Dossier

Spécial Midest : la sous-traitance à la relance

Le baromètre de l'industrie : secteur par secteur, l'état de santé des sous-traitants

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3353
Plastique plasturgie
© Pascal GUITTET

La baisse des volumes sur le marché automobile a fait plonger de nombreux secteurs, parmi lesquels l’emboutissage, la fonderie ou les élastomères. Heureusement, les sous-traitants les plus prévoyants ont su profiter du dynamisme de marchés comme l’aéronautique ou le médical. Globalement, la plupart des fédérations ont constaté un léger redémarrage de l’activité en cette fin d’année 2013, et espèrent une reprise de l’activité en 2014.

 

 

Retrouvez notre infographie Les sous- traitants français ? Deux fois moins lourds que les allemands...

 

 

Disparités

2013 s’annonce sous des auspices moroses pour la plasturgie, qui subit le ralentissement des activités automobiles (- 20%) et du BTP (- 15%). "Ces secteurs vont mal et nous ne voyons aucune amélioration à court terme", regrette Jean Martin, le délégué général de la Fédération de la plasturgie. Dans l’emballage, les tendances sont inégales : l’emballage agroalimentaire, stable en 2012, a connu une baisse en début d’année liée au scandale de la viande de cheval. Les emballages industriels, également stables en 2012, connaissent, eux, une évolution favorable (+ 2 à + 3%), alors que la reprise est plus marquée dans les emballages cosmétiques (+ 5%). Les plasturgistes peuvent compter sur le secteur de la santé et les composites. La fédération estime que 2013 devrait se terminer avec une croissance négative comprise entre 0 et - 2%.

Des résultats meilleurs que prévu

Le syndicat national des fabricants d’électronique et services associés (Snese) s’attendait à des résultats en berne pour 2012. Mais l’année s’est finie avec un bond de 7%. Cette bonne surprise s’est confirmée au premier semestre 2013 avec une hausse de 5,6%, ce qui laisse Michel de Nonancourt, le président du Snese, prévoir une année 2013 aussi bonne, voire meilleure, que 2012. Signe encourageant : la visibilité sur les carnets de commandes passe à trois ou quatre mois, contre à peine un mois auparavant, ce qui favorise une progression des effectifs. Les investissements restent toutefois faibles. La profession reste confiante avec les retombées du compteur communicant Linky qui, selon le Snese, peut être fabriqué à 100% en France

Positif

L’année 2012 a été meilleure que prévu. L’aéronautique, le ferroviaire ou l’agroalimentaire ont été dynamiques. "Nous avons été surpris", admet Désiré Raharivohitra, le chef de service statistiques à la Fédération des industries mécaniques (FIM). Autre point positif, l’augmentation du taux de valeur ajoutée à 44%. Le taux de marge nette s’est redressé, passant de 1,6% en 2011 à 4% en 2012. Si 2013 a débuté avec une baisse de la production (– 1,5% au premier semestre), le troisième trimestre marque une inversion de tendance. "Sur l’ensemble de 2013, nous prévoyons + 0,5%", avance Désiré Raharivohitra. La hausse des commandes est un bon signe, malgré un manque de visibilité et une pression sur les prix. Enfin, 2014 devrait connaître une progression modérée.

Sortir de l’auto

Se libérer de l’automobile. C’est le défi à relever pour les industriels du découpage et de l’emboutissage, qui réalisent 40% de leur activité sur ce marché. "Avec la chute des volumes chez les constructeurs français, la profession est en surcapacité de l’ordre de 20%", note Éric Moleux, le président du Groupement français des industries transformatrices des métaux en feuilles minces (Gimef). Les rares soustraitants 100% automobile qui parviennent à s’en sortir sont ceux qui ont pris le virage de l’international. Mais la profession prévoit des chiffres stables en 2013. Elle se base sur le dynamisme des marchés hors automobile (agroalimentaire, équipements industriels, médical, aéronautique, ferroviaire), qui sont demandeurs de pièces techniques à forte valeur ajoutée. "Reste que le niveau de recrutement est faible, car les industriels sont dans une période où ils veulent limiter les risques au maximum", constate Éric Moleux.

Baisse

Le secteur traverse une passe difficile. Les indicateurs 2012 sont en recul. D’abord, le chiffre d’affaires qui affiche une baisse de 6,4% en 2012, après deux années consécutives de hausse. La chute de la production est encore plus marquée : – 14%, pour un volume de 1,8 million de tonnes. 2013 sera-t-elle moins sombre ? "Le premier semestre est en retrait par rapport à 2012, analyse Jean-Luc Brillanceau, le directeur général de la fédération Forge Fonderie. Mais la reprise d’activité tous secteurs confondus ressentie pour ce deuxième semestre nous permettrait d’atterrir en douceur." Une situation qui ne doit pas cacher des disparités. Les PME de l’aéronautique doivent gérer, par exemple, une hausse des cadences de production.

Espoir

2012 aura été l’année de la rechute après la reprise avortée de 2011 pour les caoutchoucs industriels et les pneumatiques. "Ce que nous redoutions s’est passé", résume Bruno Muret, le directeur économie du Syndicat national du caoutchouc et des polymères (SNCP). La production s’est contractée de 9% en volume par rapport à 2011 (– 7% pour les pneumatiques, - 11% pour les caoutchoucs). La raison Des marchés de l’automobile et du transport routier en difficulté. Côté effectif, le secteur est proche des tendances de 2011. "Dans le caoutchouc, il y a un repli des effectifs doublé d’un enrichissement de l’emploi, avec la progression des cadres, ingénieurs et techniciens. Dans le pneumatique, plusieurs dossiers restent sensibles", décrypte Bruno Muret. Sur les sept premiers mois de 2013, la production se contracte de 4% selon le syndicat, contre – 1% en Allemagne, – 1% en Espagne, – 7% en Italie et – 5% en Turquie. Des indicateurs qui ne reflètent pas la légère reprise en cours. "Le climat de confiance s’est amélioré par rapport au début de l’année. Fin 2013 sera meilleure", prévoit Bruno Muret.

Fin d‘année difficile

L’année 2012 a été meilleure qu’anticipée, surtout au premier semestre. "Mais la situation s’est dégradée en fin d’année", regrette Yolande Bufquin, la secrétaire général du Syndicat national de la chaudronnerie, tuyauterie et maintenance industrielle (SNCT). "Le dernier trimestre a enregistré une baisse significative des commandes et devis. Une situation pire qu’en 2009." Les entreprises s’en sortant le mieux sont celles bien positionnées à l’export. Et celles travaillant sur les nouvelles technologies, dans la pharmacie et les énergies nouvelles. "La chimie est en perte de vitesse, mais la maintenance dans le nucléaire offre des perspectives intéressantes." L’Asie est dynamique, l’Amérique du Nord est un marché porteur grâce au gaz de schiste. Les sociétés implantées dans les pays de l’Est et en Russie réussissent. "2013 devrait être meilleure que 2012, où les dépôts de bilan se sont accélérés, mais la visibilité reste faible, pas plus de trois à six mois", précise Yolande Bufquin. Les délais de paiement ne s’améliorent pas et le recrutement est difficile. "La profession offre pourtant des postes et de bons salaires", soulignet- elle.

Mitigé

Aller chercher la croissance là où elle se trouve. C’est, comme pour beaucoup de secteurs, la voie du salut. "Les entreprises ouvertes à l’international sont plus confiantes en l’avenir, elles récoltent les fruits de leurs efforts passés, estime Jean- Luc Brillanceau, le directeur général de la fédération Forge Fonderie. Car la croissance dans le secteur vient pour beaucoup des clients étrangers, en particulier des constructeurs allemands." Il faut dire que les deux tiers des volumes de la forge viennent des commandes de l’automobile et du poids lourd. Si le secteur a procédé à d’importants investissements de modernisation de ses sites, la difficulté d’attirer de jeunes talents reste problématique. Autre source d’inquiétude touchant surtout la forge libre : l’émergence d’acteurs indiens et asiatiques qui provoque une situation croissante de surcapacités…

Donneurs d’ordres frileux

2012 a été meilleure que prévu, mais le dernier trimestre assombrit le tableau. Côté secteurs, "l’aéronautique est toujours en forte croissance et le restera sur les trois ou quatre prochaines années. C’est une période faste, mais elle ne représente guère plus de 5% de l’activité", regrette Denis Théry, le délégué général de l’Union des industries de traitements de surface. L’industrie automobile représente environ 20% et sa mauvaise santé s’est confirmée. En dehors de l’aéronautique, les secteurs porteurs sont le bâtiment, le ferroviaire, la chimie et le nucléaire. 2013 devrait être une année en dents de scie. Malgré une petite reprise dans l’auto, le chiffre d’affaires est plutôt à la baisse et la tension sur les marchés reste forte. À noter, l’augmentation des dépôts de bilan. La profession souffre par ailleurs de problèmes de délais : se trouvant en fin de chaîne, elle accumule les retards. "La tension sur les délais de paiement reste importante", souligne Denis Théry. Il déplore "qu’il n’y ait pas de cadre national, comme en Allemagne, et que les adhérents s’épuisent à renégocier à chaque contrat".

