Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Rémunération des patrons, un plancher plutôt qu’un plafond

Publié le

Rémunération des patrons, un plancher plutôt qu’un plafond

C’est la saison des assemblées générales et le retour des polémiques sur la rémunération des patrons. Avec, comme souvent en rôle-titre de cette dramaturgie, Carlos Ghosn. Frédéric Palomino, professeur à l’Edhec, s’est penché sur le sujet. Il avait déjà été frappé que le départ à 14 millions d’euros de l’ex-directeur général d’Alcatel-Lucent, Michel Combes, fasse scandale, tandis que celui de l’entraîneur du PSG, Laurent Blanc, avec 22 millions d’euros à la clé, ne provoque aucun émoi. « Le premier décide de la politique salariale et du partage de la valeur dans son groupe, contrairement au second », relevait-il pour expliquer cette différence. Pour aller plus loin, Frédéric Palomino s’est demandé comment changer les règles de la rémunération des patrons. Il avance une idée iconoclaste, tirée de la théorie des jeux, qui démontre l’aversion des individus pour l’iniquité. Car l’économie expérimentale est familière des expériences de partage dont l’une, célèbre, dite « jeu de l’ultimatum ». On donne à quelqu’un une somme d’argent qu’il doit partager avec une autre personne. Si le « répondant » n’est pas d’accord avec le partage du « proposant », les deux n’obtiennent rien. L’expérience montre qu’en deçà de 10 % le répondant refuse toujours, qu’entre 10 et 20 % il refuse une fois sur deux, mais qu’entre 40 % et 50 % il accepte. L’individu est donc prêt à obtenir 0 % plutôt que 20 % de quelque chose, s’il juge le deal inéquitable. Appliqué à la rémunération des patrons, le principe serait de fixer par la loi non pas un plafond, comme cela est régulièrement proposé (et déjà effectif pour les entreprises publiques), mais un plancher, multiple du salaire moyen de l’entreprise. Puis de faire voter par les salariés un complément de rémunération décidé par le conseil d’administration. On serait alors dans une situation similaire à celle du jeu de l’ultimatum, avec les conseils d’administration dans le rôle du proposant, et les salariés dans celui du répondant. S’ils ne votent pas, ils prennent le risque de perdre un patron performant. Frédéric Palomino pose lui-même les limites de sa créativité. La réduction des inégalités de revenus dans la société relève, selon lui, de l’État, via l’impôt, quand l’objectif des entreprises est de créer de la valeur. « Aucun travail scientifique n’a prouvé que des rémunérations vertigineuses minaient la valeur d’une entreprise en détruisant sa cohésion sociale », souligne-t-il… 

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus