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Les trois raisons qui poussent à une réforme des pôles de compétitivité

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Le vendredi 4 mars, les pôles de compétitivité se réuniront à Bercy pour fêter leurs dix ans.  Créés en 2005, ils ont survécu aux alternances politiques, su convaincre un nombre croissant d’entreprises de les rejoindre et réorienté les financements publics sur les PME et ETI. Mais le contexte pousse à une évolution de leur rôle, voire de leur gouvernance. Emmanuel Macron présentera en juin prochain, une  réforme de la politique des pôles de compétitivité  après une évaluation de leur action. Trois facteurs principaux poussent à des changements.    

1/ La cohérence avec la stratégie industrielle nationale

Les pôles de compétitivité n’ont pas été réellement impliqués dans les 34 plans d’Arnaud Montebourg transformés par la suite en 10 solutions par Emmanuel Macron

Les projets collaboratifs menés sont pourtant souvent en phase avec les enjeux identifiés mais le lien n’a jamais été clairement affirmé et l’existence de 70 pôles sur les thématiques les plus variées complexifie la situation.

L’association française des pôles de compétitivité en est consciente. Son patron Jean-Luc Beylat, président du pôle systematic en est désormais un convaincu : " il faut mettre la dynamique de la Nouvelle France industrielle dans les pôles". Ce sera clé pour bénéficier du soutien de l’action publique qui ne peut pas courir soixante-dix lièvres à la fois.

En juin dernier onze pôles ont déjà créé une plate-forme de coordination autour de l’industrie du futur. Il s’agit de Aerospace Valley, ASTech, Axelera, Cap Digital, EMC2, I-Trans, Images &Réseaux, Mont-Blanc Industries, Moveo, Plastipolis et Systematic.

Le 8 mars prochain les pôles Mont-Blanc industries et Plastipolis présenteront leur feuille de route pour déployer ensemble l’industrie du futur dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. "Mais d’autre pôles peuvent se fédérer autour d’autres thèmes comme l’énergie, car sa production comme sa gestion sont à la croisée de différentes compétences", estime Jean-Luc Beylat.

2/ Les nouvelles régions

Territoires agrandis, compétences renforcées, les régions veulent avoir la main sur les pôles de compétitivité. Elles sont déjà très impliquées sur le co-financement des projets. Selon Jean-Luc Beylat "Les régions ont aussi des attentes fortes sur la formation, l’apprentissage, tout ce qui est lié à l’emploi."

Pour l’instant, selon une étude économétrique qui sera présentée le 4 mars, les pôles n’ont pas fait leur preuve sur le sujet de l’emploi des entreprises membres, au-delà de la hausse des effectifs de R&D.

De plus si certains pôles sont clairement d'envergure nationale au vu de leurs nombres d’adhérents, de leur thématique et du montant des projets financés par le FUI (Fonds unique interministériel), d’autres ont clairement une vocation plus locale. Cela ne veut pas dire qu’il faut les supprimer car ils jouent souvent un rôle important sur un territoire. Mais pourquoi ne pas imaginer une gouvernance Etat-Région pour certains pôles et uniquement Région pour d’autres ? Aujourd’hui tous les pôles sont labellisés par l’Etat et le contrat de performance pluriannuel est signé avec l’Etat et les collectivités territoriales.

3/ La raréfaction de l’argent public

Dernier élément qui pousse à une évolution, les contraintes budgétaires. Les projets des pôles sont financés par l’Europe, les collectivités territoriales (y compris les départements qui doivent abandonner leur action économique depuis la loi d’août 2015 sur la réforme territoriale) et l’Etat via le FUI et une dotation plus modeste pour le fonctionnement des pôles.

Depuis le lancement des pôles, l’enveloppe du FUI a considérablement fondue. De l’ordre de 239 millions en 2007, elle est tombée à 119 millions en 2012 et est d’environ 85 millions pour 2016. D’autres financements publics de l’innovation, non spécifiques aux pôles, comme ceux de Bpifrance restent accessibles et sont largement utilisés par les entreprises adhérentes.

Mais les économies et la rationalisation s’impose. Dans cette logique un certain nombre de pôles ont déjà fusionnés depuis janvier 2015. Les deux premiers sont des pôles alsaciens : Alsace energivie à Strasbourg et Fibres à Epinal pour former un seul ensemble Fibre-Energivie autour des matériaux et du bâtiment durable.

La deuxième opération est celle de deux pôles de PACA en décembre dernier : Pégase et Risques pour devenir SAFE (Security and aerospace actors for the future of earth).

Enfin en janvier 2016 La Route des Lasers en Aquitaine s’est rapprochée de Elopysys (fibres optiques) en Limousin pour devenir le deuxième pôle français de la photonique. Reste un rapprochement en cours mais qui pose plus de questions, tant pragmatiques que juridiques, puisqu’il est celui-là transrégional : il s’agit du pôle Cosmetic Valley basé à Chartres qui tente d’absorber le pôle Pass en PACA sur les arômes.

Le problème du rapprochement de la Cosmetic Valley et de Pass résume les enjeux parfois contradictoires des pôles : à la fois animation d’un écosystème régional d’innovation et nécessité d’une bonne visibilité sur une carte internationale. Car pôles de compétitivité, clusters, grappes d’entreprises innovantes sont engagés dans une bataille mondiale, dont la garantie du succès se joue souvent dans la force des liens locaux.

Anne-Sophie Bellaiche

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