Une éducation à la chinoise

Dernière modification le 03/07/2009, publié par Emploi-Pro.
shangai
Guillaume Etchetto
© DR

Chiffre clé  Christophe Bys poursuit son périple en Chine. Aujourd'hui, il se trouve sur le campus de Bao Shan, Shanghaï. En ce début juillet, des étudiants français soutiennent leur mémoire de stage. L’occasion de rencontrer l’un d’entre eux : Guillaume Etchetto. Rétif au départ, il a peu à peu trouvé ses marques dans un campus qui rassemble 40 000 étudiants.

Un voyageur distrait pourrait se croire en France. Sur les murs, des cartes de l’hexagone, où l’on vante ses vins et ses fromages mais aussi des périodiques dans la bibliothèque. L’étudiant qui prend la parole a bien un brin d’accent du Sud-Ouest et le jury est composé de ressortissants français. Pourtant, la France est loin. La soutenance qui débute se situe dans une salle de l’université de Shanghaï sur le campus de Bao Shan (voir encadré). L’étudiant, Guillaume Etchetto, est venu suivre le programme de l’Utseus (Lire A quoi rêvent les jeunes chinoises).
Etudiant en conception et en bureau d’études à l’université de technologie de Compiègne (UTC), il n’a pas le goût de la Chine depuis toujours, contrairement à d’autres. Ce jeune palois confie même être arrivé ici un peu par hasard. Il raconte sans fausse pudeur sa première année d’études à l’UTC, où son Béarn natal lui manquait tant qu’il attendait avec impatience le moment de le rejoindre. Et puis peu à peu, il a entendu les récits de ses amis globe trotter. L’ouverture internationale de l’université qui organise régulièrement des séminaires dans des pays européens l’a changé. Il a pu y rencontrer d’autres cultures, qui lui ont donné des envies d’horizons plus lointains.
S’il était volontaire pour partir un an à l’étranger pour sa dernière année, il aurait sûrement ri si on lui avait dit qu’il irait à Shanghaï. « C’est Luis, un camarade de promotion venu de Colombie qui m’a convaincu et motivé, explique le jeune homme. Il pensait que le dépaysement serait total, que quitte à partir il fallait aller loin ». Après quelques hésitations, le jeune homme l’a suivi et ne le regrette pas aujourd’hui.  

Retour en France ?
Après un semestre de cours obligatoire, comprenant des enseignements de langue chinoise, de civilisation, mais aussi des visites régulières d’entreprises, il a comme ses camarades dû trouver un stage avec l’aide du directeur délégué de l’Utseus, Michel Grenié. Ayant créé des liens à Shanghaï, Guillaume Etchetto voulait rester sur place. Mais la proposition que lui fera une multinationale française ne le satisfaisant pas, il choisit finalement d’aller dans la joint venture réalisé par Snecma et Air China. Seul problème, le site est à Chengdu, à 2 300 kilomètres de là. « J’ai senti que celui qui allait être mon directeur avait vraiment envie de travailler avec moi. Il avait une vraie mission à me confier », explique l’étudiant de l’UTC, qui n’hésitera pas longtemps.
Et à l’écouter dérouler ses missions devant le jury de soutenance, on entend toute la richesse de son expérience. Travaillant à la mise en place de procédures pour faciliter la réparation d’éléments des moteurs d’avions sur place, plutôt que de les envoyer en Europe, il a dû mobiliser ses connaissances techniques, mais aussi planifier et travailler avec des ouvriers et des sous-traitants chinois. Les bases acquises dans la langue de Confucius lui ont été utiles. Ce que confirme Lionel Potron, son maître de stage, « sa connaissance du chinois a été un réel atout, comparé à d’autres étudiants qui travaillent pour nous et qui n’ont pas reçu cette formation ».
Il a d’ailleurs proposé à Guillaume de rester quelques mois de plus en tant que Volontaire international en entreprise (VIE), le temps de finir sa mission, retardée par les arcanes de la vie chinoise. Sur la vingtaine d’étudiants actuellement sur place, une bonne quinzaine aurait déjà trouvé une place.
Si Guillaume Etchetto a accepté de continuer chez Snecma, il s’interroge toujours sur son retour en France. A l’écouter, on sent qu’il hésite à tomber amoureux de la Chine. Peut-être de peur d’oublier le Sud-Ouest, cette région qu’on voit en bas à gauche de la carte de France, accrochée au mur d’une salle de l’Université de Shanghaï.
Christophe Bys
Envoyé spécial à Shanghaï
 

Bao Shan, un campus aux allures de ville moyenne
On a beau être prévenu que les dimensions chinoises n’ont rien à voir avec la France, il n’empêche. Sur le campus de Bao Shan, ce sont 40 000 étudiants – dont 2500 étrangers venus de 18 pays, d’après notre guide - qui vivent et étudient durant toute l’année. Pour se loger, un étudiant étranger paie 180 euros par mois pour une chambre individuelle. Les jeunes chinois déboursent pour un an 1000 yuans (une somme de l’ordre de 100 euros) pour une chambre de 4.
Les infrastructures sont à la hauteur de l’importance de la population étudiante. On trouve tout ou presque sur le campus, des salles de cours bien sûr, des laboratoires de recherche, mais aussi des équipements sportifs à faire pâlir le maire d’une ville moyenne (un stade ultra moderne, deux piscines olympiques, une vingtaine de cours de tennis..). Mais aussi un théâtre où chaque semaine se produisent des troupes de danseurs ou de musiciens. Une bibliothèque avec des collections d’ouvrages en anglais et en chinois. Un poste de police aussi, nous dit-on, même si nous ne l’avons pas vu de nos yeux.  
Le lieu est plus bucolique que la ville de Shanghaï : de nombreux espaces verts ont été aménagés, ainsi que des plans d’eau. En entrant dans le campus, on découvre sur la gauche, sur une longueur d’environ 500 mètres, les vélos des élèves rangés les uns contre les autres. Les dimensions chinoises ne sont décidément pas les nôtres…
CB



		

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