La reprise amorcée

Après une stabilité au premier semestre, 2012 a connu une baisse au second semestre. Le Syndicat national du décolletage (SNDEC), qui inclut dans ses statistiques les entreprises de moins de 20 employés, estime la baisse du chiffre d’affaires sur l’ensemble de 2012 à 4% par rapport à 2011. "Jusqu’au mois de juin, 2013 est restée sur la tendance de la fin 2012, précise Jérôme Akmouche, le directeur du SNDEC. Juillet, au contraire, a marqué une reprise, avec + 9% par rapport à juillet 2012." Sur les sept premiers mois de l’année, la tendance est donc à la stabilité. "Le second semestre s’annonce correct et l’on devrait terminer l’année sur une note positive." L’activité est soutenue sur la plupart des secteurs, y compris l’automobile, grâce à l’export qui représente plus de 37% du chiffre d’affaires. 2014 devrait commencer sur de bonnes bases, mais la rapidité du cycle d’activité rend les prévisions difficiles.

Optimisme

Si 2012 a été l’année de la douche froide pour le secteur des fixations, notamment au second semestre, "2013 n’est pas une mauvaise année, malgré le fait que l’automobile représente plus de 50% de nos débouchés. Nous devrions être stables, voire en légère croissance", indique Denys Tremblais, le délégué général de l’Association des fabricants de fixations mécaniques (Affix) qui affiche son optimisme. Les grands acteurs du secteur sont internationalisés et profitent de la croissance globale du marché mondial de l’automobile, notamment en Asie. "Les PME–PMI se sont, elles, placées en ordre de bataille, analyse le responsable de l’Affix. Elles se sont mises en configuration de guerre et sont affûtées." Le climat semble en revanche plus difficile dans le bâtiment, deuxième débouché pour les industriels du secteur. Quant à l’aéronautique, qui concerne quelques entreprises comme Lisi Aerospace ou encore Alcoa, le climat reste au beau fixe. Au final, l’association professionnelle compte sur une année 2014 qui devrait être dans le prolongement de 2013.

Flottement

L’année 2012 s’annonçait compliquée pour les fabricants de moules, elle s’est pourtant terminée avec des chiffres d’affaires en légère hausse (de l’ordre de 1,7%). "Certes, les chiffres d’affaires de 2012 sont corrects, mais les résultats sont très faibles", tempère Catherine Larroque, la déléguée générale de la FIM Moules et Prototypes. Le début de l’année 2013 a été une période de flottement pour les moulistes et prototypistes. Si quelques secteurs d’activité semblent porteurs, à l’image des moules pour l’emballage et l’industrie agroalimentaires, tous les fabricants souffrent d’un manque de visibilité sur leur carnet de commandes. Même en ce qui concerne les moules dits "techniques", qui représentent l’essentiel de la demande en France, la concurrence des moulistes asiatiques se fait de plus en plus rude.

Moins de pression

Après une année 2012 difficile, les industriels du ressort respirent davantage en 2013. "Le niveau d’activité est stable, constate Philippe Basson, le président de la FIM Ressorts et PDG de Novaressort. Surtout, par rapport à l’an passé, nous avons subi moins de pression sur les prix de la part de nos donneurs d’ordres." Les marchés de l’automobile et des transports, gros consommateurs de ressorts, sont nettement à la baisse. Ils se voient compensés par d’autres marchés plus restreints, mais toujours en croissance, en particulier l’aéronautique, l’armement, l’appareillage électrique ou encore le médical. Autre élément positif : le prix des matières premières, qui se stabilise et semble repartir à la baisse. Ainsi, les fabricants de ressorts en profitent pour investir, notamment dans de nouvelles machines (10% du chiffre d’affaires sont réinvestis en moyenne, un chiffre élevé pour le secteur de la soustraitance). Dernier obstacle à surmonter : la difficulté de recruter des opérateurs et des techniciens qualifiés.

Méthodologie

Le dispositif Esane (élaboration des statistiques annuelles d’entreprises) n’étant toujours pas opérationnel, les chiffres 2012 présentés dans ces pages sont fondés sur des indices chronologiques fournis par l’Insee. Ces derniers étant obtenuspar sondage, ils n’offrent pas la même précision qu’une enquête exhaustive.Cela dit, les estimations ont été recoupées et / ou complétées avec les informations collectées par les organisateurs du salon Midest auprès des exposants.

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