Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Pourquoi les filaments biosourcés intéressent l'impression 3D

Marine Protais , ,

Publié le

De la poudre d’huitre, du lin ou du chanvre… Les fabricants de filaments destinés à l’impression 3D s’intéressent de plus en plus aux matériaux naturels. En France, la plupart des acteurs de cette filière naissante sont regroupés en Bretagne.

Imprimer en 3D, c’était déjà une révolution, imprimer en 3D avec des matériaux biosourcés en est une autre. Depuis septembre 2015, Nanovia, une entreprise implantée à Louargat (Côtes-d’Armor), fabrique et commercialise des filaments à base d’huitre et de lin. "Nous n’en produisons que quelques tonnes pour le moment, précise Jacques Pelleter, le PDG de Nanovia. Nous avons une vingtaine de références de filaments, les biosourcés n’en constituent qu’une petite partie."

Le chef d’entreprise confie que, pour le moment, il vend ce type de produit à des designers, des entreprises de prototypage et quelques niches industrielles, "mais les industries automobile et aéronautique commencent à s’y intéresser". Au-delà de leur impact positif sur l’environnement, les filaments biosourcés présentent des avantages techniques spécifiques.

"La poudre d’huître est constituée à 99% de carbonate de calcium. Une substance qui permet de rigidifier la matière", explique Yves-Marie Corre, le responsable technique de ComposiTIC. Ce laboratoire rattaché à l’université de Bretagne Sud à Lorient (Morbihan) a développé la formulation de l’Istroflex, le fameux filament à base de poudre d’huître. "Istroflex est composé d’un polymère biodégradable souple. Pour faciliter l’impression 3D, on ajoute de la poudre d’huître afin de renforcer le polymère."

Les huîtres ne sont pas les seules à contenir du carbonate de calcium. On le trouve aussi dans les carrières naturelles. "Mais au lieu de creuser les montagnes, on a préféré s’adresser à l’Usine de Kervellerin qui récupère les déchets des ostréiculteurs du Morbihan", explique Yves-Marie Corre. Cette entreprise de Cléguer (Morbihan) participe à l’économie circulaire locale. Elle offre aussi une plus-value aux industriels. "Nous proposons un large éventail de granulométrie, pour les filaments pour impression 3D, il faut des grains très fins", explique Martine Le Lu, la dirigeante de l’Usine de Kervellerin, qui emploie 10 salariés.

Martine Le Lu regrette que peu de grands industriels s’intéressent à leur produit. "Ils veulent minimiser les coûts à tout prix, pourtant nous sommes seulement 10 à 20 % plus chers qu’un produit similaire, mais non biosourcé. Heureusement la nouvelle génération d’entrepreneurs est plus sensible aux questions environnementales et la COP21, à laquelle nous avons participé, a aussi eu un impact positif."

Aux Etats-Unis, des filaments à base de chanvre et de bière

Le filament à base de poudre de lin baptisé "StarFlax" a aussi été développé par le laboratoire ComposiTIC, en partenariat avec Texilis, un bureau d’études de Coudekerque-Branche (Nord) spécialisé dans le lin. "Nous utilisons une farine de lin très fine que l’on associe au PLA, un polymère biodégradable élaboré à base de résidus agricoles", explique Yves-Marie Corre de ComposiTIC. "Grâce à la poudre de lin, le plastique résiste à des températures très élevées. Or, pour l’extruder (le transformer), il faut le chauffer à 150 degrés."

Le lin offre également un aspect esthétique qui a séduit l’entreprise d’ameublement et de design lyonnaise Metylos. Elle a utilisé le filament conçu par Texilis et ComposiTIC pour concevoir la base d’une de ses appliques. Autre avantage de ces filaments biosourcés : ils sont garantis sans perturbateur endocrinien, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de filaments à base de plastique.

En France, les acteurs de la filière des filaments bio pour impression 3D sont concentrés dans les départements du Morbihan et des Côtes d’Armor (voir la carte interactive ci-dessous). Ailleurs, en Europe, le néerlandais ColorFabb fabrique des filaments à base de bambou et de fibres de bois. Outre-Atlantique, l’américain 3DOM propose des filaments à base de chanvre, de bière -ou plus exactement de déchets issus de la production de bière et de café.

 

Réagir à cet article

2 commentaires

Nom profil

02/03/2016 - 22h25 -

Bonjour,

Effectivement, le FabShop a communiqué à l'époque sur le développement commun avec la société Algopack sur leur projet Seaweed filament.

Ce filament basé sur un polymère non certifié biodégradable était à priori effectivement constitué en partie d'algue.

Nos développements actuels pour des applications impression 3D FDM font suite à des travaux initiés en 2011 au sein de notre laboratoire (LIMATB (UBS)-Lorient)sur des biopolymères chargés en poudre de coquille d'huître.

L'Istroflex est désormais produit et commercialisé par la société Nanovia
http://www.nanovia-technologies.com/les-filaments.php

Une présentation du produit et de ses acteurs est disponible au lien suivant:

http://www-limatb.univ-ubs.fr/medias/fichier/pre-769-sentation-istroflex_1448966190191-pdf

Cordialement,

YM Corre
Répondre au commentaire
Nom profil

26/02/2016 - 15h53 -

Cela a été initié en 2013 par Le FabShop et son président, M. Bertier Luyt qui lança le premier filament à base d'algues pour l'impression 3d.

http://bit.ly/1pcdCJj
Répondre au commentaire

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus