Usine Nouvelle

S’inscrire à la newsletter
Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

La guerre des ego, pas des idées

Christine Kerdellant

Publié le

Quelle angoisse ! Jamais campagne présidentielle n’a été aussi incertaine, jamais elle n’a charrié autant de risques. Nous courons à la catastrophe parce que les ego des candidats ont pris le pas sur le débat d’idées.

Fillon s’obstine, au risque de faire perdre la droite. Certes, les sympathisants des Républicains continuent de le soutenir, malgré ses pratiques peu glorieuses. Mais quid des autres, qui allaient voter François Fillon du bout du bulletin, parce qu’il semblait le seul homme intègre ? Lui qui en appelait à l’ombre tutélaire du Général (« Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? ») pour discréditer Nicolas Sarkozy, il en est tout proche. Et même s’il en réchappe… Imagine-t-on de Gaulle rémunérant sa femme et ses enfants avec les deniers publics, lui qui tenait tant à payer sa facture d’électricité à l’Élysée ? Le programme de Fillon est une purge, mais elle rassurait les marchés financiers. Qui acceptera maintenant cette purge, venant d’un homme qui ne se l’est jamais appliquée à lui-même – c’est peu de le dire ?

Mélenchon s’isole, au risque de faire perdre la gauche (de la gauche). En tandem, le leader de La France insoumise et Benoît Hamon seraient sûrement parvenus au deuxième tour. Sauf coup de théâtre, cette perspective n’est plus d’actualité. Preuve que bien qu’ils occupent le même positionnement sur l’échiquier politique (« l’aile gauche du socialisme »), ils se moquent de faire triompher leurs idées.

Macron refuse les étiquettes, ce qui contribue à le rendre flou. Le candidat de En marche, lui aussi, gagnerait à dégonfler son ego, à renoncer aux poses christiques et à avouer que son logiciel s’inspire du modèle social-libéral scandinave. Cette « philosophie » lui éviterait les programmes détaillés et les promesses intenables. Seule certitude aujourd’hui : il est libéral sur le plan économique et libéral sur le plan sociétal, configuration inédite en France. Et le ralliement de Bayrou va contribuer à « l’ancrer ».

Les autres candidats et ex-candidats ne brillent pas non plus par la modestie. Nicolas Dupont-Aignan se maintient, ce qui affaiblit Fillon. Quant à Alain Juppé, s’il avait fait passer l’intérêt de son camp politique, voire l’intérêt général, avant sa fierté bafouée, il aurait accepté d’incarner un plan B, permettant ainsi à son parti d’envisager à temps une vraie alternative à Fillon et de s’assurer de la victoire longtemps promise.

Les ego des candidats ont pris le pas sur la raison. Et parce que nous sommes en France, leurs appareils politiques les laissent faire. Dans le regard des journalistes étrangers, il est invraisemblable que Fillon n’ait pas été « déposé » par son parti. Que les frères ennemis Mélenchon et Hamon n’aient pas été contraints à l’alliance par leurs militants. Ou que François Bayrou ait tant tergiversé avant de rejoindre Macron.

Parce que tous ces ego ont parasité la campagne, Marine Le Pen est la seule qui soit certaine de figurer au deuxième tour. Parce que tous ces ego ne mènent plus que des guerres picrocholines, personne ne s’attaque à son programme économique – son talon d’Achille. Il est pourtant aisé de montrer pourquoi et comment, avec son retour au franc et ses mesures contradictoires, elle nous mènerait inexorablement, mathématiquement, à la catastrophe financière, la ruine des épargnants et une récession sans commune mesure avec celle qui a suivi la crise des subprimes. Un désastre annoncé. ??

Réagir à cet article

Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus