a vu en 1999 une hausse du parc à la suite de la vague de construction de nouveaux rigs entamée en 1996. Cette situation a conduit à une forte érosion des taux de location que ce soit pour les supports de forage ou les semi-submersibles, quelle que soit la région du monde.

En 2000, le taux d’utilisation mondial reprend des couleurs sous l’impulsion d’une demande soutenue dans le golfe du Mexique pour des supports flottants pour très grandes profondeurs. Globalement, le taux d’utilisation des équipements offshore devrait connaître une amélioration dans l’ensemble des zones géographiques pour atteindre en moyenne au niveau mondial 80 à 82 % en 2000 contre 74 % en 1999.

La construction d’équipements de production offshore

L’activité d’ingénierie et de construction des installations de production se situe au bout de la chaîne pétrolière amont. Elle réagit aux investissements en exploration production avec un certain décalage par rapport à la géophysique ou au forage. Ainsi en 1998, en dépit du contre-choc pétrolier, le nombre de plates-formes ou de modules sous-marins construits a été élevé. En effet, les décisions d’investissements sur les projets avaient été effectuées pour l’essentiel en 1996/1997, avant la baisse des prix du brut, et n’ont pas été remis en question.

En 1999, la situation a été complètement différente et on a observé un repli significatif du nombre de plates-formes fixes ou flottantes construites (- 30 %) ainsi que du nombre de modules sous-marins (- 40 %), conséquence de la contraction des investissements des opérateurs. D’un point de vue géographique, les zones les plus affectées ont été le Moyen-Orient (- 60 %), l’Europe de l’Ouest (- 49 %), l’Amérique du Nord (- 32 %) et l’Asie (- 32 %).

Pour 2000, l’analyse des sept premiers mois de l’année ne laisse pas entrevoir d’amélioration de la conjoncture. On devrait même enregistrer une nouvelle baisse de 15 % des équipements de production. Les régions qui ont connu, en 1999, un repli important ne connaîtront pas de nouvelle contraction en 2000. Seule, l’Amérique latine sera affectée cette année.

Même si ce secteur industriel ne bénéficie pas de la reprise des dépenses d’exploration-production des compagnies pétrolières en 2000, on note tout de même un point positif : depuis fin 1999, les appels d’offres lancés par les opérateurs sont en augmentation. Ainsi, les carnets de commandes commencent tout doucement à se reconstituer à l’aide de contrats de faible taille. Parallèlement, des décisions d’investissements sur des projets très importants en offshore profond sont en attente et pourraient aboutir également de manière positive dans les mois à venir.

Ces éléments conduisent donc à l’optimisme pour l’année 2001 qui devrait marquer le retour à la croissance de ce domaine d’activité.

Source IFP

 

 

La poursuite des restructurations et consolidations au sein du secteur parapétrolier français

Le secteur des compagnies de service est nettement plus fragmenté que celui des compagnies pétrolières qui a connu des fusions majeures. Derrière les trois acteurs géants américains (Halliburton, Schlumberger et Baker Hughes) le secteur est composé de sociétés de tailles moyennes ou petites qui face à la forte concentration du marché, se sont engagées dans des programmes de restructuration et consolidation.

En 1998, le secteur parapétrolier français était resté à l’écart de la vague de fusions-acquisition qui avait touché le secteur au niveau mondial avec notamment le rachat de Western Atlas par Baker Hugues, la fusion entre Dresser et Halliburton ou encore l’acquisition de Camco par Schlumberger. En revanche dès 1999 le mouvement de restructuration débutait au sein du parapétrolier français. Technip changeait de dimension lors de l’acquisition de deux filiales du groupe Allemand Mannesman (Division Raffinage et Pétrochimie et de la majeure partie de la Division Energie et environnement). Bouygues Offshore renforçait son ingénierie avec le rachat de Kvaerner Process (redevenu Sofresid) et la prise de participation majoritaire dans Doris Engineering. CGG renforçait son pôle équipement avec l’acquisition de la société américaine Geoscience-Syntron et enfin GTM vendait sa filiale offshore au norvégien Stolt Comex Seaway pour constituer la compagnie Stolt Offshore.

Au cours de l’année 2000, l’industrie parapétrolière aura continué à se renforcer avec des opérations majeures concernant Technip, Coflexip, CGG et Stolt Offshore.

Au printemps 2000, Technip devenait le premier actionnaire de Coflexip Stena Offshore (CSO) après l’acquisition de l’ensemble des titres Coflexip Stena Offshore (CSO) détenus directement et indirectement par Stena International BV. Avec un peu moins de 30 % du capital, Technip devient donc le premier actionnaire de CSO. Avec un chiffre d’affaire de 4 milliards de dollars, Technip-CSO se positionne parmi les leaders du secteur parapétrolier mondial, juste derrière les trois géants que sont Halliburton-Dresser (15 G$), Schlumberger (7,5 G$) et Baker Hughes-Western Atlas (5G$). Ce rapprochement devrait ouvrir de larges possibilités commerciales et industrielles aux deux groupes, tout particulièrement dans le domaine des grands contrats intégrés de développement des champs pétroliers offshore, qui nécessiteront, à la fois les compétences de CSO dans les services et produits sous-marins et les capacités de gestion de grands projets et d’ingénierie de Technip.

En octobre 2000, le groupe Coflexip Stena Offshore change de taille en faisant l’acquisition de la division Mer profonde du groupe norvégien Aker maritime. La division rachetée construit des tours ou des plates formes de forage semi-submersibles. Avec cette prise de contrôle, Coflexip ne se contente donc plus d'être un spécialiste de la fabrication et de la pose de conduites flexibles sous marines. Il élargit sa gamme dans la fabrication d'unité flottantes de production d'hydrocarbures. Coflexip accède ainsi à un marché qu'il estime à 19 milliard de dollars en 2000 contre 3 à 4 milliards de dollars pour son marché jusqu’alors. Au 31 décembre 1999, le chiffre d'affaires du nouvel ensemble aurait représenté environ 1,6 milliard de dollars US (12,5 milliards de francs), pour un effectif de 6700 personnes. Cette transaction permet au Groupe Coflexip Stena Offshore de renforcer sa position tant du point de vue technique que géographique. Sur le plan technologique la Division Mer Profonde et la technologie des tours semi-submersibles de forage et de production, complète la gamme de solutions sous-marines de CSO. Sur le plan géographique, l’implantation de la Division Mer Profonde dans le golfe du Mexique, et ses capacités d'accès aux marchés de l'Afrique de l'Ouest et de la mer Caspienne, viennent compléter l'implantation de CSO en mer du Nord, au Brésil, en Afrique de l'Ouest et en Asie-Pacifique.

Pour CGG l’année aura été marquée par de nombreuses opérations : la vente de Flagship à Paradigm Geophysical, l’acquisition de Mark Products, le rachat des parts de Louis Dreyfus Armateurs dans CGG Marine et enfin le rachat des actifs de Aker Geo qui lui confère une nouvelle dimension en acquisition marine.

En juillet 2000, CGG vend la division Flagship, spécialisée dans la commercialisation de logiciels d’interprétation et de caractérisation de réservoir (Integral Plus et Stratimagic), à Paradigm Geophysical qui est un fournisseur de logiciels de géosciences et de services à l’industrie pétrolière. En août 2000, CGG fait l’acquisition de Mark Products (géophones, hydrophones, câbles et connecteurs) via sa filiale Sercel. Cette acquisition vient compléter l’offre de Sercel dans les systèmes d’acquisition terrestre et marine et permet à la CGG d’offrir à l’industrie la gamme la plus large d’équipements pour l’acquisition sismique terrestre, marine et en zone de transition. En octobre 2000, CGG rachète à la société Louis Dreyfus Armateurs (LDA), les parts qu’il ne détenait pas encore dans CGG Marine. Cette opération permet à la CGG : de reprendre le contrôle d’une activité centrale et lui permet de s’affranchir des problèmes de disponibilités de navires et de moderniser sa flotte avec la transformation du " Mistral " . En octobre 2000 également, CGG fait l’acquisition de deux navires sismiques haut de gamme l’" Amadeus " et le " Symphony " auprès de la société parapétrolière Norvégienne Aker maritime. Cette opération permet à CGG d’accroître sa flotte pour atteindre une masse critique avec six bateaux. Ainsi CGG consolide fortement sa position dans le secteur de la sismique marine sur lequel ne se retrouvent plus que quatre intervenants : Geco Prakla (18 bateaux, 132 streamers) ; PGS (8 bateaux, 72 streamers) ; CGG (6 bateaux, 50 streamers) ; Veritas DGC (4 bateaux, 26 streamers).

En décembre 2000, Stolt Offshore prend une participation majoritaire dans la société Paragon et renforce ainsi la capacité de design engineering du groupe.

Paragon Engineering est une société de taille moyenne basée à Houston disposant de compétence en process, topsides, pipelines à terre et en mer, activités sous marines et management de la construction. Cette prise de participation a conduit à la naissance de Paragon Europe basée à Nanterre.

Au delà de ces opérations de nombreux autres évènements sont venus marquer la vie des sociétés françaises en 2000.

