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Trepalium, la série d’Arte où la lutte des places a remplacé la lutte des classes

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Publié le

Travailler ou ne pas travailler. Telle est la question qui forge l’existence des êtres et l’organisation de la société de la série d’anticipation "Trepalium"  que propose Arte les 11 et 18 février.  Une dystopie qui fait froid dans le dos et s’avère une excellente trame romanesque,  non dénuée d’une certaine vision idéologique sur le "libéralisme". 

 

La fiction qu’Arte nous propose cette semaine nous plonge dans un monde terrible anticipé par quelques chercheurs, dont les plus célèbres sont Michaël Osborne et Carl Benedikt Frey, auteurs du célèbre article "The future of employment".

Ils évaluent que 47 % des emplois américains sont menacés par l’action conjointe des robots et des algorithmes. Un chiffre d’autant plus alarmant que vu la rapidité des mutations, on ne sait pas bien si de nouvelles activités auront le temps d’émerger.

Dans Trepalium, le pire est arrivé. Le travail est devenu une denrée rare puisqu’accessible à 20 % seulement de la population. Le monde se partage donc entre les "actifs" et les "zonards". Repoussés au-delà des limites de la ville derrière un mur, ces derniers  tentent de survivre tandis que des "actifs" terrorisés à l’idée de finir dans la zone vivent de leur côté une existence misérable dont le confort matériel n’est acquis qu’au prix de l’asservissement. Bref, ce n’est pas une utopie que nous propose Arte mais une dystopie,"un monde qui serait allé vers ses pires défauts", comme l’explique le réalisateur belge Vincent Lannoo.

Angoisses actuelles

Cette perspective fait écho aux angoisses de notre société marquée par le chômage et pose la question du rôle du travail comme moyen de subsistance mais aussi comme marqueur de notre identité. Ne pas en être c’est n’être rien. En être c’est devenir au mieux un esclave, au pire un tortionnaire. Car pour progresser dans la hiérarchie et prouver qu’ils sont "utiles" les actifs sont disposés aux pires vilénies, ce qui amène son lot de burn-out, de suicides, de meurtres …

Bref, une trame bien romanesque propre à de nombreux rebondissements tant dans la ville que dans la zone où des activistes  fomentent une révolution.

L'ensemble visuel rétro-futuriste de la série est particulièrement réussi avec des univers à la Niemeyer. Certaines scènes ont été tournées au siège du parti communiste qui s’avère parfait pour incarner un univers totalitaire et aseptisé.

Au-delà d’une réflexion sur le travail c’est une critique du capitalisme qui est à l’œuvre, d’ailleurs le réalisateur présente le projet comme l’aboutissement d’un monde "ultralibéral". Car la dictature n’est pas seulement politique ici. L’édification du mur n’est qu’un moyen qu’a trouvé la première ministre (excellente Roni Elkabetz) pour préserver un semblant de société, elle est aussi économique car les fils de l’asservissement sont tirés par l’entreprise Acquaville.

Une compagnie unique et omnipotente qui assure son marché et sa position par un moyen ignoble. Pas vraiment un monde libéral donc puisque la concurrence y est totalement absente. Ruben Garcia, l’ingénieur en dépollution et héros de l’histoire incarne avec sa sensibilité, sa faiblesse pour d’autres, le malaise de cette société aux mains de capitalistes dénués de tout sens moral devant lesquels les politiques ont capitulé.

Rédemption

 Mais la rencontre de Ruben avec une zonarde, engagée chez lui  en "emploi solidaire", (on goûtera le parallèle avec les emplois aidés que concoctent régulièrement nos gouvernements)  va l’amener  sur le chemin de la rédemption. La  révolte laisse ouverte le type de monde qu’il faut construire derrière. Les trois premiers volets de cette série qui en compte six passeront en prime-time sur Arte jeudi 11 février. La série sera introduite par un débat  sur le "revenu de base universel" dans  l’émission 28 minutes.

Pour s’empoigner sur cette idée d’un revenu pour tous déconnecté du travail  : le philosophe libéral Gaspard Koenig, l’économiste Elie Cohen et l’apôtre de la décroissance Baptiste Mylondo. Pour tous ceux que ces questions d’emploi, de travail, d’inégalités et de revenus passionnent, jeudi soir, il faut arrêter de travailler à 20H05. 

 

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1 commentaire

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10/02/2016 - 22h50 -

Il est urgent de décroître : 7 milliards d'esclaves nés pour consommer idiot c'est déjà dramatique mais une aubaines pour les esclavagistes qui contrôlent des systèmes qui contrôlent les politiques
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