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Election présidentielle 2017

Primaire de la gauche, Vincent Peillon reprend le flambeau hollandais

Arnaud Dumas

Publié le

Compétitivité des entreprises par le coût et le hors coût, renforcement de la recherche, adaptation du droit du travail… Le programme économique de Vincent Peillon reste dans la lignée des mesures prises pendant le quinquennat de François Hollande avec quelques correctifs.

Primaire de la gauche, Vincent Peillon reprend le flambeau hollandais
Vincent Peillon

La salle était comble au rez-de-chaussée du 100, l’espace "culturel solidaire" dans le douzième arrondissement de Paris. Vincent Peillon, l’ex-ministre de l’Education nationale de François Hollande de 2012 à 2014, a présenté le 3 janvier son programme de candidat à l’élection présidentielle dans le cadre de la primaire de la gauche.

Le programme s’inscrit dans la droite ligne du quinquennat de François Hollande, qu’il n’a de cesse de réhabiliter. Il prend d’ailleurs ses distances vis-à-vis de ses compétiteurs à la primaire de la gauche, en rejetant "une gauche qui ne se mettrait pas en situation de gouverner" et une autre qui pour gouverner "croit devoir adopter les postures de la droite".

la montée en gamme de la production

Concernant les entreprises, Vincent Peillon veut continuer d’améliorer la compétitivité des entreprises. Mais en insistant non plus sur la compétitivité des coûts, mais sur la "montée en gamme de la production française".

"Nous sommes en retard en ce qui concerne les compétences des actifs, l’encadrement des salariés, les investissements en R&D de nos plus grands groupes internationaux, l’intégration du numérique dans les entreprises", déclare le candidat à la primaire de la gauche. C’est donc en renforçant à la fois la formation des salariés et les dépenses de recherche et d’innovation que Vincent Peillon compte relancer la compétitivité. Pour cela, il mise sur un outil mis en place par François Hollande, le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).

Conditionner le CICE

"Je propose que le versement du CICE soit conditionné à la signature d’accords d’entreprise ou de branche consacrés à la formation, à la recherche et développement et à la qualité de l’emploi et des conditions de travail", explique-t-il.

Cette condition devrait permettre de réduire les montants de CICE alloués aux entreprises de l’ordre de 3 à 5 milliards d’euros. Une enveloppe qui servirait à financer le soutien à l’exportation des PME et des ETI, notamment en les aidant à mieux défendre leur propriété industrielle à l’international. Une agence de protection de la propriété industrielle pour les PME et ETI serait installée pour prendre en charge les démarches d'enregistrement des brevets et les procédures juridiques éventuelles.

Vincent Peillon reprend également le thème de la différence du taux d’imposition entre grandes entreprises et PME. La loi de finances pour 2017 prévoit déjà une réduction de l’impôt sur les sociétés pour les PME de 33 à 28 %, réduction qui sera progressivement élargie à toutes les entreprises d’ici 2020. Mais Vincent Peillon prévoit un petit geste supplémentaire en faveur des petites sociétés. Il veut élargir le taux réduit d’impôt sur les sociétés sur les premiers 38 000 euros de bénéfices des PME aux premiers 100 000 euros de bénéfices.

Conserver certaines dispositions de la loi Travail

En matière de droit social, Vincent Peillon se veut protecteur. Il fustige ceux, comme François Fillon, qui veulent réduire le code du travail. Il admet néanmoins qu’il doit être simplifié et adapté aux nouveaux modes de travail liés à l’économie numérique. Contrairement à certains de ses rivaux à la primaire de la gauche, comme Benoît Hamon, il ne prévoit toutefois pas d’abroger la loi Travail. Le texte, passé au forceps par le gouvernement de Manuel Valls, trouve grâce à ses yeux sur trois points : le compte personnel d’activité, le droit à la déconnexion et l’extension de la garantie jeunes.

Vincent Peillon veut revenir sur d’autres dispositions plus polémiques. Comme l’inversion de la hiérarchie des normes permise par la loi Travail, permettant à un accord d’entreprise de prévaloir par rapport à des accords de branche. Mais aussi les conditions du licenciement économique ou encore le référentiel indicatif pour les indemnités prud’homales.

Quelques déclarations relatives à la fiscalité du capital risquent de faire froid dans le dos des Pigeons. Vincent Peillon veut en effet poursuivre le rapprochement de la fiscalité du capital de celle du travail, initié en 2012 par François Hollande. Cela avait notamment conduit à augmenter la taxation des plus-values de cession de valeurs mobilières et déclenché la colère des entrepreneurs et de leur écosystème de financement, réunis sous la bannière des Pigeons.

Vincent Peillon, lui, prévoit "d’aller beaucoup plus loin". Le candidat à la primaire propose "de revoir en profondeur la fiscalité de la transmission des patrimoines et la fiscalité de la détention du capital". Notamment en calculant le taux d’impôt sur les successions sur toutes les donations perçues par l’héritier pendant sa vie.

Miser sur l’Europe

Enfin, c’est sur l’Europe que Vincent Peillon veut afficher sa différence. Le candidat revendique une "stratégie européenne offensive et affirmée". Il propose un "new deal européen", dans lequel la France s’engage à poursuivre la réduction de ses déficits et, en contrepartie, l’Europe se lance dans une politique de relance économique. Celle-ci se traduirait par une forte augmentation du plan Juncker qui passerait de 300 milliards d’euros à 1000 milliards d’euros, orienté en direction de la transition énergétique, du numérique, de la recherche, de la formation, etc.

Au total, le programme détaillé par Vincent Peillon prévoit 16 milliards d’euros de dépenses supplémentaires sur toute la durée du quinquennat. Dont 6 milliards d’euros consacrés à la baisse des prélèvements obligatoires majoritairement sur les ménages, plutôt en deuxième moitié de mandat. Le déficit budgétaire devrait se situer à 1,5 % en 2022. Il prévoit pour cela, sans le détailler, des économies structurelles de l’ordre de 3,5 milliards d’euros par an.

 

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