Impliqués et motivés, les salariés se sentent « seuls »

Dernière modification le 22/10/2009, publié par emploi-pro.fr.

© Le Xav

Focus  L'étude de la Cegos sur le climat social montre que les salariés qui ont un emploi sont globalement satisfaits. Derrière le constat pointent pourtant des motifs d'insatisfaction. Ainsi, les salariés se sentent seuls, regrettant l'absence de leurs managers. Enfin, la demande d'équité monte. Equité dans le salaire, dans la répartition des tâches ou la résolution des conflits.

 

Alors que le chômage augmente, une majorité de salariés se dit satisfaits de son travail. Ainsi, l'étude de la Cegos sur le climat social révèle qu'ils sont 68 % dans ce cas. 77 % se déclarent impliqués et 68 % motivés, soit globalement autant qu'en 2008. Tout se passe comme si l'annonce de l'aggravation du chômage rendait les salariés moins sévères dans leur perception de leur situation professionnelle. 56 % des salariés déclarent pouvoir faire confiance à leurs collègues, quand seulement 44 % estiment que les échanges sont encouragés dans leur entreprise.

 

Des managers pas assez présents ?

Du côté des choses qui vont mal, on note que les salariés ont l'air de trouver que la barque est trop chargée. Ainsi, seulement 43 % des salariés considèrent que l'effectif est adapté à la charge de travail demandé. Une insatisfaction qui croît avec la taille de l'entreprise, à mesure que les tâches de reporting et de coordination sont importantes.

De même, si une majorité considère qu'il a des objectifs définis, réalistes et atteignables, 45 % des salariés regrettent le manque de retour régulier de leur manager, et un tiers seulement qu'il est guidé et orienté par sa hiérarchie dans les actions à mener. Tout cela semble indiquer une relative solitude du salarié dans son travail quotidien. Ce que confirme le fait que seulement 49 % des salariés se sentent écoutés par leur manager, et que la même proportion se sent soutenu. Si 71 % des salariés pensent avoir la confiance de leur n+1, ils ne sont 53 % à lui rendre la pareille.

 

Travailler plus quand les salaires risquent d'être gelés ?

Tous ces éléments expliquent sûrement la perception du climat social par les salariés. Ils ne sont que 45 % à le trouver bon, 31 % sont partagés, et un quart estime que le climat est mauvais. La crise est passée par là. On peut se sentir impliqué, se dire satisfait et être inquiet pour l'avenir de son entreprise et percevoir donc un climat social négatif dans son entreprise.

Autre élément préoccupant pour l'avenir : alors que les salariés estiment que l'effectif est insuffisant, 64 % d'entre-eux anticipent un gel des rémunérations en 2010 (quand seulement 46 % des DRH reconnaissent craindre devoir y recourir l'an prochain). Conséquence, plus d'un salarié sur 2 (61 %) n'est pas satisfait du système de rémunération existant dans son entreprise. A noter que les avantages sociaux satisfont 47 % des salariés : une piste pour les DRH exsangues pour augmenter le pouvoir d'achat tout en gelant les salaires. A l'inverse, 60 % des salariés considèrent que les règles en matière de rémunération variables ne sont ni claires ni compréhensibles : à l'heure où la crise a réduit la valeur boursière des portefeuilles d'action, certains salariés ont-ils découvert brutalement ce que recouvrait le variable perçu ?

 

Une demande d'équité

La question des salaires laissent apparaître une demande forte d'équité au sein des entreprises. Ainsi seulement 33 % des salariés pensent que les rémunérations sont équitables pour un même niveau de contribution. Le résultat s'explique partiellement par le poids des systèmes de rémunération à l'ancienneté. Cette demande d'équité se retrouve dans le jugement porté par les salariés sur les managers. Seulement, 15 % sont tout à fait d'accord avec l'idée que « le manager est équitable avec tous les membres de l'équipe » et 32 % sont plutôt d'accord.
Il n'empêche qu'une fois les bornes franchies, la première réaction des salariés est d'aller voir leur manager (53 %) pour discuter sincèrement. Les comportements d'évitement sont relativement plus rares : 34 % poursuivent leur activité en levant le pied, 23 % prennent du temps pour eux sur le lieu de travail, 11 % prend des jours de congés pour se reposer et 3 % consulte un médecin pour un arrêt de travail. Parmi les réactions, il faut noter que seulement 10 % pensent à alerter les représentants du personnels et 13 % à quitter leur entreprise.

Lucides, les salariés savent que la crise n'est pas finie et que le marché du travail n'est pas de leur côté. Dans un tel contexte, gare aux insatisfactions qui montent en silence. D'une part, parce que deux tiers des salariés approuvent les actions violentes qui ont eu lieu. D'autre part et surtout parce que la crise ne sera pas éternelle, et que les insatisfactions cumulées déboucheront alors sur des départs vers des cieux estimés plus cléments. Plus que jamais, la fidélisation des salariés est essentielle pour bien préparer l'avenir.

 Lire aussi sur le même thème : Les DRH ont une vision tronquée du climat social

 

Christophe Bys


		

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