Dans le domaine des équipements sismiques terrestres et marins Sercel a connu un succès commercial remarquable avec le 408UL, plus de 80 systèmes d’acquisition terrestre ont été vendus.

Durant l'exercice 2000, DORIS a poursuivi dans de bonnes conditions son développement dans les axes stratégiques. En Offshore classique DORIS a été chargée par plusieurs opérateurs, de travaux d'ingénierie de base, et a aussi collaboré avec des entrepreneurs pour des projets de topsides et pipelines, en particulier sur des champs opérés par TotalFinaElf et SHELL en Iran. En Offshore profond DORIS a en charge, dans le cadre d'AMG, l'ingénierie des risers et flowlines du projet-phare de Girassol. Une société a été créée à Houston avec BOS : DORIS Inc., qui doit proposer aux clients basés aux USA les compétences acquises en Afrique de l'Ouest. Concernant les zones Arctique la société poursuit sa collaboration avec le Groupement GBA pour le champ de Terra Nova, et regarde avec intérêt les nouveaux développements qui doivent être lancés prochainement dans l'Est canadien. Enfin dans le cadre d’une diversification la société a continué ses travaux d'ingénierie côtière, en particulier comme Maître d'Oeuvre pour le projet de la Digue flottante de la Condamine (Monaco) en cours de réalisation.

Au cours d'une année caractérisée par le début de la reprise des investissements des sociétés pétrolières, ISIS, holding industriel dont l'Institut Français du Pétrole est l'actionnaire majoritaire, a fait part de sa volonté d'accroître significativement les mouvements de son portefeuille. Ceci s'est concrétisé par des investissements dans quatre sociétés nouvelles, dont deux start-up : GeoNet, fournisseur de logiciels sur réseau dans le domaine de l'énergie et Diamant Drilling Services, fabricant d'outils de forage diamantés. Les deux autres opérations relèvent du capital développement : Airmeex, spécialisée dans les équipements de filtration des gaz d'échappement des moteurs diesel et CTI, qui développe et produit des céramiques techniques liées à l'environnement. De plus, ISIS a porté à 48,5 % sa participation dans Novasep, fournisseur de procédés et d'équipements de séparation pour les industries pharmaceutique et chimique.

La DCN a livré les plateformes " Sedco-Express " (fin juin) et " Sedco Energy " (fin juillet) à Transocean Sedco Forex. En raison des essais par le client des équipements dits " OFE " (Owner furnished equipment) qu’il a fournis et installé en propre ces deux plateformes ont quitté la rade de Brest respectivement en octobre et en décembre 2000. En septembre 2000, les statuts du groupement " Brest Offshore " (Bastide, DCN International, SNEF, SOBRENA, SPT maritime et industriel) ont été déposés.

Pour Bureau Veritas dont les activités du secteur parapétrolier sont rassemblées au sein de la business line énergie et industrie de procédés suite à la mise en place en 1999 de sa nouvelle organisation par division marchés, l’année 2000 aura été marquée par de nombreuses classifications ou certifications de développement. On retiendra notamment la classification de la Barge FPSO pour Elf Girassol (Angola), la certification des développements phase 2 et 3 de South Pars par TotalFinaElf en Iran, de plates-formes offshore pour Elf Petroland en Hollande, du développement de Wenchang en Chine pour CNOOC.

Au cours de l’année 2000 BEICIP FRANLAB aura développé son activité qui s’articulent autour de deux grands pôles : l’exploration Production (conseils/études et vente de logiciels) et projets industriels (raffinage, transport et utilisation des hydrocarbures, gaz , environnement. Le secteur des logiciels aura connu une évolution favorable : le simulateur de réservoir Athos confirme ses qualités dans le domaine des gisements fracturés, le modèle Themispack, confirme sa place de numéro un mondial. Les études d’exploration-production se sont développées, en particulier au Venezuela, en Algérie et au Moyen-Orient (Arabie Saoudite ; Emirats Arabes Unis). Ce développement place BEICIP-FRANLAB parmi les premiers consultant internationaux pour l’étude des champs fracturés carbonatés. En exploration, on peut souligner le développement des études de modélisation des systèmes pétroliers réalisés pour les grands opérateurs internationaux en particulier dans l’offshore profond (Golfe du Mexique, Afrique de l’Ouest, Mer du Nord). L’activité de conseil/études dans le domaine des projets industriels s’est particulièrement développée en Ex URSS. On peut citer l’audit des projets de développements gaziers au Kazakhstan pour le compte d’opérateurs internationaux, des études de faisabilité concernant des projets de développement de champs de pétrole et de raffinerie en Sibérie, et des audits environnementaux dans différents pays.

 

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© Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, 22/11/2001