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Le long chemin de l’usine connectée

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L’Industrie 4.0 est sur toutes les lèvres. Toutefois, si les entreprises allemandes reconnaissent son intérêt, elles sont encore peu nombreuses à l’appliquer.

Le long chemin de l’usine connectée
La réalité virtuelle permet aux entreprises de gagner du temps dans la conception et la prise de décision. Ici, le logiciel d’ESI.
© D.R.

Considérée par l’Allemagne comme un enjeu stratégique pour assurer sa compétitivité, l’Industrie 4.0, qui interconnecte les données de production en temps réel avec le système l’informatique de l’entreprise, fait l’objet de toutes les attentions. On ne compte plus, outre-Rhin, les colloques et les études qui lui sont consacrés, les fournisseurs IT qui proposent des solutions connectées. Mais où en sont réellement les industriels ? Qu’ont-ils fait jusqu’à présent ? Le cabinet EY s’est penché sur cette question et les conclusions de son étude, parues en septembre 2016, ne sont guère surprenantes. Alors que 80 % des 705 entreprises interrogées estiment que l’Industrie 4.0 est « stratégiquement importante » pour leur activité, elles ne sont en fait que 40 % à avoir fait un pas vers la production intelligente. Parmi ces pionnières, celles des secteurs de l’automobile (47 % sont déjà actives dans le domaine et 20 % le prévoient dans un futur proche) et de la construction de machines (44 % sont actives, 25 % le prévoient) semblent avoir pris une longueur d’avance. Mais globalement, la mise en application de l’Industrie 4.0 prendra du temps. « Beaucoup de sociétés sont dans une phase où elles accumulent de l’expérience et l’introduisent là où cela est vraiment nécessaire, analyse Stefan Bley, l’un des auteurs de l’étude. Mais certaines constatent aussi dans le même temps que l’usine intelligente ne fonctionne pas systématiquement partout. »

Il faut dire que les freins sont encore nombreux. Ainsi, 66 % des entreprises évoquent des investissements trop élevés et 61 % le manque de compétences en interne. Sans surprise, la taille de l’entreprise et ses ressources jouent donc un rôle clé dans la conversion à l’Industrie 4.0. « Pour les petites et moyennes entreprises en particulier, les barrières à l’entrée sont très élevées », constate Christoph Kilger, également auteur de l’étude d’EY. De fait, si 54 % des entreprises de plus de 500 employés se sont déjà lancées dans l’Industrie 4.0, elles ne sont que 38 % parmi les PME. En outre, une seconde étude, réalisée en octobre par International Data Corporation (IDC) pour le compte de Dassault Systèmes, pointe du doigt un autre problème majeur : la sécurité informatique. 19 % des 200 patrons consultés disaient avoir dû interrompre leur production dans les douze derniers mois pour faire face à une attaque sur leurs données.

La sécurité informatique, un obstacle majeur

Un fait corroboré par les fournisseurs de solutions informatiques, aux premières loges dans la mise en place de l’Industrie 4.0. Ils sont ainsi 78 % à citer les problèmes de sécurité comme obstacle majeur, suivi du manque de standards internationaux (72 %). Les investissements élevés et la qualification des employés n’arrivent en revanche qu’en troisième et quatrième position.

Ceci explique donc probablement que l’Industrie 4.0 s’impose lentement dans les usines. Selon l’étude d’EY, 23 % des entreprises interrogées disent planifier sa mise en place dans un avenir proche. Ce chiffre était de 22 % un an auparavant, soit une très faible progression. Mais l’intérêt est là, et il ne manquerait pas grand-chose pour passer à la concrétisation. 68 % des entreprises citent ainsi comme grand potentiel une plus grande flexibilité de la production, 59 % des prises de décision plus rapides et 46 % une meilleure efficacité du process. Les sociétés y voient donc clairement une optimisation des procédures dans l’entreprise. Preuve de cet attrait, selon l’étude d’IDC, 66 % des directeurs d’usine prévoient d’augmenter les budgets alloués à l’Industrie 4.0 en 2017. À l’heure actuelle, ceux-ci tournent autour de 5 % du chiffre d’affaires des entreprises en moyenne. « Nous estimons que d’ici à 2019, 75 % des entreprises investiront dans les objets et les process connectés. Cela pourrait leur permettre d’augmenter de 15 % leur productivité, estime Mark Alexander Schulte, consultant senior chez IDC pour l’Europe centrale. Celui qui ne prend pas ce virage risque donc de voir sa compétitivité en pâtir. »

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