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La politique ne devrait pas être un métier

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Un candidat à la présidentielle à qui je reprochais de ne jamais avoir travaillé dans une entreprise m’a répondu en haussant les épaules : « Et alors ? De Gaulle non plus n’avait jamais mis les pieds dans une boîte. Cela ne l’a pas empêché d’être le meilleur président que la France ait jamais porté. »

Sans doute. Mais de Gaulle était officier général. À ce titre, il connaissait le management des hommes et la manière de les faire adhérer à un projet. À ce titre encore, c’était un stratège et un planificateur, un modernisateur de l’industrie. En 1958, en pleine reconstruction, c’est ce dont la France avait besoin.

À l’heure des réseaux et du numérique, la puissance économique d’un pays repose sur ses entreprises, leur capacité de développement et leur puissance d’innovation. Une économie administrée, à la manière du Venezuela ou de la Corée du Nord, n’a aucune chance dans un monde globalisé. De Gaulle, sauf s’il était capable de s’adapter à internet et aux hiérarchies plates, ne ferait pas un bon président dans la France du xxie siècle.

La majorité des candidats qui aspirent à la magistrature suprême cette année semblent ne connaître les entreprises que par ouï-dire. Encore une exception française. Certes, Emmanuel Macron a travaillé comme banquier d’affaires chez Rothschild, il est sans doute celui dont l’expérience est la plus concrète. Même si la vision des entreprises que peut avoir un spécialiste des fusions-acquisitions ne ressemble guère à celle qu’aura un sous-traitant de l’aéronautique – rapport de forces et production en flux tendu – ou un fondateur de start-up, qui ne peut attirer les meilleurs qu’à coups de stock-options. Elle sera, cependant, infiniment plus réaliste que celle de François Fillon (qui n’a jamais connu que la politique), de Jacques Cheminade (HEC, ÉNA, puis fonctionnaire, comme François Hollande), de François Asselineau (100 % cabinets ministériels) ou de Nicolas Dupont-Aignan (ÉNA, puis sous-préfet, chef de cabinet, conseiller technique…). Benoît Hamon, lui, a passé deux ans chez Ipsos, les instituts de sondage se faisant généralement une joie d’accueillir des élus entre deux mandats. Marine Le Pen est avocate, mais n’a exercé que six ans : assez pour apprendre la pugnacité et l’art oratoire, mais pas pour gérer une entreprise ! Quelques-uns, tout de même, ont (ou ont eu) un métier – cela vaut mieux, car leurs chances de « faire président » sont minces. Ainsi, Philippe Poutou connaît l’entreprise de l’intérieur, puisqu’il travaille chez Ford comme réparateur de machines : on a hâte qu’il devienne un jour administrateur salarié pour peaufiner sa compréhension des équilibres économiques. Jean Lassalle, ancien technicien agricole spécialisé dans l’hydraulique et l’aménagement du territoire, qui fut à 21 ans l’un des plus jeunes maires de France, a créé un cabinet de conseil et emploie une dizaine de salariés. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il a été salarié d’une imprimerie et d’une horlogerie pendant ses études, avant de devenir professeur de français (d’où son amour des mots), puis journaliste (d’où sa haine de la profession).

Mais le pompon revient sans aucun doute à Nathalie Arthaud, la défenseur des travailleurs, car elle est professeur d’économie et de gestion. Autant dire que tous les élèves qui passent entre ses mains auront des entreprises et des entrepreneurs une vision désespérément manichéenne. La cogestion à l’allemande n’est pas pour demain. 

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