

Cas pratique Pour faire de son siège social un « outil de communication », Microsoft a réuni ses équipes en un seul lieu. Dans le nouveau siège, les aménagements ont été pensé pour améliorer l'agilité et la productivité des collaborateurs, tout en facilitant une grande modularité. Pour cela, la multinationale a fait appel à une entreprise française : Menintime.
Pour son nouveau siège en région parisienne, Microsoft n’a pas fait les choses à moitié. L’éditeur de logiciels réunira, en juillet, 1700 collaborateurs en un seul lieu, dans un bâtiment HQE à Issy-les-Moulineaux. Jusque là, ils étaient répartis sur 3 sites (Paris, La défense et Les Ullis). Nom de code du nouveau bâtiment : le Campus. Ne demandez pas combien a coûté l’aménagement de ce petit bijou, c’est un secret que ne souhaite pas « communiquer l’entreprise ». Plus qu’un siège, ce sera aussi une vitrine pour l’entreprise et un modèle pour toutes les entreprises du secteur des services. « Dans ces nouveaux locaux, nous allons revoir nos façons de travailler, de collaborer, explique Elisa Ara-Fontaine, qui a supervisé l’opération. Nous avions la volonté de faire de ce projet plus qu’un simple déménagement, mais d’en profiter pour développer un vrai projet d’entreprise ». Résultat : le nouvel espace sera aménagé de façon à offrir aux collaborateurs le meilleur espace de travail possible, c’est-à-dire le plus à même de stimuler leur productivité et leur créativité. Ensuite, un cahier des charges a été établi avec la société Form’a. Il en est ressorti que les nouveaux bureaux devaient être adaptés aux échanges, modulables notamment pour le travail en équipe temporaire… A l’heure de l’organisation en projet, il fallait qu’un client de passage puisse s’intégrer à une équipe en deux temps et moins de trois mouvements.
Cachez ces fils que je ne saurai voir
Pas besoin de faire un dessin. Des bureaux chez le numéro un du logiciel, c’est d’abord des fils et des câbles partout. La solution retenue les fait disparaître complètement… grâce à un mur technique par lequel arriveront toutes les commodités nécessaires (de l’électricité mais aussi les câbles réseaux). De l’avis des designers responsables du projet, c’était un des points sensibles du dossier. Autre particularité, le mobilier, modulable, est décliné dans une gamme fonctionnelle. Pour chaque famille de métiers identifiée (nomades, sédentaires, mixtes, ou assistants), une gamme ad hoc a été dessinée reprenant les contraintes et spécificités de chacun. Les postes de travail, tels qu’ils ont été présentés, paraissaient véritablement adaptés aux équipes projet, avec les écrans sur bras flexible (là aussi.. sans fil).
Des designers et des fabricants hexagonaux
La multinationale a fait confiance à une entreprise française : Menintime. Les spécialistes du design la connaissent : elle a déjà travaillé pour Philip Morris, Orange ou Auto distribution. Elle affiche une singularité : elle croît au « made in France », même si son nom ne le dit pas. Tous les meubles qu’elle conçoit sont ensuite produits dans l’Hexagone. Un choix que Vincent Rouillard, son pdg fondateur, justifie : « Nous sommes peut être plus chers mais nous n’offrons pas le même produit. La fabrication en France permet d’offrir des bureaux d’une plus grande technicité, des espaces de plus grande qualité ». A force de ne comparer que le coût de la main d’œuvre, on finirait par l’oublier : mais la proximité permet de mieux travailler, d’ajuster un prototype, de contrôler la production et sa qualité, d’être aussi plus réactif. Un besoin aussi exprimé par le géant du logiciel. « Dans ce nouvel environnement, nous allons gagner en agilité », explique la chef de projet. Si le designer et son client se sont si bien compris, c’est peut être parce qu’ils partagent aussi les mêmes valeurs.
Christophe Bys