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[Vidéo] La planète Finance tourne à l'envers

Christine Kerdellant , , ,

Publié le , mis à jour le 05/09/2016 À 12H31

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[Vidéo] La planète Finance tourne à l'envers
Christine Kerdellant, directrice de la rédaction
© DR

La semaine passée, un tabou a été brisé : une petite banque coopérative allemande, la Raiffeisenbank de Gmund, a décidé d’appliquer un taux négatif aux dépôts des particuliers. Autrement dit, de taxer l’argent déposé par ses clients sur leurs comptes courants, au-delà de 100 000 euros. Elle veut ainsi répercuter les taux négatifs que la Banque centrale européenne applique aux excédents de liquidités que les banques déposent à son guichet, afin de les inciter à prêter davantage aux PME ou aux particuliers, et contribuer ainsi à relancer l’activité et la croissance en zone euro. Jusqu’alors, même si toutes les banques cherchaient à compenser cette ponction – en facturant les gros dépôts dormants des entreprises, en multipliant les commissions ou en facturant des services –, les particuliers n’avaient jamais été directement touchés.

Cela devait arriver : c’est un nouvel effet pervers des politiques « non conventionnelles » que pratiquent les banques centrales pour éviter que nos économies sombrent dans la déflation. Depuis que la BCE a choisi de lâcher du lest, le monde de la finance tourne à l’envers. Tout a commencé lors de la crise financière, quand notre pompier pyromane a ramené son taux directeur de 4,25 % en octobre 2008 à 1 % en mai 2009, puis 0 % en mars 2016. La BCE avait été précédée par son homologue américaine, la Fed, et elle a été suivie par d’autres banques centrales nationales. Ensemble, elles ont noyé les marchés de liquidités, des marchés qui désormais ne fonctionnent plus, ou en dépit du bon sens. La Suisse émet des obligations à 50 ans rémunérées à 0 % ! Le prix de l’argent, les taux de change, les cours de Bourse se comportent de manière irrationnelle. Les investisseurs sont obligés d’aller vers des placements de plus en plus risqués (immobilier des grandes villes, dettes d’entreprises peu sûres…) afin de gagner de l’argent, ce qui crée des bulles. Bref, les taux bas et les taux négatifs ont cassé le baromètre du risque.

Pour autant, il est peu probable que l’ensemble des banques emboîtent le pas à la Raiffeisenbank. Elles savent que si l’on fait payer aux particuliers le fait de garder leur argent, ils préféreront le cacher sous leur matelas, transformé en billets qui, eux, ne perdront pas leur valeur puisqu’il n’y a pas d’inflation. Les coupures de 1 000 francs suisses serviraient déjà de valeur refuge !

L’épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes, c’est une remontée rapide des taux : dans ce cas, les banques seraient prises en tenaille entre le coût accru de l’argent qu’elles empruntent et les taux très bas de l’argent qu’elles prêtent. Quant aux assureurs-vie, ils vivraient un scénario catastrophe, pour peu que de nouveaux opérateurs offrent des contrats plus rémunérateurs à leurs clients, car ces derniers voudraient tous fermer leurs vieux contrats, ce qui provoquerait une crise de liquidité et l’impossibilité de rembourser… « Les taux négatifs sont comme une supernova qui va exploser », a averti Josef Paul, le patron vedette du fonds d’investissement américain Janus Capital. Or son explosion ne touchera pas seulement la planète finance : c’est l’économie réelle, les particuliers et les entreprises – même et surtout s’ils n’ont pas profité de la manne – qui en feront les frais. Or plus longtemps le monde marchera sur la tête, plus dure sera la chute. 

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