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La pénurie de main-d’œuvre guette l’Europe de l’Est

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La pénurie de main-d’œuvre guette l’Europe de l’Est

À Lodz, le sort des salariés de l’usine Whirlpool d’Amiens n’émeut guère. En juin 2018, la fabrication de lave-linge doit démarrer dans la ville polonaise, surnommée la « nouvelle Manchester ». L’industrie textile locale, laminée lors de la chute du Mur, a cédé la place à de nouvelles usines. Whirlpool, Gillette, Dell… y ont délocalisé leurs sites d’Europe de l’Ouest, pour profiter des faibles salaires. Comme dans le reste de la Pologne, le taux de chômage a reflué de 19 %, lors de l’adhésion à l’Union européenne, à 5,3 %. Et désormais la pénurie de main-d’œuvre se transforme en casse-tête pour le patronat local. Toute l’Europe centrale est concernée par ce phénomène. Le problème est encore plus criant en Hongrie et surtout en République tchèque, devenue le sous-traitant de l’industrie allemande, avec un taux de chômage de 3,2 %, le plus bas de l’Union européenne. « Sans surprise, recruter est encore plus difficile dans les régions industrielles, où le taux de chômage est encore plus faible qu’au niveau national et les besoins en travailleurs qualifiés importants », souligne l’assureur-crédit Coface dans une étude sur le sujet. Pour compenser, les entreprises ont multiplié les hausses de salaires. Depuis 2010, le salaire brut a progressé de plus de 20 % en Hongrie et en Pologne, et de 30 % en Roumanie, plus vite que la productivité. « En moyenne, les salaires restent malgré tout trois fois plus faibles qu’en Europe de l’Ouest, mais la convergence s’accélère », souligne Julien Marcilly, le chef économiste de Coface, alors que ces pays profitent à plein du retour de croissance de la zone euro. Mais les difficultés de recrutement risquent de s’aggraver. L’Europe de l’Est doit compter sur une émigration forte des jeunes qualifiés, attirés par les salaires plus élevés à l’ouest. « Toutes les mesures pour réduire l’émigration et augmenter le taux de participation des femmes sont bienvenues », souligne la Coface. À court terme, le nerf de la guerre pour les entreprises se trouve surtout dans l’immigration pour remplir les postes vacants. L’instabilité politique et des procédures simplifiées de visa ont contribué à un afflux de travailleurs ukrainiens. Ils sont près d’un million à être installés en Pologne. Le patronat polonais voit plus loin. Mi-avril, à Wroclaw, la chambre de commerce néerlando-polonaise a organisé un séminaire pour phosphorer sur les besoins de main-d’œuvre. Parmi les pistes de réflexion envisagées : améliorer les conditions de travail, augmenter les salaires et… recruter au Vietnam. La convergence prendra du temps.

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